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Un titre un peu humoristique puisqu’il paraît que 2021 sera l’année des grandes révélations en matière de présences extra-terrestres selon de très sérieux médias internationaux, confirmées récemment par l’interview de Haim Eshed, un général israélien à la retraite… Plus sérieusement, hier matin, le Président Gibbs avait décidé de renouer avec un moment qu’il avait posé au début de son mandat : le petit déjeuner de presse. Un format moins fermé que les conférences, plus convivial et qui permet de décloisonner quelque peu les échanges.

Le Président sera-t-il candidat à sa propre succession ?

Une question qui est dans beaucoup d’esprits, sauf dans ceux qui n’en doutent pas et qui participent par exemple aux assemblées de l’Union pour la Démocratie, et la réponse est “OUI” mais il ne le dira pas puisque la tradition veut que l’élu en place se donne à son mandat jusqu’au bout et que l’on ne puisse pas supposer qu’il use de sa fonction pour faire campagne pour sa propre réélection.

Pour autant le Président l’a affirmé, au regard de ce qu’il entend sur les radios ou lit ailleurs, la période de campagne électorale à débutée et 2021 sera donc l’année du retour de la politique à Saint-Martin, pourvu que les aléas laissent à ceux qui ambitionnent quelques fonctions la possibilité de faire briller leurs idées.

“J’ai une vision du développement de ce territoire.”

Si le mot “vision” a été banni du langage présidentiel pendant plusieurs années en ce qu’il était celui de Louis Constant Fleming, ce petit déjeuner de presse en signe le grand retour. Nous ne rentrerons pas ici dans l’égrenage de ce qui a été fait depuis mars 2017 ni dans celui de ce qui sera fait ou amorcé avant la fin du mandat, la dernière lettre d’information de la Collectivité en dresse un panel assez exhaustif (vous la trouverez sur le site de la COM… par exemple). Par contre, cet aspect “bilan” corrobore le fait que nous entamons bien ce moment si croustillant qui précède l’appel aux urnes.

Cette vision du développement qu’a le Président, nous sommes nombreux à ne pas la vivre ou à ne pas être à même d’en cerner au quotidien la portée puisque nos situations globalement ne sont pas meilleures qu’elles ne l’étaient en amont de l’élection de la Team Gibbs 2017. Mais le Président le martèle : le programme de 2017 a dû subir Irma et les réalités n’ont pas permis qu’il soit pleinement déployé. Puis… la crise du PPRn et un nouvel impact sur la feuille de route de la majorité… bref, un bilan bien moins “opérationnel” en termes de réalisations pour préparer 2022 mais un bilan néanmoins riche de gestions de crises successives.

“Je ne lâche rien (…) Notre programme s’intalle dans la continuité mais se réforme de fait au fil des aléas.”

Daniel Gibbs

Entre les lignes…

C’est forcément ce qui nous attire puisque le reste des informations délivrées subit le prisme de la validation des services et conseils compétents… Globalement, et cela n’a pas forcément été le cas ces derniers mois, le Président semble en bonne forme (et oui, c’est important) et selon ses propres mots, il semble avoir “la niaque” !

Si beaucoup des réalisations concrètes de l’année 2021 seront aussi imputables au travail effectué par Sylvie Feucher et marqueront l’engagement financier de l’État et de l’Europe, ils bénéficieront au rayonnement de ceux qui restent ou arrivent… Le Président ne cache pas une certaine satisfaction à renouer des relations avec la représentation de l’État, en la personne de Serge Gouteyron. Politiquement, nous avions déjà plusieurs fois abordé le sujet de cette posture conflictuelle et de ses dangers, notamment le risque de gel dans l’avancée de certains dossiers. Sortir de cette situation était certes une urgence absolue mais comporte aussi un risque : si la représentation de l’État était l’ecueil majeur du Président Gibbs, le changement de représentation impose aujourd’hui des avancées au moins à la hauteur du blocage si souvent dénoncé, à défaut, c’est que le blocage ou les blocages sont ou étaient ailleurs.

