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La victoire de Joe BIDEN, constitue pour les sociétés démocratiques, une respiration face à un personnage fantasque et égocentrique. Un nouveau dialogue devrait s’imposer tant en politique interne qu’en politique étrangère, à noter que le sultan ERDOGAN parle de son ami TRUMP et que POUTINE se tait… 

Au-delà de cet aspect, l’analyse de la campagne électorale, le contenu, les débats et la personnalité des candidats donnent lieu à une réflexion sur l’organisation politique et le jeu démocratique aux Etats-Unis.

Piètres débats 

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai suivi les deux débats télévisés, notamment le premier, qui relèvent d’une campagne de quartier dans une élection municipale ! 

Aucun développement sur l’économie, sur la politique étrangère, sur les mesures sociales, et dans le deuxième débat, un thème central : le COVID, avec des insultes, des accusations, etc … 

Certes, ce thème s’impose, mais est-il suffisant pour faire un choix politique et engager un mandat de quatre années ? Trois autres considérations m’amènent à m’interroger sur la réalité et la nature de ce système politique.

Campagnes américaines : faites tourner la planche à billets 

En premier lieu, le coût inconsidéré de cette campagne, pas loin de 13 milliards de dollars, pour les primaires, les présidentielles et les élections au Congrès, répartis sur 8 milliards de dollars pour les démocrates, cinq milliards de dollars pour les républicains, mais qui disposaient, eux,  de l’appareil d’État. Que peut-on penser d’une campagne électorale sans limite budgétaire et sans véritable contrôle de financement ?

Découpage électoral à l’emporte pièce

La deuxième observation porte sur la campagne électorale des Etats-Unis avec la pratique du “Gerrymandering” du nom d’un ancien sénateur, GERRY, à savoir une pratique d’optimisation électorale visant à découper les districts de manière à regrouper les votes de ceux qui sont considérés comme opposants. Dispositif très critiqué par la population mais que la Cour Suprême n’a jamais condamné, ce qui explique le fait que les candidats démocrates rassemblent plus de voix, mais perdent l’élection, comme ce fut le cas pour Hillary CLINTON… 

Le changement, ce n’est pas maintenant

Enfin, peut-on croire que la politique américaine changera effectivement ? Joe BIDEN pourra-t-il mettre en œuvre un ensemble de réformes sans majorité au Sénat ? Nous sommes dans un régime de cohabitation permanente… 

Il se pose enfin, la question du leadership mondial face à l’empire chinois et dans ce domaine, les choix politiques se soumettent à la concurrence et aux enjeux politiques. 

Nous pouvons toujours espérer un dialogue et une coopération plus fraternels avec l’Europe, une nouvelle coopération atlantique, une position plus ferme sur les dossiers de l’environnement, des droits de l’homme, une moindre complaisance pour les régimes autoritaires. 

Le profil humain du Président des Etats-Unis change, plus rationnel, centriste, plus ouvert au dialogue et plus consensuel, cela suffira-t-il pour reconstruire une nouvelle démocratie aux Etats-Unis ?

Le trumpisme est une réalité

Le “trumpisme” reste une force politique avec plus de 70 millions de voix avec une adhésion populaire, le soutien des mouvements conservateurs, voire extrémistes et le ralliement du camp républicain. 

Il ne suffira pas au Président élu Joe BIDEN, de se référer aux principes moraux  ;  il devra mettre en œuvre une réforme profonde et réelle du système politique s’il veut effectivement réduire la fracture américaine et réconcilier le pays… 

Dans cette attente, l’ex président TRUMP devrait  rendre sienne cette citation de STALINE : “Ce qui compte, ce n’est pas le vote, c’est comment on compte les votes.”

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