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C’est avec le sentiment du devoir accompli que les colibris du Saint- Martin’s Week ont estimé, en fin d’année dernière, avoir apporté suffisamment d’eau au moulin éditorial dénonçant la spoliation organisée du territoire par des groupes extérieurs dans le cadre de la reconstruction post-Irma.

Le temps n’est effectivement plus au lancement d’alertes qui aura tout de même duré 3 ans sans susciter de réactions suffisantes de la part de certains protagonistes. Qu’entre donc maintenant en scène la justice… Enfin !

Ainsi, selon nos informations, que ce soit dans la vaste et complexe affaire “Di Palma” ou dans la nébuleuse CDC (Caraïbes Développement Construction), les auditions gendarmesques ont débuté ou se poursuivent.

Inutile de revenir ici sur la cavalcade du groupe canado-cubano-sint maarteno-saint martinois, le détail de ses frasques est disponible en long, en large et en travers sur notre site Internet, même si les informations en provenance de Cuba sont tout à fait croustillantes !

Plus discrète, la société CDC qui a opéré principalement dans le huis de la Baie Orientale aura moins déchaîné la chronique mais n’aura pas échappé aux dérives de la reconstruction. Entre prestataire unique et non déclaré, soupçons de favoritisme dans l’obtention des marchés, chantiers suspendus avant leurs termes et disparition des dirigeants domiciliés au Royaume-Uni, la mécanique est là aussi dense et opaque.

Nul doute qu’il faudra encore de longs mois, voire années, aux enquêteurs pour faire la lumière sur ces af faires tentaculaires où les langues ont en outre tardé à se délier… Puis encore de longs mois, voire années, avant que les juges ne parviennent à énoncer une vérité, quelle qu’elle soit, qui devra prévaloir au-delà des affirmations péremptoires ou orientées et des dénonciations étayées de ces derniers mois, voire années.

En attendant, des certitudes demeurent : aucune conclusion d’enquête ni aucun verdict ne permettra d’absorber les per tes financières sèches infligées au territoire, tant en termes de civisme fiscal qu’au niveau de l’optimisation des deniers de la reconstruction, et qui se chiffrent en dizaines de M€…

Si nous avons bien été inspectés et analysés sous toutes les coutures avec un regard assez accusateur en général dans le cadre de cette vaste et médiatique reconstruction, si le mot résilience est sorti de toutes les bouches pendant plusieurs années, il est un secteur qui aurait mérité d’hériter de moyens conséquents et immédiats pour se doter d’une résilience suffisante et juguler les abus et dérives diverses que n’a pas manqué de créer la désorganisation imputable au sinistre historique et ce secteur est bien celui qui est dévolu aux enquêtes et à la justice… mieux vaut tard que jamais, peut être. Un élément qui mériterait de figurer au RETEX avant qu’un autre sinistre ne nous rattrape…


LA LÉGENDE DU COLIBRI
Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : «Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! « Et le colibri lui répondit : «Je le sais, mais je fais ma part.»
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