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Pilier de la politique éducative de la Team Gibbs, le nouveau collège qui s’érigera à la Savane courant 2022 devrait cette année entamer sa phase de construction. Ce projet fait suite à la destruction du collège Soualiga par Irma qui ne sera pas reconstruit en raison de la vulnérabilité de la zone sur laquelle il était implanté et sa sortie de terre permettra de désengorger la Cité scolaire qui accueille actuellement 1620 élèves alors que sa capacité d’accueil est limitée à 954 places.

e-newsletter n°07 COM : “S’il fallait un beau projet pour donner un réel avenir aux jeunes de Grand-Case et de ses alentours, voilà qui sera fait avec la construction d’un collège pour 900 élèves à La Savane”

25 Millions pour le meilleur

Fleuron technologique, ce nouveau collège bénéficiera d’un équipement 100% numérique grâce à une interconnexion entre les tablettes des élèves et l’ordinateur de leur enseignant, mais aussi à un tableau numérique connecté à un rétroprojecteur dans chaque classe. 35 classes et une surface utile de 4900m2 sur un terrain de 9500m2

L’établissement d’une capacité d’accueil prévue de 900 places devrait ouvrir ses portes à la rentrée de septembre 2022 à proximité du futur plateau sportif prévu à côté de la caserne des pompiers et du futur centre nautique relocalisé à la Savane. 

En termes financiers, cette infrastructure, qui fera également office d’abri cyclonique, représente un investissement de plus de 25 M€ assumé par le ministère de l’Éducation nationale à hauteur de 15 M€, le ministère des Outre-mer pour 5.5 M€ et la Collectivité pour 4.7 M€, un budget augmenté par le jeu des différents plans de financement (Relance, convergence, etc.) de 4 M par rapport au montant initial entériné par la convention tripartite MEN / MOM / COM signée en novembre 2019.

Enfin, après le niçois cabinet Menighetti recruté pour accompagner la réflexion préalable, c’est le groupement toulousain IDP Architectes qui a été choisi, à l’issue du concours restreint lancé en début d’année 2020, pour assurer la maîtrise d’œuvre pour la construction pour un peu plus de 2.6 M€, un choix qui a fait grincer quelques locales molaires.

Selon ce lauréat, qui vient par ailleurs d’être honoré d’un BIM d’or (récompense décernée chaque année par le Moniteur et les Cahiers techniques du bâtiment aux meilleurs projets menés à l’aide de la maquette numérique), “la pratique de l’agence s’appuie sur de fortes convictions écologiques que nous avons formalisées par l’obtention d’un agrément AEDD (Ndlr : Architecture et Développement Durable).

La Collectivité s’est donc sans conteste donné, dans le texte, les moyens d’offrir aux anciens locataires du Collège Soualiga un nouvel établissement à la pointe du modernisme et digne de leur faire oublier le douloureux épisode cyclonique et ses conséquences (5 ans plus tard, tout de même…).

Soualiga… ou pas !

Pour autant, au-delà de ces aspects technico-financiers plutôt rassurants, certains membres de la communauté éducative et parents d’élèves restent dubitatifs sur un volet certes plus émotionnel mais pas complètement anodin : le nom de l’établissement.

En effet, s’il est communément appelé, y compris dans les communications institutionnelles, “Collège 900”, le futur établissement de la Savane dispose depuis le 18 septembre 2019 d’une appellation officielle validée par le Conseil exécutif : Collège Fond’Or…

De manière pragmatique, ce changement de nom ouvre nécessairement un autre champ de modifications afférentes (uniformes, tickets de cantine, documents internes à la COM et aux services de l’Éducation nationale, mise à jour des applications et fichiers nationaux, etc.) qui ont forcément un coût en temps et en argent ; et d’aucuns s’interrogent à cet égard quant à la priorisation des sujets par l’exécutif :N’y a t-il pas de problèmes plus importants sur l’île que ce nom pour que la COM y attache autant d’importance ?” nous a-t-on ainsi récemment interpellé sur le sujet.

En outre, en ce qui concerne ce nom en lui-même, le jugement quant au manque de créativité de la COM est aussi plutôt sévère : “Fond d’Or comme le nom de l’impasse où se situera le nouveau “collège 900”, nom d’un puits tari…” Quant à la fermeture administrative et définitive du Collège Soualiga en amont de ce baptême, elle suscite également son lot de questionnements : “pourquoi cette volonté de faire disparaître un établissement très durement touché lors de l’impact d’Irma, qui porte si joliment l’ancien nom de l’île ?” 

“Tous les parents, enseignants et anciens élèves sont attachés à cette appellation” regrette-t-on également tout en déplorant que le choix du nom du futur collège n’ait pas fait l’objet d’une concertation plus large, voire même d’un réel projet pédagogique impliquant aussi les élèves et les parents.

Si l’on considère en effet que le nom donné à une école devrait dépasser le strict cadre géographique pour s’intéresser à des valeurs plus philosophiques, historiques, culturelles voire même éducatives, le choix opéré par les élus de la COM pour le prochain “collège 900” apparaît très éloigné des critères nécessaires pour s’assurer de l’adhésion du plus grand nombre ou pour véhiculer un message utile et pertinent.

Occasion ratée ? Empressement ? Discernement tronqué ? La loi est claire : la dénomination ou le changement de dénomination des établissements publics locaux d’enseignement est de la compétence de la collectivité territoriale de rattachement (art. L.421-24 du Code de l’Éducation).

Aucun outrage légal donc là mais Contenter le peuple et ménager les grands” n’est-elle pas « la maxime de ceux qui savent gouverner » (selon Machiavel) ?

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