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On sait à l’usage qu’il est complexe pour les parlementaires de rester au contact de leur territoire (et c’est encore plus vrai pour les élus ultramarins) et le temps finit par avoir raison des bonnes volontés même si durant leur temps de présence, ils ne manquent pas de battre le pavé.

Pour autant, la Sénatrice Annick Petrus compte bien relever le défi avec un point presse qu’elle souhaite trimestriel, la diffusion d’une newsletter mais aussi des visites de terrain et des rencontres qu’elle souhaite aussi fréquentes que possible.

Si son organisation générale repose sur une volonté d’alternance en termes de présence entre Paris et Saint-Martin, 2 semaines/2 semaines, elle sait d’ores et déjà qu’il lui faudra faire preuve de souplesse avec cet agenda selon les impératifs du sénat, ceux de la Collectivité dont elle est toujours élue et les contraintes sanitaires assez lourdes.

Annick Petrus, sénatrice de Saint-Martin : “Je suis sénatrice Les Républicains et je l’assume.”

LR assumée… sans aucun doute mais LR compatible LREM, ou pas ?

Ce que j’ai déjà fait…

Au delà des vœux à la presse, étape imposée par la période de l’année, la sénatrice à souhaité rappeler quelles avaient été ses actions depuis sa prise de fonction… exercice complexe puisque l’on sait que le Sénat n’est pas forcément focalisé sur la Collectivité de Saint-Martin. Pour autant la sénatrice l’affirme, avant de passer en mode projet, elle veut avant tout s’assurer que certaines “injustices” à l’endroit du territoire soient corrigées par Paris.

C’est selon la Sénatrice le cas pour ce qui est de l’amendement qu’elle a su déposer lors de l’examen du Projet de loi de finances pour 2021 et visant à rehausser le taux de réduction d’impôt dont pourraient bénéficier les investissements en faveur de la rénovation et de la réhabilitation des hôtels et résidences de tourisme sur Saint-Martin à 53,55% (actuellement à 45,9%), à l’instar des investissements de même nature réalisés en Guadeloupe, Guyane, Martinique et à La Réunion.

La Sénatrice s’engage aussi pour que Saint-Martin dispose de son STIS (Service Territorial d’Incendie et de Secours) plutôt que de continuer à dépendre du SDIS de Gudeloupe et notamment en termes de personnels :
“Nous avons ici à Saint-Martin des personnels formés, des gradés sur lesquels nous avons beaucoup investi (…) Ils ne peuvent pas être à la merci d’une mutation vers la Guadeloupe.”

Annick Petrus dit œuvrer aussi pour que Saint-Martin dispose d’une MTPH (Maison Territoriale des Personnes handicapées), sur le sujet du logement sur les axes “insalubrité” et “accès à la propriété”, sur les problématiques d’insertion et notamment des publics relevant de l’aide sociale à l’enfance pour lesquels il faut pouvoir disposer d’outils qui permettent une certaine continuité dans l’accompagnement après la majorité de ceux qui ne sont plus des enfants…

Point d’orgue quant aux réalisations de la sénatrice, la Mission Locale de Saint-Martin qui devrait rapidement voir le jour, un dossier qu’elle a réactivé en collaboration avec les services de la collectivité.

Bref… la Sénatrice semble sur tous les fronts !

Entre les lignes…

Après quelques mois d’une mandature qui dure 6 ans, Annick Petrus que nous avons l’habitude de considérer quelque part comme un électron libre affirme sans détour : “En tant que sénatrice, je me sens à ma place !”. L’élue nous confie d’ailleurs que si elle travaille en pleine collaboration avec la Collectivité comme avec la Députée Claire Javois, cette fonction lui laisse beaucoup plus de latitude pour agir comme elle l’entend, sans les contraintes de “groupe” localement.

A Saint-Martin, Annick Petrus dit travailler à ce qu’une seule voix remonte vers Paris pour éviter la cacophonie… selon elle, beaucoup de personnalités se fendent du voyage pour faire entendre leur voix singulière alors qu’il serait plus efficace de travailler dans la collégialité : “Certes, la Collectivité dirige, mais nous n’avons pas le monopole.” lance-t-elle, sous entendant par la nécessité de se porter à l’écoute des autres institutions (comme le CESC) des socio-professionnels et du tissu associatif pour pouvoir ordonner l’action saint-martinoise à Paris.

Un vœu d’une très belle envergure mais qui va forcément se heurter aux individualismes, ceux qui, parce que les élections approchent, auront besoin de pouvoir arborer les couleurs d’un parti ou d’un autre… souvenons nous : combien de listes se revendiquaient-elles “En Marche” en 2012 ?

Concernant le Plan de Relance et sa mise en œuvre à Saint-Martin, la sénatrice dit qu’elle sera très attentive mais prend une ligne qui n’est pas sans résonner avec celle de la DGS, Christiane Ayache : “Il est temps que nous fassions preuve de… professionnalisme pour ne plus perdre les crédits qui sont mis à notre disposition.”

Enfin, la sénatrice ne cache pas qu’il est assez confortable de cumuler son mandat avec celui d’élue du Conseil Territorial, que cela lui permet de rester mieux informée des enjeux locaux. Nous noterons qu’elle est en cela épaulée par Jean-Sébastien Hamlet, un de ses collaborateurs parlementaires par ailleurs lui aussi élu au sein du Conseil Territorial mais aussi par Nikomo Sylvestre, son remplaçant que la sénatrice dit très actif, salarié de la Collectivité et fils de Yolande Sylvestre élue du Conseil : pas de doute, la sénatrice conservera la capacité à être pleinement informée de ce qui se passe à Saint-Martin.

Sénatrice et conseillère Territoriale, puisque selon les mots même d’Annick Petrus cela bénéficie aux deux fonctions et donc à Saint-Martin, de quoi s’interroger quant au devenir de l’élue en 2022… quelque soit l’issue du scrutin elle restera sénatrice, mais sera-t-elle investie sur une liste localement ? Sa réponse est sans détour : “J’appartiens à une team mais je n’ai pour le moment reçu aucune proposition.”

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