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En accès libre, puisque quoique totalement privé, le St Martin’s Week a un certain sens du service aux publics !

C’est en substance le message que le Préfet Gouteyron a tenté dans la matinée ce lundi 10 Mai 2021 de transmettre à la presse car pour lui, les voyants sont aujourd’hui à l’orange… il était appuyé en cela par Paul Guibert de l’ARS et Cédric Jeannot de la Croix Rouge lors d’une conférence provoquée au pied levé.

Depuis Noël, Saint-Martin jouit d’une situation sanitaire assez positive, en tous cas pas assez alarmante pour que des mesures très contraignantes soient déployées sur le territoire.

Mais les premières remontées de données liées à la semaine du 02 au 09 Mai ne sont pas bonnes : plus d’une soixantaine de cas sont recensés contre 22 la semaine précédente, l’hôpital Louis Constant Fleming voit les lits Covid-19 à nouveau occupés, même partiellement. 7 personnes ont été hospitalisées sur une semaine, deux présentaient un état qui a motivé une évacuation sanitaire.

Le Préfet constate et explique la situation par un certain relâchement global de la population couplé à la reprise de l’école. Ce relâchement est visible dans les rues comme dans certains commerces : le masque est plus rare, la distanciation sociale moins respectée.

Depuis décembre, l’idée de la pandémie s’est un peu éloignée de notre quotidien direct, forts que nous étions de nos bons indicateurs, comme si les mots “contraintes”, “confinement”, “couvre feu” avaient pris une saveur un peu exotique.

C’est la levée des motifs impérieux qui s’éloigne un peu

Cette situation plutôt bonne depuis 5 mois a motivé de la part du Président Gibbs plusieurs initiatives à l’endroit de “Paris” pour que la condition de motif impérieux disparaisse pour les voyageurs souhaitant quitter ou rejoindre Saint-Martin, condition qui bride terriblement le tourisme, pivot de l’économie locale.

Ces mauvais chiffres, ou en tous cas cette tendance à la dégradation si elle devait être confirmée, viendraient fatalement repousser cette échéance ou retarder l’espoir d’une levée de cette contrainte, au détriment de l’économie déjà passablement impactée.

Pour que le business reprenne, il faut atteindre l’immunité collective…

C’est une clef évidente et à l’échelle internationale d’une retour à une vie. Elle l’est encore plus pour nous du fait de notre dépendance économique à l’ouverture des flux touristiques. En ce sens, nous avons peut-être moins qu’ailleurs de temps pour atteindre cette immunité collective. A Saint-Barthélemy, depuis l’ouverture du vaccinodrome, la population joue la carte de la vaccination et la fréquentation du dispositif est excellente.

A Saint-Martin, alors que l’accès est ultra-facile, que nous ne manquons pas de vaccins Pfizer, qu’une trentaine de professionnels sont déployés, le vaccinodrome de Galisbay peine à atteindre le quart de ses capacités quotidiennes potentielles : une centaine de candidats au vaccin quotidiennement alors que la capacité est de 400.

“L’existence même du vaccinodrome est menacée puisque s’il n’est pas fréquenté, le dispositif ne sera pas maintenu. Il est déployé pour, un ou deux mois, peut être trois, mais si la population ne l’utilise pas, nous passerons à côté d’une belle opportunité de se faire vacciner collectivement.”

Pour le Préfet Serge Gouteyron, il est important de préserver la situation qui était la notre, de couper court à la dégradation pour que les conditions de cette vie en relative “liberté” puissent être préservées et que le travail accompli pour atteindre la levée des “motifs impérieux” ne soit pas remis en question.

“Se faire vacciner est une démarche personnelle mais il faut aussi que la population comprenne que l’impact est collectif. En se vaccinant, on se protège et on protège les autres.”

Cédric Jeannot, Croix Rouge, responsable du vaccinodrome de Saint-Martin

Sur un autre plan, celui des “passeports sanitaires”, les pouvoirs publics rappellent l’importance de la vaccination et l’opportunité qui est offerte aux Saint-Martinois que de se voir vacciner sans contrainte d’âge avant les vacances d’été, un argument fort pour toutes celles et ceux qui aimeraient pouvoir retrouver un peu de mobilité pour profiter des vacances.

Le Lundi 10 Mai 2021, 6238 personnes à Saint-Martin avaient reçu une première dose, 2076 ont elles reçu les deux injections, des chiffres très maigres pour une population de 35000 habitants sans compter celles et ceux qui ne disposent pas de titre de séjour et donc pas de carte vitale, sésame pour accéder au vaccinodrome.

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