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Mardi 30 novembre, la Barbade s’est affranchie de plus de trois siècles de sujétion à la couronne britannique pour devenir la plus jeune République du monde, 55 ans après son indépendance.

Aboutissement d’un processus en gestation depuis plus de deux décennies, ce divorce sans pertes ni fracas sera essentiellement symbolique pour la Barbade qui reste membre du Commonwealth mais verra disparaître les insignes de la Reine ainsi que le terme “royal” du nom de ses institutions. En effet, officiellement cheffe d’État, Elizabeth II n’interférait jamais dans la vie politique barbadienne et son titre était surtout honorifique. Même la passation de pouvoir est symbolique puisque la nouvelle et première Présidente de la République de Barbade, Sandra Mason, en était jusque-là Gouverneure générale.

C’est la Première ministre Mia Mottley, élue en 2018, qui a largement porté ce projet d’émancipation qui traduit surtout la volonté des nouvelles générations de faire table rase du passé colonial et qui a atteint son point culminant lorsque le Parlement de l’île a élu sa toute première présidente le mois dernier avec une majorité de deux tiers.

En 2005, la Barbade avait déjà abandonné le Conseil privé basé à Londres au profit de la Cour de justice des Caraïbes comme cour d’appel finale. Puis en 2008, elle avait proposé un référendum sur la question de devenir une république, mais il a été repoussé indéfiniment jusqu’à ce que l’année dernière, la Barbade annonce, en déboulonnant une statue du vice-amiral britannique Horatio Nelson du National Heroes Square, son intention de cesser d’être une monarchie constitutionnelle.

Ainsi plus qu’un réel changement de cap, la naissance de cette nouvelle république caribéenne matérialise surtout une forme de “décolonisation des esprits” sur ce territoire qui a servi de laboratoire à la première société esclavagiste britannique. Les questions de l’influence britannique et du racisme ont en effet été déterminantes dans la décision barbadienne de devenir une république, et pourraient bien faire des émules dans la région selon certains experts…

Vers la République auto-proclamée de Sandy Ground ?…

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