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Mesdames et Messieurs les vice-présidents,

Mesdames et messieurs les conseillers territoriaux, Mes chers Collègues,

Monsieur le Président du CESC,

Mesdames et messieurs de la presse,

Cher public sur les réseaux sociaux,

Ce matin, je suis heureux de vous revoir, toutes et tous, en bonne santé, pour ce nouveau conseil territorial, le dernier de cette éprouvante année, le cinquième depuis le le mois de juin. Je m’en réjouis.

Notre démocratie locale est vivace. Et, par les temps qui courent, nous avons plus que jamais besoin de délibérer, de nous voir « en vrai » et d’échanger ensemble.

Avant d’aborder l’ordre du jour, je vais, comme à chaque séance, faire rapidement le point devant vous sur la situation sanitaire et sur ses conséquences économiques et sociales.

En apportant à la fois des perspectives et de l’espoir. Car je le disais devant vous le 6 Novembre dernier,  il ne saurait y avoir de contraintes sans espoir. Et donner de « faux désespoirs », synonymes de mesures d’urgence sans cesse prolongées et de contraintes interminables, s’avère de plus en plus dangereux pour notre moral à tous…

….Même si, à Saint-Martin, nous avons bien conscience de notre relative « chance » : puisque contrairement à nos compatriotes de la France hexagonale, et même par rapport à nos concitoyens de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane, nous pouvons, sans couvre-feu ni attestation, vivre « normalement »…

Vivre tout court !!

Mais, et je le disais le 11 Novembre dernier : le temps reste encore à l’inquiétude et aux incertitudes pour 2021… Surtout face aux atteintes à nos libertés, aux risques d’abus de pouvoir, et aux menaces de restrictions sans fin.

S’agissant de la situation sanitaire stricto sensu, nous ne disposons, vous le savez et nous le regrettons, que de données éparses, distillées avec retard, a fortiori assorties de changements de périmètre expliqués de manière, je dois le dire, parfois « ésotérique »…

Globalement, si la situation sanitaire reste, à ce jour, sous contrôle, le virus continue à circuler ; et cette circulation tendrait à s’accélérer ces dernières semaines.

Nous devons donc continuer à être vigilants et à nous montrer solidaires. Surtout lors des vacances et des fêtes à venir, et je pense ici particulièrement au réveillon du Nouvel An.

Et surtout en ce qui concerne nos aînés, particulièrement vulnérables face à ce virus. La part des 75 ans, à Saint-Martin, s’établit à 2,2 %, contre 9,1 % en Guadeloupe et 9,5 % pour la France hexagonale. Mais cela fait près de 800 personnes, à protéger tout particulièrement.

Restons donc prudents et responsables.

Cela dit, l’indispensable maîtrise de la propagation de cet exécrable virus durant cette triste année, ne doit pas conduire à la disparition de ce qui fait une grande partie de notre richesse collective,  je veux parler des entreprises saint-martinoises. Et notamment de nos commerces,  de nos hôtels  et de nos restaurants.

Nos chefs d’entreprise sont des modèles de courage et de ténacité pour nous tous, et en particulier pour les jeunes Saint-Martinois. Toutes et tous ont pris des risques pour se lancer, pour investir, pour embaucher. Pour survivre souvent (notamment après IRMA !).

Et pour innover, rebondir et se développer dans un environnement, vous le savez tous, compliqué… voire parfois hostile.

Les entrepreneurs saint-martinois embauchent et forment, contribuant à donner un métier, et donc de l’espoir, de la dignité et un avenir à nos concitoyens.

Et notamment à nos jeunes. J’ai une pensée particulière pour eux.

Et ce, au moment où, suite au confinement imposé en mars, le chômage explose, avec ce que cela implique en termes de pauvreté et de délinquance.

On doit donc considérer nos chefs d’entreprise comme des héros de cette année 2020, et, à ce titre, miser sur eux. Pas les menacer. Encore moins les punir.

Je tiens, au demeurant, à rappeler que les commerçants, les indépendants, les hôteliers et les restaurateurs ne vivent pas d’aides et de subventions : ils vivent, avant tout, de clients, d’activités et de carnets de commande.

La mise en place, au 1er Décembre dernier, d’un protocole sanitaire permettant -enfin !- d’accueillir les touristes américains dans des conditions optimales constitue donc un premier pas, appréciable, vers ce « retour à la normale » que nous, élus de Saint-Martin, avions appelé de vos vœux en Septembre dernier.