Finalement, il y aurait quelque chose à tirer de ces contrôles effectués de toutes parts post-Irma…

AFA, CTC, IGA, Cour des Comptes and co… la Collectivité aura été dans son fonctionnement expertisée en profondeur par tout ou presque tout ce dont la nation dispose d’outils dédiés. Le Président, qui ne peut que confirmer la lourdeur et l’ambiance que cela a pu générer au sein des personnels de la Collectivité mais aussi du board d’élu, semble aujourd’hui sorti de cette période de diagnostics venus d’ailleurs et qui ont su mettre en valeur des manquements sévères au sein de l’organisation de la Collectivité pour entamer une période d’introspection sur la base des conclusions des différents rapports.

“Il n’est jamais agréable de se sentir en permanence sous contrôle, mais au moins aujourd’hui, nous savons où travailler.”

Daniel Gibbs

Si la réforme de l’administration faisait bien partie de la feuille de route de la Team Gibbs, la profondeur de la réforme en cours imposée par certains de ces diagnostics n’est pas sans provoquer cris et grincements de dents et n’était peut être pas à l’ordre du jour.

“Je ne suis pas opposé aux critiques, et je sais que tout semble trop long à nos administrés…”

C’est un peu la rançon de la gloire lorsque l’on a atteint le sommet que d’être aussi la cible de toutes les critiques… en la matière le Président Gibbs affirme qu’il est bien conscient que beaucoup de choses ne se passent pas au rythme attendu par la population et s’en dit particulièrement frustré. La faute à quoi ? La faute à qui ? La faute certainement à un respect du Code des Marchés Publics aujourd’hui un peu plus surveillé et imposé qu’autrefois et qui, rappelons le, est aussi là pour préserver et les finances de la Collectivité de glissements hasardeux, et nos élus que la signature peut engager au civil comme au pénal… d’ailleurs, pour celles et ceux qui sont concernés, un respect antérieur du-dit Code leur aurait certainement évité des déboires actuels.

Quoiqu’il en soit, et ce n’est plus à démontrer, l’administration à la française a un certain goût pour la complexité qui engendre des lenteurs dont le territoire pâti selon le Président Gibbs. Pour autant, à l’usage, il est plus que probable que les services compétents à la Collectivité, services profondément réformés, sauront gagner en efficacité si toutefois ils parviennent à s’affranchir de  “l’incurie administrative” dont les services sont globalement affublés par la DGS (qui va encore lever les yeux au ciel).

Quelques autres idées, en vrac…

Le Président est évidemment clair à dire que le budget de la Collectivité est globalement et annuellement assez contraint et certainement pas en phase avec des projets mirobolants qui ne seraient pas in fine réalisés/réalisables. L’une des clefs pour sortir de cette situation budgétaire réside naturellement dans la réforme fiscale qui est prête et qui pourrait nous être prochainement présentée si toutefois les blocages “techniques” avec Bercy et la DGFIP, blocages informatiques liées aux applications nationales, étaient levés. La réforme intègre évidemment une part large à l’impôt indirect que le Président Gibbs juge plus juste et qui permet , avec les outils adaptés, d’élargir l’assiette de la ressource fiscale.

“Il n’aura échappé à personne que malgré les difficultés budgétaires, ma mandature n’a pas augmenté les impôts. (…) Tant que je peux faire autrement, je fais autrement.”

Daniel Gibbs

Le Plan d’Aménagement et de Développement de Saint-Martin, notre futur document d’urbanisme, poursuit lui son processus avec toutefois un point de blocage, celui du PPRn qui, tant qu’il n’est pas adopté, interdit aux techniciens de le prendre pleinement en considération. Sur le sujet, le Président affirme que des RDV ont déjà eu lieu et d’autres viendront avec le Préfet Gouteyron comme avec les services de la DEAL. Si l’on pose sur le sujet la position du Ministre Sébastien Lecornu qui affirmait qu’en la matière l’Etat ne pouvait être moins disant, le dossier pourrait encore traîner un certain temps.

Autre point de vigilance du Président Gibbs, celui des “blocages institutionnels”… entendez par là que notre statut de Collectivité dotée d’une part d’autonomie au titre de l’article 74 de la Constitution nous isolerait encore trop souvent selon lui de dispositifs nationaux puisqu’à Paris, l’habitude de raisonner en intégrant les exceptions n’est pas encore pleine et entière. En ce sens, le travail parlementaire dévolu à notre Députée et notre Sénatrice consiste aussi à veiller à ce que Saint-Martin ne soit pas oubliée.

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