Temps de lecture estimé : 3 minutes

Alors que le quartier de Sandy Ground commémorait samedi dernier à sa manière les évènements de décembre 2019/janvier 2020 et qui avaient amené le quartier de Sandy Ground à vivre sur lui-même pendant de longues semaines après le cuisant échec vécu par les forces de l’ordres incapables de forcer les barrages dans des conditions de sécurité satisfaisantes, Cédrick André souhaitait rencontrer la presse cette semaine pour faire part de son inquiétude.

Le représentant du Conseil de Quartier, devenu porte étendard d’une parole plus large et de la cause du peuple comme il aime à le dire, souhaitait avant tout témoigner d’un incident qui aurait pu prendre une ampleur particulière dans le quartier qui vit toujours de lourdes tensions. Les faits, selon Cédrick André : durant cette célébration, un groupe de musique circulait dans le quartier sur un camion, suivi par un véhicule de la police territoriale. Troublant la circulation, un véhicule de gendarmerie s’est donc approchée pour tenter de procéder à la dispersion et à la fluidification du trafic. Une attitude qui a naturellement attiré Cédrick André sur le spot qu’il a rejoint en scooter. 

Il y a des gendarmes qui sont bien, qui comprennent et respectent notre façon de vivre (…) il y en a d’autres qui ne veulent pas comprendre.”

Comme souvent le ton est un peu monté et Cédrick André affirme que l’un des gendarmes l’aurait volontairement heurté avec sa portière, pendant que les gendarmes annoncent eux que le motard est arrivé sur eux avec agressivité. Qu’importe, ce sont des scènes que nous connaissons par cœur à Saint-Martin.

Mais, le lendemain, alors qu’il accompagne un ami en voiture, il reconnait le gendarme qui lui aurait assené un coup de portière à hauteur du Beach, et décide donc d’aller éclaicir la situation avec lui, nouvelle escalade : “J’ai vraiment l’impression que tout a été fait pour que je sorte de mes gonds, que je perde mes moyens.”

Je suis pour le droit, pour la justice, je demande juste qu’il n’y ait pas d’évènement qui puisse être vécu comme de la provocation. (…) Nous ne sommes pas en France ici, quand moi je vais en métropole je m’adapte, quand les gendarmes arrivent ici, ils doivent s’adapter.” Les paroles de Cédrick sont toujours limpides et percutantes mais témoignent régulièrement de problématiques réelles auxquelles font face les habitants du quartier. Avec la crise sanitaire, le représentant du Conseil de quartier attire l’attention sur le fait que beaucoup de personnes n’ont plus de revenus et que la pauvreté gagne du terrain avec sa cohorte d’effets induits. Alors que le PPRn avait été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, que la population concernée est toujours en attente d’une réponse claire et définitive, la tension est extrème et il ne faudrait pas grand chose pour que la situation dérape une nouvelle fois.

Personne ne fait rien pour le Quartier, rien pour la jeunesse. Nous devons toujours nous battre avec la Collectivité pour obtenir quelque chose.”

Un rendez vous avec le commandant Basso devrait être rapidement organisé… car s’il est une chose dont nous n’avons pas besoin actuellement, malgré la Loi de Murphy, c’est d’un nouvel embrasement populaire.

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.