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Dans à peine un peu plus d’un an, les électeurs saint-martinois seront appelés à s’exprimer pour renouveler le Conseil Territorial. Dans la foulée, ils seront à nouveau sollicités pour choisir leur député. En avril 2022, ce sont les présidentielles qui tenteront de mobiliser les foules… et nous disons bien tenteront puisque quelle que soit l’élection, nous brillons surtout par un abstentionnisme délirant qui discrédite systématiquement celles et ceux qui en ont bénéficié. D’aucuns trouveront que ce sujet apparaît un peu tôt, mais ne vous leurrez pas : à l’échelle locale comme à l’échelle nationale 2022, ses échéances sont devenues le sujet de préoccupation majeur et donc le nôtre. Pour le moment, les “choses” s’organisent plus ou moins à couvert. Seul Louis Mussington pour Saint-Martin a déjà annoncé sa volonté de mener une liste.

Très très loin de la théorie…

Alors que la démocratie posait ses fondements, chez les Grecs, il était dans certains modèles convenu que la cité devait pouvoir être gérée par n’importe quel citoyen qui en avait la volonté. C’est-à-dire que la culture civique devait être à ce point partagée par tous que n’importe quel membre de la société devait être en mesure de briguer l’exercice du pouvoir.

Un rappel qui permet de poser à quel point aujourd’hui nous sommes loin de cet idéal. Non, nous ne sommes pas tous égaux face aux moments électoraux et pour ce qui nous concerne, cette inégalité se pose en premier lieu, au delà de la recherche de financement pour ces campagnes saint-martinoises qui explosent officieusement les plafonds imposés par la loi, vis à vis de notre capacité individuelle à répondre aux canons réglementaires de la candidature.

Le fait est qu’aujourd’hui, bon nombre de personnalités qui caressent l’espoir d’une tête de liste et de remporter les élections se retrouvent incapables de réunir 23 personnes plus deux suppléants qui affichent un statut administratif en phase avec les obligations du code électoral : les déclarations de patrimoine embarrassent, les déclarations d’intérêts aussi, la clarté des statuts fiscaux est parfois contraignante tout comme peuvent l’être les liens avec certaines sociétés qui émargent essentiellement au budget de la COM via des marchés publics battus en brèche actuellement. Au bilan, les têtes de liste rament…

Le deuxième point particulièrement handicapant, c’est que la Collectivité de Saint-Martin n’est plus une petite commune de Guadeloupe et que la complexité administrative française et européenne doublée de celle qui est la nôtre du fait de notre statut “hors norme” est supposée imposer aux élus potentiels un minimum de connaissance des arcanes du pouvoir, qu’elles soient politiques ou administratives. Beaucoup de nos élus depuis que la COM est COM ont découvert en posant leur séant sur le fauteuil qu’ils avaient conquis que la fonction n’était pas facile, que la complexité était bien réelle et que la connaissance ne migrait pas spontanément du siège vers le cortex au moment où l’on y avait pris place.

Bref, notre démocratie saint-martinoise ne permet certainement pas à tous les citoyens même volontaires et motivés d’accéder à la gestion de la cité d’autant que la chose électorale ne sait plus motiver les foules ne serait-ce que pour se rendre aux urnes… peut être un vrai chantier auquel s’atteler.

Quelques dérives à propos des médias…

Qu’on l’accepte ou moins, nos métiers évoluent profondément avec l’avènement des réseaux sociaux, dans leur capacité à relayer l’ire de leurs usagers, que les commentaires soient en accès libre ou moins, que les rédacteurs soient à découvert ou qu’ils travaillent leur anonymat…

Inutile de s’étendre trop largement quant au poids de la presse dans l’exercice démocratique ni sur la nécessité de disposer de ces outils d’information, d’analyse et/ou de réflexion pour nourrir les débats et forger les idées… Mais sur ce point, il semblerait que le St Martin’s Week, dans sa volonté de “dire” et de repousser les carcans d’une“bienséance policée” qui permet surtout dans notre micro-société de maintenir certains sujet sous le tapis au bénéfice de dérives sociétales évidentes vis à vis desquelles il ne faudrait pas lutter, se soit attiré les foudres de certains.

Ainsi, un talentueux musicien de Saint-Martin s’insurge-t-il et affirme-t-il que le Saint-Martin’s Week est devenu un parti politique…

Le St Martin’s Week… un parti politique ???

L’idée est séduisante mais éthiquement et statutairement parfaitement incompatible… certes l’éthique reste une valeur assez subjective et sur laquelle il est relativement facile de s’asseoir sans état d’âme et cette caractéristique nourrit souvent nos “papiers”, mais ce n’est pas le cas de votre journal.

