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Nul besoin d’attendre les chiffres officiels pour deviner que le taux de chômage est en augmentation sur notre territoire, le nombre croissant de personnes inoccupées, tous âges et toutes strates confondus, est visible à l’oeil nu.

Chômage et activité partielle en hausse 

Pour autant, les statistiques de la DIECCTE sont là et confirment cette hausse sur le dernier trimestre. Hausse qui s’établit à 4.7% sur le trimestre et 14,2 sur un an avec 4 635 demandeurs d’emploi recensés sur le territoire. A titre de comparaison, ce nombre baisse de 2.7% en Guadeloupe et … a diminué de 11% sur le plan national (avant le deuxième confinement annoncé mercredi par le Président de la République).

A ces chiffres, il convient dans une certaine mesure d’ajouter ceux relatifs au dispositif d’activité partielle mis en oeuvre dans le cadre de la crise sanitaire et qui concernait, au 19 octobre, 12825 salariés dans les îles du Nord pour un montant global de plus de 28 M€ (près de 16 M€ pour Saint Martin et un peu plus de 12 M€ pour Saint Barthélemy).


DEMANDEURS D’EMPLOI INSCRITS À PÔLE EMPLOI À SAINT-MARTIN AU TROISIÈME TRIMESTRE 2020

Au troisième trimestre 2020, à Saint-Martin, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) s’établit en moyenne sur le trimestre à 4 635. Ce nombre augmente de 4,7 % sur le trimestre (soit +210 personnes) et de 14,2 % sur un an.

En Guadeloupe, ce nombre baisse de 2,7 % ce trimestre (–0,2 % sur un an).

À Saint-Martin, le nombre de demandeurs d’emploi tenus de rechercher un emploi, ayant ou non exercé une activité (catégories A, B, C) s’établit en moyenne à 5 145 au troisième trimestre 2020. Ce nombre augmente de 6,3 % sur le trimestre (soit +305 personnes) et de 12,5 % sur un an.

En Guadeloupe, ce nombre augmente de 0,7 % ce trimestre (–0,5 % sur un an).

Source : Préfecture de Guadeloupe, Direction des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi.


Pour lutter contre le chômage, on embauche… à Pôle emploi

En première ligne pour prendre en charge les afflux prévisibles de nouveaux inscrits dans le cadre de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques (hausse des pertes d’emploi / chute du nombre d’offres), Pôle emploi vient de voir son budget augmenté de 500 millions d’euros dont la moitié fléchée vers le recrutement de 2.800 nouveaux conseillers, en contrat à durée déterminé à 2/3.

Il est vrai que les prévisions sont plutôt pessimistes. Ainsi, par exemple, la Banque de France prévoit la destruction de près d’un million d’emplois d’ici 2021, avec un taux de chômage qui dépasserait les 11%, et méritent donc largement l’attention du Gouvernement qui aura choisi de lutter contre le chômage en multipliant les embauches… à Pôle emploi, l’institution en charge des demandeurs d’emploi !

Mais les agents de Pôle emploi ne vont pas bien… les demandeurs d’emploi non plus !

Il reste dès lors à espérer que les nouveaux conseillers qui seront recrutés dans ce cadre fassent mentir la Cour des Comptes qui, au mois de juillet, dans un rapport sur la gestion de Pôle emploi entre 2012 et 2019, épinglait notamment un temps de travail inexploité (inférieur de 2.5% à la durée annuelle légale) et un taux d’absentéisme particulièrement élevé et en hausse continue (en moyenne un mois d’absence par salarié et par an). La Cour des Comptes concluait déjà alors que dans un tel contexte, il n’était peut être pas nécessaire de recruter des conseillers supplémentaires, l’existant n’étant pas pleinement exploité.

Ce n’est pas gagné puisque concomitamment à ce rapport, les syndicats de Pôle emploi tiraient la sonnette d’alarme quant à l’état de santé alarmant des agents. “Malmenés depuis dix ans par des restructurations en cascade, sidérés par les politiques de plus en plus discriminatoires envers les chômeurs, les agents de Pôle emploi ne vont pas bien. Les collègues n’arrivent plus à dormir, ils ont des migraines, tombent malades, viennent au travail la boule au ventre, la situation est vraiment tendue”, prévenait ainsi un délégué syndical CGT. Nous voilà donc avertis…

Mais à ce mal-être des agents de Pôle emploi dont les effectifs vont donc être renforcés, nous ne pouvons nous empêcher d’opposer un chiffre : 14 000. C’est le nombre de décès causés par le chômage (suicides, pathologies cardiovasculaires, comportements addictifs, stress et angoisse) chaque année, en France, selon une étude de l’Inserm et cela c’était avant la crise sanitaire…

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