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Un constat d’une évidence indiscutable et qu’il convient de mettre en exergue, s’articule autour de la stratégie du président Gibbs qui cherche à reconquérir son électorat perdu en sombrant dans des basses manœuvres politiciennes et hypocrites. 

Dans une récente publication de ses services, il annonce sa volonté de faire appliquer le dispositif “Préférence locale à l’embauche” à travers l’inclusion de la clause d’insertion sociale et professionnelle dans ses marchés publics. Si la démarche est tout à fait louable, il y a lieu de s’interroger sur la période choisie. A trois mois des prochaines échéances électorales, qui peut croire en la sincérité de cette action ? 

Nous disons haut et fort que c’est de la démagogie pure. Nous savons que le président Gibbs a siégé au parlement où il avait l’opportunité d’introduire une proposition de loi, demandant l’application de ce dispositif sur le territoire en vertu des dispositions de l’article 74 de la Constitution française, malheureusement il n’a même pas jugé utile d’étudier la question. La même opportunité s’est offerte au cours de sa mandature et, là encore aucune mesure particulière envisagée en faveur des sans-emploi. 

Maintenant qu’il y a la pression de la rue, et surtout à l’approche des élections territoriales, le décideur politique de l’île estime qu’il faut dans la précipitation instaurer cette mesure dans ses marchés publics, conformément à la réglementation en vigueur. L’hypocrisie de l’exécutif s’explique par le fait qu’à plusieurs reprises et ça depuis 2018, nous l’avions, en réunion du conseil territorial, alerté sur l’urgente nécessité d’introduire une clause sociale dans ses marchés publics, sachant que le dispositif est en vigueur dès 2001 sur le plan national. 

Force est de constater que nous n’avons pas été, ni écoutés ni entendus. Malgré le fait que différents rapports de l’INSEE et de l’IEDOM mettaient en exergue un fort taux de chômage sur le territoire  de  Saint Martin, il n’a pas estimé qu’il est important et nécessaire d’envisager et de considérer sérieusement une telle mesure afin de tendre la main à une frange de la jeunesse dans la misère (éloignée de l’emploi de longue date) et en rupture avec le système établi. Le constat est simple à établir, le triste sort de cette jeunesse n’a jamais été la préoccupation du président.

Depuis la révolte sociale de décembre 2019, tout le monde savait que nos jeunes étaient en souffrance, mais au lieu d’apporter des réponses à leurs difficultés, les pouvoirs publics ont délibérément occulté la réalité sociale, et ont appliqué la politique de l’autruche. Les agissements sociaux de la rue en novembre 2021 n’ont fait que confirmer une évidence. C’est l’expression d’une colère non maîtrisée. Bien entendu nous  condamnons les exactions commises par certains qui avaient un agenda différent de celles et ceux qui ont privilégié le dialogue social avec les décideurs et aussi ont eu le courage de présenter une plateforme de revendications. 

La question de l’inadaptation de l’enseignement scolaire à Saint Martin, la formation de la jeunesse sans qualification, la désespérance sociale dans les différents quartiers du territoire, le taux record du chômage, le coût exorbitant du m2 du foncier sur les cinquante pas géométriques, l’absence de contrôle des prix etc.. figurent sur la liste des points à régler. Qui peut raisonnablement s’opposer à cette liste de doléances ? Quelle que soit l’équipe en place demain, nous admettons que tous ces sujets mériteront d’être traités avec sérieux et le sens de la responsabilité.      

Face à la conjoncture actuelle, il y a eu de relever des démarches intéressantes au travers du dialogue social et qui attirent notre attention. L’Etat a pris des engagements financiers, vis-à-vis des quartiers réputés sensibles. Oui, nous approuvons la construction d’un centre socio-administratif et l’installation d’un centre postal à Quartier d’Orléans. La rénovation des infrastructures sportives figurent aussi parmi nos priorités. La médiation sociale dans les quartiers doit se faire de manière permanente. Il est urgent de recruter et de former des jeunes au métier de médiateur de rue. La vie associative doit être structurée et mieux accompagnée financièrement, elle est source de recrutement de jeunes. Un plan de logement et d’habitat (P.L.H.) doit être envisagé très sérieusement, si nous voulons faire progresser les conditions de vie de notre population. La signature de la convention de l’enseignement, prévue dans la loi organique doit être rédigée, en tenant  compte de la réalité socio-linguistique, dans le but de favoriser un meilleur taux de réussite scolaire.

Voilà quelques mesures non exhaustives qui s’imposent afin de répondre aux attentes de la population et dépourvues de toutes formes d’hypocrisie.

R. S.M. Rassemblement saint martinois

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