Evidemment, lorsque l’on use de la libre expression et que la ligne éditoriale est naturellement alimentée par la Politique avec un grand “P”, que les rédacteurs ne sont pas avares d’un passé politisé, il est facile de craindre que votre journal ne s’immisce trop profondément dans le moment politique qui se profile.

Point d’inquiétude !!!! Si nous serons naturellement commentateurs critiques du moment, celles et ceux qui animent le St Martin’s Week sauront eux ne pas franchir la ligne ou s’éloigner de l’outil si cela était nécessité pour ne pas enfreindre cette éthique qui est la nôtre.

Le St Martin’s Week pourrait déranger…

Votre Journal ne fait pas l’actualité… elle est ce qu’elle est mais nous concédons volontiers un goût prononcé pour les dossiers, les recherches et les sujets âpres qui ne témoignent pas des vertus, ces sujets qu’il est préférable pour certains cercles de maintenir sous le tapis surtout quand certains noms sortent du chapeau.

Le fait est que notre actualité est dense et que la période constitue clairement depuis Irma un virage, une charnière dans l’histoire saint-martinoise, que nos spécificités doivent trouver un cadre légal qu’il nous faut définir plutôt que de se complaire dans l’opacité d’un système qui ne bénéficie pas au plus grand nombre.

“Dans certains pays, ils disparaissent sans trace.”… Hallucinant (et parfaitement illégal – Art. 222-17 Code pénal) de lire ces quelques mots sur les réseaux sociaux de la part d’un entrepreneur local qui ne manque pourtant pas d’humanité puisque sa société figure sur la short-list des acteurs ayant œuvré pour la Collectivité au bénéfice de la population sinistrée post-Irma, à propos des “journalistes” que nous sommes ou plutôt que nous prétendons être selon lui… Heureusement, nous ne sommes pas dans “certains pays” et nous ne sommes pas journalistes… De plus, le cadre que la République Française fournit aux médias ne permet pas la disparition de celles et ceux qui les animent même s’il ne laisse pas libre cours aux abus : il reste alors l’usage du droit de réponse et la démarche en diffamation, bien plus raisonnables… ouf ! On a eu chaud mais nous allons pouvoir continuer à bosser !

Le St Martin’s Week… servirait les intérêts de…

Un grand classique qui malheureusement a des raisons d’être puisque nombreux sont les médias qui bénéficient effectivement de financements ou privés ou publics qui les inféodent aux causes des financeurs, triste constat mais constat quand même.

Ainsi, lorsque l’actualité nous impose de nous saisir d’un dossier et que nos écrits mettent en difficulté les plans de grands argentiers locaux, d’aucuns estiments que c’est forcément motivé par le fait que nous défendons d’autres intérêts voire que nous sommes financés par les concurrents ou opposants et cela a pu se traduire récemment par la petite phrase suivante qui nous a été adressée  “A part servir les intérêts de…”. Amusant de la part d’un acteur qui a su il y a quelque temps nous proposer un véritable investissement à 5 chiffres en termes de “poids publicitaire” potentiel en nos colonnes en échange d’un black out total de notre part sur certains sujets. Autant vous dire que les allumés que nous sommes, si nous ne vivons pas d’amour et d’eau fraîche, ont pris congé de l’interlocuteur.

Mise au point : le Saint-Martin’s Week ne bénéficie d’aucune subvention publique et s’autofinance grâce à la fidélité de ses abonnés et annonceurs qui ne lui posent aucune condition en termes de contenus et c’est ce qui garantit notre liberté de ton n’en déplaise à ceux qui privilégient d’autres pratiques et d’autres relations avec les médias, ou une liberté de parole sélective.

Les seules limites quant à nos écrits sont celles que nous nous posons dans le respect et du territoire et de la profession, et l’axe central de notre ligne n’a qu’un objectif : participer activement à ce que notre environnement se donne les moyens d’avancées sociales bénéfiques au plus grand nombre en éclairant nos lecteurs et en tentant de mettre en lumière certaines dérives néfastes.

“Sus à la liberté de la presse et à la liberté d’expression”… Why not, mais la démarche est une gifle à la face de la démocratie locale et participe peut être un peu du classement national en la matière qui affiche le pays des droits de l’homme en… 34ème position mondiale (sur 180) pour ce qui est du respect de la liberté de la presse !

Cour européenne des droits de l’homme : ”Il incombe à la presse de transmettre des informations et des idées sur les questions d’intérêt public. Le public a aussi le droit de recevoir ces informations et ces idées. Si tel n’était pas le cas, la presse ne serait plus en mesure de jouer son rôle vital de chien de garde.”

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