Nous espérons, corrélativement, que les restrictions aériennes en direction de la Guadeloupe et de la Martinique seront prochainement assouplies… puis levées.

Enfin, je rappellerai à nouveau aujourd’hui que nous, élus du Conseil Territorial de Saint-Martin, à l’unanimité, avions demandé, il y a désormais presque douze semaines, que puisse se tenir dès que possible un « Q4 » spécifiquement dédié aux questions sanitaires.

Il s’agit, en l’occurrence, de l’impérieuse -et urgente ! – nécessité de trouver des solutions communes avec Sint Maarten, en matière de protocoles sanitaires partagés, et d’augmentation de capacité de tests rapides.

Nous espérons obtenir toujours, sur ce point, une réponse de l’Etat Français au niveau central.

Je le disais encore à l’occasion de ce Saint-Martin’s day un peu particulier : une issue favorable est indispensable dans les toutes prochaines semaines, si nous voulons sauver notre économie et notre cohésion sociale.

Et, j’insiste encore sur ce point, une synergie devra, parallèlement, être trouvée avec les îles voisines : Anguilla, Saint-Barthélemy, Saba et Saint-Eustache.

Il faut offrir en effet des perspectives à nos entreprises et à nos entrepreneurs.

Des perspectives synonymes d’emplois et de fierté saint-martinoise.

La fierté, c’est important.

Car la résilience économique est, aussi, une question de psychologie et de symboles.

Je suis las et édifié par tout ce Saint-Martin bashing qui se déverse un peu partout. Et qui, hélas, est souvent le fait de personnes venant d’ailleurs, qui profitent de notre accueil et notre qualité de vie… tout en critiquant les Saint-Martinois, et ceux qui, souvent dans l’ombre, œuvrent quotidiennement à leur service.

Car il y a des avancées et des réalisations.  Et la Collectivité est aux côtés des entreprises, De SES entreprises.

Car la COM travaille, sans relâche, pour terminer la reconstruction post-IRMA, et réussir la relance post-COVID.

Ne vous y trompez pas ! Il y a ce que l’on voit, et ce que l’on ne voit pas !…

Ce que l’on voit : c’est surtout ce qui ne va pas, ou ce qui ne va pas assez vite. Les projets retardés et les procédures interminables. Tout cela est frustrant pour nous toutes et tous – et pour moi le premier !

Ce que l’on ne voit pas : c’est le travail de fond de mes équipes, des agents de la Collectivité, de la CTOS, de l’EEASM et de l’Établissement portuaire. Un travail quotidien, souvent ingrat, dans des conditions difficiles, et face à des blocages multiples et parfois tatillons.

Des efforts qui commencent malgré tout à porter leurs fruits. Grâce au travail acharné de notre DGS et de ses équipes. Grâce au travail inlassable de nos Directeurs et de leurs équipes.

Je ne les oublie pas : pour gagner une bataille, on a besoin de bons généraux ; pour gagner une guerre, on a besoin de bons officiers, et de bons fantassins. Parfois aussi de bons « commandos » !!…

Grace à ce travail collectif, les perspectives encourageantes pour le tissu économique sont nombreuses, avec des millions d’investissements à la clé, au bénéfice de notre population. Nous disposerons pour cela, dès l’an prochain, de crédits supplémentaires avec le plan de relance national. Par exemple concernant la rénovation de notre abattoir, sujet au demeurant évoqué en ces lieux dans quelques instants. Mais aussi avec le plan de relance européen, je pense ici aux crédits supplémentaires -on parle d’une trentaine de millions d’euros !-  qui seront octroyés au titre du programme REACT-UE en 2021, 2022 et 2023.

Les concertations sur ces Plans de relance ont commencé le 1er Décembre, et mes Services travaillent avec enthousiasme pour aboutir à une issue favorable dans les semaines à venir.

Nous montons également en puissance, avec l’instauration de la nouvelle Agence de Développement Economique, et la nomination, il y a quelques semaines, de sa Directrice, Melle Bhanicya BRYAN. 

