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Puisqu’il semble actuellement tendance de nourrir les colonnes médiatiques de lettres ouvertes tous azimuts comme si les circuits traditionnels de dialogue institutionnel n’existaient plus, et qu’il nous serait assez insupportable de ne pas l’être, tendance… nous nous joignons à la cohorte.

Quand le chat n’est pas là ?

Vendredi 13 août, c’est une autre habitude localement bien ancrée, celle de l’usage des ondes radiophoniques comme exutoire, qui nous a interpellés.

Deux jours plus tôt, nous avions déjà eu droit aux interventions de la 1ère Vice-Présidente en charge de la Culture, du Sport, de la Jeunesse et de la vie Associative et Président de l’office de tourisme, sur les ondes de SOS Radio et de Radio Saint-Martin. C’était ce jour-là en sa qualité de “acting president”, en l’absence de Daniel Gibbs, que Valérie Damaseau éclairait les auditeurs sur sa position quant au conflit qui agite la COM depuis la fin du mois de juin, entre autres. A cette occasion, la VP1 a réussi la prouesse de tenir un discours dissonant de la ligne présidentielle de soutien inconditionnel à sa DGS sans jamais se désolidariser pour autant de son leader à qui elle a réaffirmé publiquement sa loyauté… Exercice délicat mais brillamment accompli par la VP1 !

On ne peut en dire autant de celles qui lui ont succédé au micro de Jacques Hamlet aka Billy D. vendredi 13. C’était en effet au tour de Sofia Carti, 3ème vice-présidente en charge du social de l’éducation et de la formation professionnelle, et de Maud Ascent Gibs, conseillère territoriale, doyenne et pilier de la Team depuis ses débuts, de rendre publiques leurs positions. Il faut dire que depuis le début du conflit, nous assistons à une joute entre le président et les syndicats par courriers et/ou communiqués de presse interposés sans que quelque autre voix ne soit audible ; la décision de Daniel Gibbs de maintenir ses congés concomitamment à ceux de son cabinet, direction de la communication incluse, représentait dès lors une belle aubaine pour ceux et, en l’occurrence, celles qui semblent visiblement manquer d’espaces d’expression en interne. La nature n’a-t-elle pas horreur du vide ?…

De la clarté SVP

Ainsi, c’est, selon leurs propres termes, en leur qualité de “membres de la minorité au sein de la majorité”, que Mmes Carti et Ascent-Gibs se sont exprimées sur SOS Radio vendredi 13. Oui… Chers lecteurs ! L’un des enseignements de ce moment, par ailleurs fort instructif, est le fait que les élus de la Team Gibbs doivent désormais être appréhendés en deux camps distincts : “la majorité de la majorité” qui approuve et co-signe les décisions du président dans la gestion du conflit qui l’oppose aux syndicats de la COM et “la minorité” composée d’élus tels que Mmes Carti et Ascent-Gibs qui non seulement refusent d’y être associées mais ont de plus, vendredi 13, lancé un appel “loud and clear” au soutien des grévistes…

Évidemment et heureusement que dans tout groupe, en particulier ceux composés d’assemblages électoralistes improbables ne reposant sur aucune réelle communauté d’idées ou de valeurs, les divergences existent. Mais il semble tout aussi évident que l’on a ici passé un cap et que le schisme mis en lumière par ceux-là même qui l’opèrent devra être pris en compte lors de la (re)constitution de la Team Gibbs 2022. En attendant, on ne peut s’empêcher de penser que l’opposition est à ce point absente du débat que les membres de la majorité se doivent de faire vivre la démocratie en assumant le job… Mais seraient-ils prêts à l’assumer jusqu’à la dissension ? 

Du courage aussi

Qui, au sein de la majorité de la majorité, de la minorité de la majorité, de la majorité de l’opposition, de la minorité de l’opposition, de l’opposition à la minorité de la majorité aura le courage de matérialiser son désaccord ou son accord ? Qui aura le courage de lever le voile sur les pronoms impersonnels opportunément posés dans les différentes communications, “des” élus ? Qui osera apposer sa signature et assumer le contenu distillé à l’agent éberlué, au citoyen circonspect et à l’électeur désabusé ? Qui tiendra encore sa position après le retour du président ? Qui assumera la sienne devant les représentants syndicaux et/ou des autres collectifs ? Qui est prêt à aller jusqu’au bout de sa démarche de désapprobation et à se passer des quelques mois d’indemnités d’élus restant ?

