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Une mission locale à Saint-Martin… un vieux dossier, un vieil espoir… mais qui semble désormais accessible ! Si certains élus de la Collectivité, appuyés de leurs techniciens bien évidemment, ont travaillé ce dossier de longue date, il semblerait que les mandatures se soient succédées sans que nous soyons capables de nous mettre au diapason des exigences étatiques pour que l’on passe du rêve à la réalité.

Mission locale… ok, mais quelles missions ?

Question qui coule de source dans un contexte où le monde du “social” est parfois assez opaque, pleins d’acronymes rébarbatifs, de partages de responsabilités touffus… de quoi jeter un peu le doute quant au bon usage des fonds dédiés qui peuvent être particulièrement gras pour qui sait les capter, puisqu’il reste évidemment et comme toujours à en faire bon usage, dans la transparence et avec le service public chevillé au corps…

Bref… une Mission Locale, c’est un outil dédié à la jeunesse, un point névralgique, un endroit où l’on parle d’orientation, de formation, d’emploi, de logement, de santé, de mobilité, de citoyenneté, de sports, de loisirs, de culture et d’accompagnement pour aider les jeunes de 16 à 25 ans à résoudre l’ensemble des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur insertion sociale et professionnelle. Oui, vous l’avez compris, au regard des problématiques avec lesquelles le territoire est en prise vis à vis de la jeunesse et son devenir, la Mission Locale fait office de couteau suisse.

Pour autant, une Mission Locale n’est pas la panacée dans le spectre très large de l’action en faveur de la jeunesse et la Mission Locale future va devoir s’insérer parmi les acteurs institutionnels en cohérence avec une vision de la formation, de l’emploi et de l’insertion à l’échelle du territoire, politiques déployées par la Collectivité.

En effet, le triumvirat “former, employer, insérer” n’a de sens que si le diagnostic territorial en matière de besoins est une réalité partagée avec les employeurs du territoire et leurs perspectives de développement. Pourquoi former des astronautes s’il n’existe localement pas de débouchés ???

En la matière, la Collectivité a lancé un marché public d’Assistance à maîtrise d’ouvrage pour l’élaboration de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriales (Gpect), marché attribué à la Société Terres d’Avance pour un montant HT de 121 125 euros le 14 décembre dernier. La mission se déroulera en deux phases : phase 1 réalisation du diagnostic et définition des enjeux et phase 2 l’élaboration d’un plan d’actions.

L’autre point de vigilance qui doit être anticipé c’est que dans le domaine de la formation et de l’insertion les fonds publics ne sont pas supposés se substituer aux fonds privés. En ce sens, lorsque des budgets publics sont débloqués pour former des personnes en situation d’exclusion ou proche de l’exclusion, il ne faudrait pas qu’ils servent in fine à former des publics dont la formation pourrait être prise en charge par les employeurs.

Enfin, lorsque l’on décide politiquement de se donner les moyens de la formation et de l’insertion, il est généralement de bon aloi que le bénéfice de la démarche serve au territoire et que les personnes formées ne soient pas contraintes de “s’expatrier” pour trouver un contexte d’employabilité suffisant, de l’importance de la qualité du travail qui sera réalisé par Terres d’Avance.

Annick Petrus, en marche et sur tous les fronts ?

Une trajectoire atypique que celle de celle qui est aujourd’hui notre sénatrice qui depuis qu’elle est investie en politique aura su se frayer un chemin envers et contre tout, ou en tous cas contre beaucoup. Qui aurait pu parier début 2019 qu’Annick Petrus serait élue sénatrice ?

Quoiqu’il en soit, il aura fallu que son statut glisse de celui de Vice Présidente à celui de Sénatrice pour obtenir (non sans l’appui de l’excellent Jocelyn ELOIN, DGA en charge de la délégation au Développement Humain) du Ministère du Travail et de l’Emploi les garanties que la Mission Locale de Saint-Martin verrait bien le jour en 2021.

Une aubaine politique pour la Team Gibbs en cette période où il est important de sortir du discours pour passer aux réalisations. La page facebook de la COM a su se faire le relais rapide de la courte communication de la Sénatrice qui, ne l’oublions pas, reste une élue de la COM et de la majorité… jusqu’à preuve du contraire.

C’est Brigitte Klinkert, ministre déléguée auprès de la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, chargée de l’Insertion qui aurait offert ces garanties à l’élue locale en accompagnant cela d’une enveloppe budgétaire de 144k€ pour l’année 2020.

Pour la Sénatrice, la Mission Locale c’est avant tout un moyen pour la jeunesse de ne pas passer à côté de dispositifs existants comme les Contrats d’Avenir en 2012 par exemple : “Il y a beaucoup de financements pour les Missions Locales et cet espace sera celui des jeunes, enfin !”.

Mais tout cela ne va pas se faire sans couinements et autres grincements de dents puisque l’action sociale à destination des jeunes, en ce qu’elle est pourvoyeuse de crédits, constitue aussi un pré carré que certains organismes n’hésite pas à élargir autant qu’ils le peuvent. Ainsi, la Sénatrice est-elle claire à exprimer la volonté de voir la Collectivité se réapproprier certaines compétences en la matière qui avaient su glisser vers le Pôle Emploi non sans bénéficier des financements afférents… il semble bien que cette volonté de l’élue locale fasse partie des accords trouvés au Ministère et conditionne quelque peu l’engagement de l’Etat sur le dossier. Notons que la Collectivité devra elle aussi abonder au trésor de la Mission Locale pour en pérenniser le devenir et notamment en pourvoyant au besoin de locaux.

Quoiqu’il en soit, Annick Petrus le dit haut et fort : “Je veux des gens compétents et actifs dans cette mission locale, les jeunes ont assez souffert, il faut que nous nous donnions les moyens de leur donner espoir, les moyens et l’envie de participer à la vie en société, à notre société.”

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