Temps de lecture estimé : 4 minutes

Lors du Conseil des ministres du 5 janvier, le Premier ministre a présenté un décret déclarant l’état d’urgence sanitaire en Guadeloupe, à Saint-Martin, à Saint-Barthélemy, en Guyane et à Mayotte qui rejoignent ainsi La Réunion et la Martinique placées en cet état depuis le 27 décembre dernier ; alors que ce dispositif d’exception n’est plus applicable dans l’Hexagone depuis le mois de juin 2021.

“Une catastrophe sanitaire”

Ce sont des taux d’incidence exponentiels, la faiblesse de la couverture vaccinale et une pression hospitalière en forte hausse qui justifient la décision du Gouvernement.

Ainsi, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, le taux d’incidence est respectivement de 2 643 cas pour 100 000 habitants et de 4 498 cas pour 100 000 habitants, en hausse de 720% et 117% sur 7 jours glissants alors que nos territoires affichent des taux de vaccination, d’au moins une dose, de 42% à Saint-Martin et 71% à Saint-Barth.

En ce qui concerne les capacités hospitalières, Jean Castex annonçait un taux d’occupation des lits en réanimation proche des 80% en Guadeloupe, base arrière des îles du Nord, “alors même que la situation dans l’hexagone limite significativement les capacités d’envoi de renforts ou l’organisation d’évacuations sanitaires”.

Tous ces éléments font dire au premier de nos ministres que “la vague épidémique actuelle de covid-19 constitue une catastrophe sanitaire mettant en péril, par sa nature et sa gravité, la santé de la population, justifiant que l’état d’urgence sanitaire y soit déclaré”.

Que permet l’état d’urgence sanitaire ?

Instauré par la loi d’urgence du 23 mars 2020, l’état d’urgence sanitaire est une disposition introduite dans le Code de la santé publique permettant au Gouvernement de prendre des mesures pour notamment :

  • Réglementer ou interdire la circulation des personnes et des véhicules ;
  • Interdire aux personnes de sortir de leur domicile ;
  • La mise en quarantaine de personnes susceptibles d’être affectées (après un séjour dans une zone de circulation de l’infection, par exemple) ;
  • La fermeture provisoire, les conditions d’accès et de présence, d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public ainsi que des lieux de réunion ;
  • Limiter ou interdire les rassemblements sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public ainsi que les réunions de toute nature ;
  • Ordonner la réquisition de toute personne et de tous biens et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire
  • En tant que de besoin, prendre toute autre mesure réglementaire limitant la liberté d’entreprendre.

Si le Code de la santé publique prévoit que ces mesures soient prises par décret du Premier ministre, leur mise en œuvre territorialisée relève de la responsabilité des représentants de l’Etat, en outre garants de leur bonne proportionnalité. 

Concrètement…

C’est donc dans ce cadre, et au regard de la dégradation de notre situation locale, que le Préfet Serge Gouteyron a décidé, sans surprise et en concertation avec la Première ministre de Sint Maarten, de (re)mettre en place quelques mesures restrictives annoncées lors d’une conférence de presse ce jeudi 6. Ainsi, à compter de ce vendredi 7 et jusqu’au 24 janvier :

  • est instauré un couvre-feu entre minuit et 5h00 ;
  • les jauges au bon vouloir des exploitants d’établissements recevant du public sont supprimées au profit du passe sanitaire obligatoire pour toutes les personnes majeures ;
  • le port du masque est de nouveau obligatoire ;
  • les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits dans l’espace public et les tablées limitées à 6 dans les restaurants et bars, dans le respect de règles de distanciation (1m entre chaque chaise et 2m entre chaque groupe de tables),
  • tous les espaces de danse sont fermés
  • et enfin, last but not least, la vente d’alcool à emporter et la consommation d’alcool dans l’espace public sont interdites de 18h00 à 6h00 sur l’ensemble du territoire.

Comme à l’accoutumée, ces mesures constituent un premier palier visant à freiner la circulation du virus et pourront être complétées, à court ou moyen terme, par d’autres dispositions jugées utiles et/ou en harmonisation avec la partie hollandaise. Serge Gouteyron prévient ainsi qu’il s’alignerait sans hésiter sur un relèvement du couvre-feu à 23h00 si celui-ci était mis en place par la partie hollandaise, tout en en appelant à la responsabilité de chacun.

“La situation n’est pas gravissime, mais elle est préoccupante ; c’est toute l’île qui est un cluster. Tout le monde, à sa place, doit être exemplaire ; il en va de l’activité et de la vie sociale de l’île !” conluait ainsi le Représentant de l’Etat.

Nous, en guise de conclusion, nous retiendrons comme bonne nouvelle de ce début d’année, le retour d’un dialogue concerté et efficient entre les autorités des deux parties de l’île. Bientôt la coopération ?

Commenter avec Facebook

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.