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Un mot qui nous a bassiné les oreilles dans les mois qui ont suivi le sinistre : résilience. Puisque régulièrement soumis aux intempéries et aux cyclones ravageurs, la population saint-martinoise, ou en tous cas celle qui peut se prévaloir d’un certain nombre d’années, peut certainement revendiquer une résilience acquise.

Mais il est une autre forme de résilience sur laquelle les autorités devraient très sérieusement se pencher et se montrer particulièrement créatives et fermes et c’est la résilience de notre organisation sociétale. Au lendemain de Luis, des mécaniques sordides mais ô combien efficaces se sont forgées et ont permis à un cercle restreint (attention, il ne s’agit pas ici de poser un vaste ‘tous pourris”, certains cercles posent encore la probité pas trop loin de leurs centres d’intérêt) de s’enrichir à outrance, ce cercle est connu, ils comportent tous les organes nécessaires à la reconstruction, de l’assureur au syndic, des spéculateurs immobiliers aux couvreurs émérites en passant par les experts d’assurance ou d’assurés…

Bref, la catastrophe a fait naître une organisation, un business qui n’a rien de résilient, qui ne sert pas l’intérêt général et s’affranchit le plus possible de la théorie du ruissellement.

Au lendemain d’Irma, ces mécaniques dormantes se sont réveillées, se sont élargies des opportunistes de tous poils et autres charognards qui ont su largement se servir sur la bête. Aujourd’hui encore, et quelles que soient les actions des copropriétaires qui s’opposent aux mécaniques, de très nombreuses copropriétés sont en situation de blocage complet, de très nombreux copropriétaires bradent leurs biens qui tombent dans les mains des spéculateurs. Les plaintes sont classées sans suite, la justice patine… il est trop tard pour agir efficacement.

S’il est un sujet où la résilience doit être travaillée, c’est bien celle des mécaniques post-cycloniques, des réquisitions à la reconstruction, qu’elle soit publique ou privée, et qui se doivent d’être encadrées par des dispositifs dédiés et contrôlés au bénéfice du territoire et en évitant l’évaporation ou l’évasion des bénéfices induits.

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