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Franklin Carty est né en 1965, il réside à Sandy Ground dans une petite maison mitoyenne. Ses relations avec ses voisins sont mauvaises, cela ne date pas d’hier selon un proche et cette situation s’invite régulièrement au tribunal.

Ce jour là, le 21 janvier 2021, il est en train selon ses dires de nettoyer la petite parcelle de terrain qui jouxte sa maison et dont il est selon lui propriétaire, nettoyage qu’il opère à l’aide d’une machette, un grand classique en nos contrées.

A l’arrivée des gendarmes, ceux ci lui intiment l’ordre de lâcher la machette, ordre auquel il n’obtempère pas immédiatement. Il tourne le dos aux représentants de la Loi pour aller ranger l’outil chez lui nous dit il… geste qui aura certainement été mal interprété ou vécu autrement par les forces de l’ordre.

Premier tir de taser, Franklin Carty est touché au bas du dos, il tombe sur l’épaule, la machette toujours en main. “Avec les impulsions je n’arrivais pas à lâcher la machette” nous dira-t-il.

Il se relève néanmoins, fait quelques pas… deuxième coup de taser dans la nuque, il s’effondre sur le menton sans pouvoir amortir sa chute. Quelques dents cèdent sous l’impact… Ses deux mains sont aussi abîmées.

Les électrodes sont profondément fichées dans la peau, le menton est ouvert, un passage à l’hôpital s’impose et c’est un ami qui l’y amènera. C’est d’ailleurs à l’hôpital que les gendarmes viendront in fine le récupérer pour l’interroger.

Quand nous croisons Franklin le 25 Janvier, l’homme est encore marqué par cette intervention qu’il considère évidemment comme un peu trop musclée.

Comme souvent, une intervention à Sandy Ground s’accompagne d’attroupements spontanés et ce sont finalement 8 véhicules de gendarmerie qui auront pu être comptabilisés sur site après l’arrivée des renforts. Nous noterons qu’un des véhicules aurait été caillassé peu avant d’arriver sur le site.

Franklin Carty est aujourd’hui poursuivi pour violences volontaires à l’encontre des 4 personnes dont 3 militaires de la gendarmerie avec usage ou menace d’une arme, pour avoir opposé une résistance aux militaires sans armes, pour détention d’une arme blanche ou incapacitante de catégorie D hors de son domicile et pour avoir détérioré en réunion le grillage de son voisin…

Cédrick André que nous avons croisé dans se cadre se dit inquiet et de plus en plus inquiet : “Ce ne sont pas des bonnes méthodes (…) le quartier est sous tension, la période est difficile, il y a des gens qui ont perdu leur emploi ici, on ne sait toujours pas ce que va devenir le PPRn, les jeunes ne voient pas d’avenir (…)”.

Si le débat des violences policières est ouvert en métropole il est encore quelque peu tabou à Saint-Martin tout comme l’est d’ailleurs le sujet “des zones de non droit”. Le St Martin’s Week n’a ici aucune volonté d’opposer deux tabous mais se souvient bien de l’ambiance qui régnait à Saint-Martin en décembre 2019 et du fait que certaines poudrières sont plus vives que d’autres à s’embraser…

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1 comment

  1. J’ai bien lu votre article, mais il va falloir arrêter de toujours couvrir ou faire des cadeaux sur les sanctions des gens qui habite dans ces quartiers, en disant qu’il ont souffert ou autre et que les jeunes ne voit aucun avenir..
    Ces jeunes devraient commencer par arrêter leur trafic en tout genre, et ce levé le matin et aller bosser, car du boulot sa ce trouvent, mais faut il en avoir envie…
    De se promener à fond en scooter ou voiture même en ville, sans casque, et souvent sans assurance…
    Il faudrait vraiment que la loi soit la même pour tous…
    Les saint martinois sont les premiers à faire fuir les touristes qui leur ramène l’argent qui un jour devient leur revenu en rendant cette île insécurité…
    Maintenant c’est l’état qui doit vraiment faire pour que ces personnes répondent de leurs actes…
    A bon entendeur…

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