Temps de lecture estimé : 4 minutes

A la lumière de tout ce qu’il nous a été donné d’entendre ou de lire au cours de cette année, certes compliquée, parfois même de la part de gens réputés intelligents et/ou occupant de hautes fonctions, quelques précisions apparaissent nécessaires comme autant de petits cailloux blancs sur la voie des bonnes résolutions qu’il est de rigueur de prendre pour la nouvelle année et que l’on respectera, plus ou moins…   

Oui ! Saint-Martin, c’est la France mais… 

Fruit de notre histoire et d’un brassage de populations qui devrait être une richesse, on y parle volontiers anglais (entre autres) y compris en conseil territorial et d’ailleurs, en ce qui concerne certains d’entre nous, il est préférable qu’ils s’expriment en anglais, tant pour la pertinence du message que pour l’oreille des auditeurs… 

A notre sens, la logique voudrait que tout néo-arrivant sur un territoire se renseigne non seulement sur le cadre institutionnel mais également sur les us et coutumes de l’endroit où il a choisi de s’établir et s’interroge sur sa capacité à les respecter, et non sur celle de son hôte à s’adapter. Nous sommes en 2021, le temps des conquistadors est révolu !

Inutile donc de continuer à vous insurger à chaque conseil territorial en réclamant que les élus parlent français, car ici, c’est sans aucun doute la France, mais c’est surtout ce petit bout des Caraïbes comme nul autre ailleurs qui parlait déjà anglais avant votre venue et dont l’absence ou la légèreté  des contraintes fait peut-être partie des choses qui vous ont séduit. 

A quel titre dès lors, une fois sur site, entendez-vous intimer l’usage du français ? Au nom de la France ? Celle que les plus hautes instances nationales revendiquent plurielle ?

Et vous viendrait-il à l’esprit de réclamer aux élus de la Collectivité Territoriale de Corse de s’exprimer strictement en français ? Ou aux Guadeloupéens de ne pas parler créole ?

Ici, on est certes en France mais pas plus en France qu’ailleurs…

Puisse 2021 nous apporter un peu de tolérance, de discernement, de modération et d’envie de s’ouvrir à l’autre !

Non ! Les Saint-Martinois ne sont pas…

… tout qualificatif généraliste et péjoratif que d’aucuns semblent juger adapté de poser à la fin de cette phrase, comme si “les Saint-Martinois” était une entité homogène, une et indivisible. De même, l’administration territoriale, trop souvent dénigrée y compris en interne, n’est pas plus uniforme, pas plus que ne le sont “les Métros”, “les Haïtiens” ou les “Santo Domingo”…

Puisse donc 2021 inverser cette courbe du déversage de lieux communs, raccourcis et autres idées préconçues, racistes ou raciales, en particulier sur les réseaux sociaux ! Cette tendance, récemment qualifiée de “Saint-Martin Bashing” par le président Gibbs, met évidemment à mal la cohésion sociale mais compromet également notre développement économique et humain global. 

Sentiment ou réalité, cette regrettable montée du communautarisme (dont aucune communauté n’a l’exclusivité) et ses corollaires trouvent indubitablement leurs sources dans le boom démographique lié à la défiscalisation mais aussi dans le manque de respect de l’existant par une part de la population. Certes, la dernière étude démographique concernant Saint-Martin (Insee, 2016) pose les natifs en minorité sur le territoire mais cet outil statistique froid omet de prendre en compte la richesse que représente l’apport de ceux qui ont choisi de faire partie de cette population et de s’y intégrer dans le respect et avec un esprit constructif.

De même, l’Insee (dont ce n’est pas le rôle) et d’autres (dont nous ne citerons pas les noms…) oublient aussi sans doute que, même si la taille compte, petit ne signifie pas forcément impuissant ; ne dit-on pas : “Si vous avez l’impression d’être trop petit pour changer quelque chose, essayez donc de dormir avec un moustique” ?

