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Si la partition se jouait jusqu’alors en sourdine, de manière pas suffisamment audible pour que le lambda en perçoive la cacophonie, le climat social et l’ouverture des réunions en préfecture aux autres élus du Conseil territorial auront vraisemblablement offert une opportune caisse de résonance aux fausses notes avec lesquelles le leader de la majorité doit composer au sein même de son groupe. Exemples (non exhaustifs).

Annick Pétrus, du haut de son perchoir

La vice-présidente en charge du social de l’éducation et de la formation professionnelle, avant d’être élue sénatrice par ses pairs en septembre 2020, a été détectée par le St Martin’s Week comme “météorite à trajectoire propre” au sein de la Team Gibbs dès 2018. Le Sénat conférant inévitablement une meilleure connaissance des mécaniques, réseaux et dispositifs nationaux, une certaine assurance dans l’expression et une supériorité protocolaire dans la représentation, Madame Pétrus ne s’embarrasse plus de pondérations partisanes à l’endroit de celui qui l’a recueillie après la défaite de la liste du MAP, sur laquelle elle figurait en 4ème position en 2012. 

Ainsi, au-delà du fait qu’elle mène désormais sa barque et sa communication à la première personne du singulier, la sénatrice a mis à profit tous ses temps de parole pour faire briller ses actions, menées d’abord en tant que vice-présidente, puis à Paris, de manière si individuelle et différenciée que le président Gibbs a dû intervenir à plusieurs reprises pour tenter de rectifier le tir et revendiquer la participation voire l’initiative de la COM, sous des haussements de sourcils et des moues dubitatives d’Annick Pétrus ; parce que oui, lorsque vous passez plusieurs heures à assister à ce type de spectacles, les attitudes et autres codes gestuels prennent aussi une importance certaine…

Sofia Carti, presque membre du Collectif ?

Madame Carti n’a aucune intention de finir le mandat dans l’ombre de celle qui l’a précédée au poste de vice-présidente et n’hésite pas à prendre la parole à chaque fois qu’elle le peut, non seulement pour faire l’inventaire de ses accomplissements et/ou interventions, mais aussi pour questionner et/ou incriminer le président.

“Je sais qu’il y a eu plusieurs réunions ici en préfecture au cours desquelles vous dites “en accord avec la Collectivité” mais savez comment moi je sais ça ? Parce que je le vois sur Facebook ou que je le lis dans les journaux. Parce que même si je suis vice-présidente en charge du social et que c’est un problème social, je n’ai jamais été invitée à une de ces réunions et je n’ai jamais eu un compte rendu de ces réunions non plus. Je passe régulièrement sur les barrages, on me pose des questions auxquelles je ne peux même pas répondre car je ne suis pas au courant” se plaignait par exemple Mme Carti auprès du Préfet, et devant des milliers de Facebook watchers, lundi après-midi ; une pierre lancée dans le jardin du manque de communication et de concertation internes de la Team Gibbs par l’élue en charge du social, résidente de Quartier d’Orléans, restée en marge des discussions “officielles” le matin sur le barrage… 

Les interventions de la VP jeudi étaient du même acabit et ont même passé un cap. Ainsi celle que les urnes ont porté au pouvoir pour gouverner et gérer les problèmes et qui disait lundi “ne pas déplorer les blocages” a, en outre jeudi, été jusqu’à demander à ce qu’une revendication supplémentaire, liée à la maîtrise de l’immigration, soit ajoutée à la liste déjà longue portée et enrichie par le collectif ! 

Valérie Damaseau, simple citoyenne…

C’est sur Facebook que Valérie Damaseau, dont tout le monde avait remarqué l’absence alors que les rackets organisés aux points de blocage de Quartier d’Orléans faisaient trembler les acteurs locaux du tourisme, apportera jeudi 11 son grain de sable (mexicain) à l’océan des manquements supposés qui se déversent sur le président Gibbs depuis le début des mouvements sociaux.

Ainsi pour la VP de la Team Gibbs, les tensions sociales du moment tiennent au “manque d’une base solide qui fixe des principes, une vision claire et une plateforme efficace qui fonctionne pour ce territoire.” Même si Valérie Damaseau précise en début de post, s’exprimer non pas en tant qu’élue mais uniquement en tant que citoyenne concernée et enfant de Quartier d’Orléans, une telle schizophrénie n’existe pas dans l’univers électoral. Lorsque l’on est élu, mandaté par le suffrage universel, on ne peut ainsi, à sa guise et selon les circonstances, enlever le costume dont l’électeur nous a vêtus. Et lorsque l’on est numéro 2 de la majorité au pouvoir, peut-on se permettre d’affirmer : “nous avons perdu notre place à la table et nous ne sommes plus la majorité dans la prise de décision, malheureusement nous sommes ceux qui courent derrière le rêve de vouloir exister” ? 

Face au spectacle que nous ont offert cette semaine les (ex) membres de l’exécutif local, à croire que le siège de vice-président fait immanquablement pousser d’opportunistes ailes à celles et ceux qui l’occupent, le Préfet Gouteyron martelait de son côté : “J’ai besoin d’une collectivité avec des élus apaisés”. Raté !…

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