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Depuis trois semaines maintenant, le contexte général à Saint-Martin donne lieu à des commentaires de tous genres par les uns et par les autres. Si, d’une certaine manière, cela pourrait démontrer l’intérêt que chacun semble porter aux questions qui concernent la société saint-Martinoise, nous ne sommes pas dupes.

Nous regrettons très vivement les nombreux commentaires à très forte connotation raciste et communautariste qui depuis tantôt se font de plus en plus ouvertement tant en réaction à des articles de presse ainsi que sur les réseaux sociaux concernant par exemple le mouvement de grève qui affecte la COM depuis quatre semaines, l’incompétence des Saint-Martinois dont tout le monde semble s’accorder, le fait que Saint-Martin ne peut faire sans l’aide des autres, ainsi que sur ce qui est démocratique et ce qui ne l’est pas.

Partout en France, faire grève c’est procéder à la cessation collective et concertée du travail en vue d’appuyer des revendications professionnelles. Il n’en est pas autrement à Saint-Martin. Quand UNI.T 978 a décidé de faire grève, notre motivation n’était autre que de faire entendre les revendications professionnelles des fonctionnaires territoriaux. Le droit de grève est un droit fondamental des travailleurs reconnu par le préambule de la Constitution de 1958. Ce droit doit également être autorisé à Saint-Martin, n’en déplaise à certains.

Tout le monde, y compris le représentant de l’Etat semble s’accorder à dire que les salariés de Saint-Martin qui auraient décidé de cesser le travail pour contraindre leur employeur à satisfaire leurs revendications, ne seraient pas dans leur bon droit. Est-ce à dire que les salariés de Saint-Martin ne seraient pas également des citoyens français à part entière, protégés par les dispositions de la Constitution de 1958 ? Si tel n’est pas le cas, ce sont donc véritablement des Français entièrement à part.

Monsieur le représentant de l’Etat, « profondément perturbé », va jusqu’à dire que dans le contexte de Saint-Martin « on ne peut se passer de compétences extérieures ». Serait-il en train d’insinuer que sans la contribution de ce qu’il qualifie de compétences extérieures, le territoire serait incapable de trouver les bonnes solutions aux problèmes qu’il connait ? Avant d’avancer l’utilité des compétences extérieures, encore faut-il s’assurer que ces compétences démontrent une sincère volonté et une vraie capacité à comprendre ce qui fait l’identité, la particularité du territoire concerné quand, partout en France hexagonale, le fait régional semble avoir pris une place incontestable dans la représentation positive qu’ont les Français de la diversité.

Chacun y va du sien. Toutes celles et ceux qui s’expriment semblent savoir mieux que les premiers intéressés ce qui est bien et juste pour Saint-Martin. Quelle n’a été notre surprise de constater que le représentant de l’Etat à Saint-Barthélemy et Saint-Martin semble voir dans le contexte général de l’île une question suffisamment grave pour s’autoriser à dire qu’il est « désemparé, inquiet et atterré », « profondément perturbé » par l’attitude « de rejet des autres ». Ces remarques sont graves. Elles attisent les postures et les haines racistes. Nous ne nous trompons pas. Le représentant de l’Etat fait un raccourci impressionnant en affirmant que le départ de la DGS demandé par les grévistes n’avait autre fondement que le fait qu’elle « vienne de métropole ou au motif qu’elle soit blanche ». C’est extrêmement grave ce qui dit le préfet et nous n’acceptons pas que ce dernier discrédite notre initiative en parlant de « blanc » alors que nous ne l’avons jamais fait. Nous ne nous autorisons pas à penser que une seule seconde que sa stratégie c’est de nous prêter des propos qui discréditent notre action. En conclusion, nous voulons rappeler qu’en 2003 quand, à l’issue du référendum, le choix des urnes a été en faveur de l’évolution statutaire, il était question de bâtir un projet de société qui laisse plus de place aux initiatives locales, à la créativité et à l’affirmation de la personnalité Saint-Martinoise et d’orienter cette évolution vers une plus grande justice sociale en favorisant une meilleure intégration des Saint-3

Martinois dans le développement économique et une réelle solidarité au sein de la population. En conséquence, pour faire court, ce que nous revendiquons, c’est que finalement il soit démontré une volonté réelle à traduire ce que nous avons appelé de nos voeux en 2003. Il n’est pas question et n’a jamais été question de rejeter qui que ce soit. Il est question que repositionner les priorités afin de donner du sens à notre projet de territoire.

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