Plus sérieusement, toute Friendly qu’elle soit, la population saint-martinoise, dans toutes ses composantes, a su faire, y compris dans un passé très récent, la démonstration de sa capacité à réagir si elle se sentait trop acculée.

Que 2021 nous préserve de plus de tensions et nous évite de sombrer plus dans la facilité et les préjugés ! 

Pour résumer et conclure, même abruptement, parce que nous manquons inévitablement de temps et d’espace pour nourrir ce débat, pourtant ô combien fondamental, et parce que la nature même de cette année nous autorise à piétiner ouvertement le politiquement correct, permettez-nous de reprendre ici les mots de Nicolas Sarkozy : Saint-Martin (et ceux qui l’ont bâtie, ceux qui la composent, ceux qui la construisent, ceux qui la respectent, ceux qui l’enrichissent…), “tu l’aimes ou tu la quittes !”

En vous souhaitant une bonne année 2021, apaisée, éclairée et respectueuse…  

Commenter avec Facebook

6 comments

  1. Démagogie et bons sentiments. Nous ne sommes plus en 1980, hélas. Sarkozy comme référence ? Une blague. Je ne ne partage pas votre vision de la société St-Martinoise. Ni vos injonctions (tu aimes ou tu quittes). Ou sinon faisons le également au niveau nationale. Qui finance là collectivité ? Les écoles, collèges, hôpital? Etc… Le respect, c’est dans les deux sens et cela se mérite. Vos leçons dissimulées ne nous intéresse pas. Journaliste ? Tenez vous en aux faits et évitez votre propagande nauseuse qui attise les flammes de la colère plutôt que la paix. De plus, lorsque vous vous trouvez dans un lieu où la loi, non pas un us ou une coutume, vous impose le Français, la première chose à faire ce qui vous tiens à coeur, c’est de respecter celle-ci. Et bizarrement, au tribunal, tout ces individus qui ne parlais pas français trente secondes plutôt, retrouvent subitement la mémoire pour s’exprimer en français. Nous ne sommes pas dupe. Le respect, c’est lorsqu’une personne étant au ou assistant au conseil territoriale qui ne comprend pas la langue utilisée, puisse comprendre dans sa totalité celui-ci, donc s’exprimer dans la langue de l’administration présente (Française, n’en déplaise à certains). Et ceux qui utilisent l’anglais dans ces moments là le font à dessins. Tout comme des lumières de cette île, pensant que certaines personnes de par leur couleur de peau, ne comprennent ni le créole, ni l’anglais ce qui lorsque cela se produit est très instructif sur le RESPECT justement. Prenez soin du beau jouet que vous a mis entre les mains, Mr FISHER. Et à vous lire, tout le monde n’a pas le même talent. Bonne année ! Mes meilleurs voeux avec respect.

    1. Un des objectifs du journal est de nourrir le débat et non d’imposer une pensée unique ; chacun ses idées, convictions, réflexions et même sentiments, à condition qu’ils soient exprimés dans le RESPECT. Chacun aussi sa liberté d’ignorer les commentaires qu’il juge stériles, contre-productifs et/ou haineux.
      Autre précision, si M. FISCHER est effectivement actionnaire majoritaire de la société éditrice, les deux autres personnes qui l’animent ne sont pas du tout journalistes, mais également actionnaires et c’est à ce titre que nous proposons des analyses dans NOTRE journal au-delà des stricts faits (d’autres supports ont choisi cette ligne et ciblé ce lectorat, l’offre locale est en ce sens complète…)

    1. Le courage ne serait-il pas de commenter en laissant tomber le masque du pseudo-anonymat et de l’adresse mail bidon ?
      En ce qui nous concerne, le courage trouve ses limites dans la responsabilité pénale de l’éditeur quant à ses publications, y compris pour les commentaires de ceux qui croient naïvement que l’écran de leur ordinateur suffit à cacher leur identité tout en acceptant « courageusement » notre politique liée aux cookies et à la confidentialité…

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.