Selon nos informations, à date, une élue, issue de la “majorité de la majorité” a récemment démissionné du conseil territorial, mais… non pas, comme on aurait pu le supputer pour les raisons évoquées ci-dessus, mais pour des raisons plus personnelles, relevant d’une certaine incompatibilité entre sa position d’élue et ses obligations professionnelles… Bien loin des convictions et du courage politique donc !

Un peu de réalisme 

Ne mélangeons pas tout pour autant. Nous avons évidemment bien compris que l’intervention radio de Mmes Carti et Ascent-Gibs n’était pas motivée par une volonté de dissension ; qu’en bonnes représentantes du peuple, investies du mandat qu’il leur a confié, leur intention était de défendre son intérêt, celui de “leurs” agents”, de “leurs” syndicats, de répondre à leur part d’électorat qui leur reprochait leur silence. Mais parfois le mieux est l’ennemi du bien…

Ainsi, lorsqu’à cette occasion, la VP 3 a affirmé que les Saint-Martinois ne pouvaient prétendre aux postes à responsabilité de la COM en raison d’un accès compliqué aux appels à candidatures, cela a quelque chose d’à la fois heurtant et quelque peu dénigrant même… Ces professionnels ou jeunes diplômés émérites ayant vocation à occuper le sommet de la pyramide administrative ignoreraient, selon Mme Carti, qu’il existe des sites dédiés et référencés par région et passeraient ainsi à côté des opportunités… Au-delà de cette vision un peu réductrice des candidats éventuels qui n’appartient qu’à l’élue, comment celle-ci peut-elle même défendre le fait que l’on confie les rênes de l’Administration à des personnes qui seraient, selon elle, incapables d’utiliser un moteur de recherche, des personnes qu’il faudrait donc aller chercher (au fond de leur canapé ?) car elles ne seraient pas à même de consulter les offres diffusées sur Internet dans la même mesure que toutes les dernières recrues donc…

Au risque de détonner quelque peu dans notre contexte de victimisation permanente, la vérité est que tout candidat à un poste à responsabilité au sein d’une administration publique et qui serait incapable d’effectuer lui-même ses recherches en ce sens n’a pas sa place au sein des services de la Collectivité qu’il s’agit désormais de tirer vers le haut ! Pour les autres, et pour Mme Carti, le Saint-Martin’s Week rappelle que toutes les offres, n’ayant pas été pourvues en interne, sont diffusées notamment sur les sites www.emploi-territorial.fr et https://place-emploi-public.gouv.fr et régulièrement relayées sur notre propre site www.stmartinweek.fr (Certes, certaines d’entre elles ne sont publiées que pour respecter l’obligatoire formalisme, mais c’est un autre débat…).

Et du respect !

En conséquence, sans ultimatum, sans barrages physiques, sans assignation au tribunal, nous demandons, par la présente, à nos responsables élus que cessent ces réactions et modes de pensée infantilisants. 

Que certains de nos élus n’aient pas atteint la maturité suffisante pour faire montre d’exemplarité d’une part et maîtriser le fonctionnement des institutions d’autre part n’autorise pas pour autant ces généralisations et portraits erronés. Nous avons certainement les élus que l’on mérite puisqu’ils ne sont pas arrivés à ces fonctions par l’opération du Saint Esprit, mais nos bulletins dans l’urne ne valaient certainement pas pour acceptation d’être tirés vers le bas et peints par nos représentants comme des incapables et/ou des incultes… 

Nous demandons, par la présente, à ce que cessent les insultes à notre intelligence, les affronts à notre potentiel, les atrophies de nos aptitudes, les outrages à notre discernement. 

Par la présente, sans ultimatum, sans barrages physiques, sans assignation au tribunal, mais à l’aune des prochaines échéances électorales qui approchent à grands pas, nous nous permettons de paraphraser Edouard Balladur afin de vous demander de vous arrêter !

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