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Vendredi dernier, le Préfet Gouteyron et le président Gibbs co-signaient l’accord de relance de Saint-Martin fixant “les orientations de l’action de l’Etat et de la collectivité dans leur participation à l’effort national pour le soutien des économies territoriales.” En clair, cet accord pose la méthode et marque le point de départ de la phase opérationnelle de la déclinaison locale du Plan de relance dont le comité de pilotage avait été installé au mois de décembre.

Les grandes lignes

Cumul des différentes aides et crédits fléchés au titre de la solidarité nationale dans le cadre de la crise sanitaire, le plan de relance saint-martinois inclut ainsi notamment l’activité partielle, les aides directes aux entreprises, les aides du fonds d’aide aux entreprises, le fonds exceptionnel d’investissement, les aides spécifiques pour le développement des filières agricoles et pour le traitement des déchets ainsi que celles prévues par le contrat de convergence.

Sur cette base, l’effort de relance à Saint-Martin a été estimé à un montant total de 141 M€ co-financés par l’Etat (108.6 M€) et la Collectivité, un montant conséquent qui, pour l’anecdote, fait dire à la sénatrice, Annick Pétrus : “Nous avons de la chance d’être Français”… 

Concrètement..

L’argent est donc là, il reste maintenant à le mobiliser et cela passera par la capacité du territoire et de ses acteurs, Collectivité incluse, à répondre aux différents appels à projets qui seront lancés dans ce cadre.

Certains sont d’ores et déjà ouverts et disponibles sur le site internet de la préfecture :

  • Le Fonds Avenir Bio
  • Sécuriser les infrastructures de distribution d’eau potable, d’assainissement et de gestion des eaux pluviales en métropole et dans les outre-mer
  • Innovation et transformation numérique
  • Plan de soutien aux associations de lutte contre la pauvreté
  • Fonds de soutien à l’émergence de projets dans le tourisme durable
  • Investissement dans le réemploi et le recyclage
  • Transition écologique et rénovation énergétique des TPE/PME.

Concomitamment à ces appels à projets, le travail du comité de pilotage se poursuivra jusqu’à parvenir à une version structurée du plan de relance à échéance juin 2021. Il s’agira, pour le Préfet Gouteyron de traduire “l’ambition que les élus portent et que l’Etat accompagne.” Vers un projet de territoire programmé, daté et chiffré, enfin…? L’avenir nous le dira…

Serge Gouteyron, préfet délégué de Saint Barthélemy et Saint-Martin en réponse au président Gibbs
“Moi aussi, je vois le verre à moitié plein mais il faut continuer à le remplir”

A défaut, peut-être que la mouture finale nous permettra au moins d’exister à part entière sur le site du Ministère des outre-mer où figurent déjà les déclinaisons locales des autres collectivités ultramarines, à l’exception de Saint Barth et Saint-Martin, comme d’habitude.

“L’affirmation de la présence de l’Etat”

Quoiqu’il en soit, en attendant que les acteurs locaux fassent preuve d’ingénierie, de discipline et de créativité, près de 39M€ sont d’ores et déjà fléchés vers ce qui deviendra le fleuron de la présence étatique sur le territoire : le centre interministériel qui a vocation à regrouper au même endroit, services préfectoraux, services du Ministère de la Justice, de la PAF mais aussi ceux de l’Éducation Nationale.

“Symbole d’une présence forte de l’Etat à Saint-Martin”, ce centre interministériel s’inscrit sur l’axe de la rénovation des bâtiments publics et sera, selon Serge Gouteyron, “à la hauteur de ce que les élus et les habitants attendent de la France.” 

Le Président de la République, lors de son passage en 2017, et les protocoles consécutifs co-signés par Daniel Gibbs et le Premier ministre Edouard Philippe nous avaient promis un “renforcement par l’Etat de ses services à Saint-Martin pour assurer un meilleur contrôle de légalité et l’installation permanente de nouveaux services déconcentrés”, après des décennies d’absence et de laisser-faire ayant conduit à certains des “dysfonctionnements” que nous essuyons actuellement. 

Engagement pris, promesse tenue donc… Pourvu seulement que ce renforcement se fasse dans cette “nouvelle dynamique entre l’Etat et la COM, ce nouveau partenariat loyal” soulignés par le président Gibbs manifestement très heureux d’entrer dans “une nouvelle ère”


Un peu d’eau dans votre gaz ?

En terme de “feeling”, si le temps semble au beau fixe entre le représentant de l’Etat et le président du Conseil territorial, l’ambiance était par contre un peu électrique entre Daniel Gibbs et Annick Pétrus qui, depuis son accession au Sénat, tient un discours des plus républicains. 

Ainsi, par exemple, aux remerciements protocolaires de la sénatrice à la Collectivité pour avoir “accepté le plan de relance”, Daniel Gibbs a répondu assez sèchement : “La Collectivité ne se contente pas d’accepter, elle participe aussi, elle finance donc elle participe !”

Épiphénomène sans doute anodin à l’échelle locale mais qui, en écho aux mots d’Annick Pétrus, qui nous confiait la semaine dernière “ne pas avoir encore reçu de proposition pour 2022”, ne manque pas de nous mettre la puce à l’oreille, tatillons et capillotracteurs que nous sommes…

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