Je citerai, ici et maintenant, quelques-unes de ces perspectives positives :

  • Le « top départ » des travaux de réfection des routes pour la section nord (tranche Agrément à Oyster-Pond) a été donné à Grand-Case, ce samedi 14 novembre. Une seconde phase de réfection des routes sera lancée en 2021 et concernera le secteur sud (tranche Agrément à Terres-Basses) ;
  • J’évoquerai tout à l’heure plus en détail, et devant vous, la montée en puissance de notre projet TINTAMARRE ;
  • On peut également citer les travaux entrepris sur le PADSM ;
  • Je mentionnerai aussi la requalification du front de mer et le réaménagement de Grand Case, particulièrement attendus par les commerçants, restaurateurs et acteurs du tourisme ;
  • Par ailleurs, le projet de resurfaçage de la piste de l’aéroport, qui sera pour sa part discuté lors d’un prochain Conseil, s’inscrit dans une démarche de relance avec un chantier de 9,8 millions d’euros, qui va concrètement débuter en Octobre prochain : c’est une somme importante à l’échelle de notre territoire (à l’échelle nationale, elle représenterait un investissement de 40 Milliards d’euros !) ;

En outre, notre Collectivité monte en puissance, en compétences et en termes de sécurité juridique. Dans quelques instants, vous serez ainsi appelé à délibérer sur l’adoption de notre Charte de déontologie et de politique « Achats » ;  

Enfin, toujours dans cette logique de « mise à niveau » de nos procédures, nous débattrons tout à l’heure sur le Règlement territorial des aides aux entreprises, qui vous sera soumis.

Parmi les notes d’espoir,  j’évoquerai la venue du nouveau Préfet,  qui a pris ses fonctions hier matin.

Je l’ai rappelé en Octobre dernier lors d’un colloque organisé par la Collectivité de Martinique sur les questions statutaires, Saint-Martin a trop longtemps connu une situation locale singulière, avec une commune « faible » (dotée de peu de moyens) et un Etat « faible » (distant et peu engagé, y compris depuis l’instauration de la sous-préfecture en 1963).

Certes, notre statut nous permet désormais, en principe, de nouer un véritable partenariat entre une COM « forte » (dotée des outils juridiques de son développement) et un Etat « fort » (garantissant les intérêts de la Nation…mais dans une optique protectrice, pas seulement punitive!).

Force est de constater que ces deux dernières années, cet équilibre, théorique, n’avait pas été trouvé dans la pratique. Ce n’était pas un problème de dispositions statutaires. Mais bel et bien une question de circonstances et de personnalités.

Face aux menaces qui rôdent, un partenariat loyal et équilibré avec l’Etat est indispensable. Je le souhaite de tout cœur, malgré les désillusions de ces derniers temps.

Il reste beaucoup de chemin à parcourir. Je suis évidemment prêt, et je l’ai déjà montré à plusieurs reprises depuis 2012 en tant que député et depuis 2017 en tant que Président, à « jouer le jeu » (pour reprendre l’expression de l’illustre Félix ÉBOUÉ).

Mais pour jouer, en règle générale, il faut être au moins deux… 

Je me réjouis et met un espoir franc à pouvoir travailler avec M. GOUTEYRON.  Sachez qu’il trouvera, à ses côtés, un partenaire, exigeant, loyal, volontaire et sérieux. Dans notre quête commune de l’intérêt général, l’Etat pourra compter sur la Collectivité, ses élus, ses agents.

Les dossiers sensibles et les sujets épineux ne manquent pas, certes !

Je pense en particulier, tout comme vous d’ailleurs !, à la question du PPRN…

Là encore, dans les jours et semaines à venir, je ne lâcherai pas, ne désespérerai pas, et ne manquerai pas de lui adresser de nouvelles propositions d’amélioration…

Enfin,  pour terminer ce discours introductif, j’évoquerai la tragique attaque de requin qui nous a frappés la semaine dernière. Et qui aura causé la mort d’une compatriote de Normandie, dans des circonstances particulièrement ignobles. Une attaque isolée, rarissime. Mais qui aura légitimement marqué nos esprits par son caractère meurtrier.

Décidément, 2020 aura été jusqu’au bout une année terrible !

Un plan d’action est mis en œuvre. Nous en avons parlé hier soir durant la conférence de presse organisée par Monsieur le Préfet ; nous l’évoquerons sans doute à nouveau tout à l’heure, à l’occasion des « questions diverses ».

Nous adopterons des mesures de prudence et de « bon sens ». Mais il importe de ne surtout pas céder à la peur et à la tentation de mettre, au nom du « principe de précaution », l’île sous cloche…

Là encore, nous saurons trouver, avec nos partenaires, des solutions équilibrées et des issues favorables pour garantir la sécurité des Saint-Martinois et de nos visiteurs. Une fois encore, nous ferons face, et nous surmonterons cette épreuve.

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