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Cela fait plusieurs mois que le territoire vit au rythme de plusieurs mouvements sociaux sur fond de menaces  de blocages et de tensions communautaristes, avec des développements quasi-quotidiens, et en tous cas suffisamment fréquents pour en perdre son broken english… Petit point d’étape arrêté au 14 octobre.

Suspension de grève à la Collectivité

Vendredi 8 octobre, le président Gibbs et les représentants de l’intersyndicale UNI.T978 – UNSA Territoriaux signaient un protocole de suspension de conflit à l’aune de “la situation statutaire de la directrice générale des services qui nécessite un intérim alterné.” En clair, Mme Ayache est actuellement en arrêt maladie pour une durée présumée longue, ouvrant ainsi une subtile brèche dans laquelle les parties se sont opportunément engouffrées afin de mettre un terme à trois mois d’un conflit qui, tant dans le fond que dans la forme, dépassait parfois l’entendement…

Quoiqu’il en soit, la première des revendications syndicales (“départ urgent de la DGS) ainsi “évacuée”, les vingt neuf autres feront désormais l’objet de concertations, d’ores et déjà commencées, au travers de 6 groupes de travail dédiés.

Entre le marteau et l’enclume à l’hôpital

Deuxième foyer physique de tensions, l’hôpital LCF cristallise depuis plusieurs semaines l’opposition de la FSAS-CGTG à l’obligation vaccinale telle que prévue par la Loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire. Également porté par le collectif SXM Résistance à l’origine de deux mobilisations populaires afférentes, ce rejet de la vaccination obligatoire a fait l’objet de plusieurs réunions en préfecture dans le cadre de discussions autour de la mise en œuvre locale du pass sanitaire notamment.

Le sujet s’est également largement invité à la rencontre du 13 octobre entre le Préfet et le “Collectif des collectifs” (Union du Peuple – Travailleurs de Saint-Martin, Soualiga United, GrassRoot Movement, UNI.T978, famille Webster) initialement destinée à accueillir les remarques et propositions du Collectif vis-à-vis des dispositions du Protocole d’accord élaboré par la Préfecture et la Collectivité le mois dernier. Sujet unique imposé de cette rencontre, la mise en oeuvre de l’obligation vaccinale, à laquelle Saint-Martin ne pourra déroger, par la Direction de l’hôpital LCF devait faire l’objet d’une réunion interne le jeudi 14 octobre et d’une nouvelle rencontre avec le Préfet, la directrice de l’hôpital et les représentants de l’ARS le 21 octobre prochain.

Au bon vouloir du Collectif des Collectifs en Préfecture

Depuis le 13 septembre, jour de la remise officielle dudit protocole d’accord au Collectif, le Préfet Serge Gouteyron, a minima, est en attente de retours, ses membres s’étant engagés à en enrichir le contenu après avoir mené des consultations dans les quartiers. Une rencontre était donc organisée en ce sens en préfecture un mois plus tard, jour pour jour, mais comme indiqué plus haut, l’ordre du jour a été unilatéralement circonscrit aux problématiques hospitalières.

Nouveau rendez-vous était donc fixé au mercredi 20 octobre pour qu’enfin le Collectif mette fin au suspense et livre sa position quant aux solutions proposées par les services de l’Etat et ceux de la Collectivité le 9 septembre dernier.

Contre le rabotage des vacances à l’Education nationale 

Mercredi 13 octobre, ce sont les services de l’Education nationale qui recevaient la visite d’une dizaine de manifestants opposés à la modification du calendrier des vacances scolaires visant à rattraper la semaine de report de la rentrée scolaire. Cette modification concerne au premier chef les vacances de la Toussaint qui débuteront donc 7 jours plus tard qu’initialement prévu, soit le 27 octobre au lieu du 20, provoquant l’ire de l’UNSA et de la FSU, cette dernière ayant par ailleurs déposé un recours en référé tendant à l’annulation de la décision rectorale auprès du Tribunal administratif de  Basse-Terre.

Si le syndicat argue que cette modification du calendrier scolaire réduirait le temps de repos des enseignants et des élèves, temps “nécessaire pour la reconstruction mentale et physique de chacun” selon le syndicat, les services du rectorat rappellent, de leur côté, que le Code de l’Éducation prévoit que l’année scolaire soit composée de 36 semaines et précisent que la décision a été prise à l’issue de plusieurs réunions de concertation et un vote. La décision du Tribunal administratif est attendue ce vendredi 15. 

Pendant ce temps…

Même si pour chacun de ces mouvements, il resterait aisé de remettre en question la représentativité tant des têtes d’affiche que des sujets en dépit du temps que le Représentant de l’Etat consent à leur accorder, la gangrène semble prompte à se propager au sein de la société civile, bien au-delà des habituelles passes d’armes sur les réseaux sociaux.

Ainsi, tandis que les autorités et les corps organisés ou moins occupent le devant de la scène et s’échinent (ou pas…) à circonscrire chacun des feux qui s’allument, au détriment parfois des dossiers de fond et des projets structurants dont le territoire à tant besoin, le lambda a dû, cette semaine seulement, intégrer dans son “panel de gestion des risques” une fusillade en plein jour sur le Front de mer de Marigot ayant fait deux blessés légers et une autre dans un établissement de nuit de la partie hollandais totalisant, elle, 3 blessés.

En attendant donc que la santé mentale et l’insécurité deviennent à leur tour des sujets d’actualité…. 

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