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Alors que l’Outre-mer s’embrase tous azimuts depuis quelques mois, cristallisant en même temps un certain nombre de préjugés et stigmatisations de toutes parts, le magazine Le Point organisait le 25 janvier une journée de conférences et débats dédiés au rôle des Outre-mer, “Les Outre-mer aux avant-postes”.

Au cours de cette journée ouverte par Sébastien Lecornu, ministre des Outre-Mer, élus, responsables politiques, professeurs, climatologues, accompagnés de la rédaction du Point ont pu échanger sur plusieurs thématiques – climatique, politique, social, puissance économique et maritime – ramenées à l’échelle ultramarine.

Toutes les conférences sont disponibles sur le site Internet et les réseaux sociaux du magazine qui a choisi d’introduire son événement en ces termes :  “L’Hexagone n’en est pas un… Aux quatre coins du globe, d’importants confettis territoriaux décuplent la puissance française et la capacité du pays à influer sur le cours du monde !” 

Ah! Douce mélodie qui résonne immanquablement à nos oreilles insulaires trop souvent échauffées par d’incalculables lieux communs, approximations et contre-vérités qui abreuvent des foules acrimonieuses et parfois même des individus réputés cultivés, ou au moins informés.

Pour tous ceux-là, et pour ceux qui fondent leurs réflexions et théories sur la conviction que “les ultramarins seraient d’incorrigibles assistés, ingrats, vivant aux crochets de la mère patrie”, nous saisissons la main tendue par Le Point pour rappeler ou rétablir quelques vérités, avec l’espoir qu’elles sauront nourrir un autre terreau, plus constructif, moins stigmatisant. 

Zone économique exclusive

La zone économique exclusive représente 11 millions de km2, qui la placent au deuxième rang mondial immédiatement derrière les États-Unis et juste devant l’Australie. En termes d’économie bleue, le potentiel est de fait énorme et les enjeux conséquents : transports maritimes, activités portuaires, pêche, aquaculture, croisière et tourisme nautique… 

Selon une étude réalisée pour la Fondation de la mer, l’économie maritime française représentait, en 2017, 820 000 emplois, 270 Mds €uros et environ 14% du PIB national, soit trois fois plus que le secteur automobile et six fois le secteur aéronautique, largement portés par les territoires ultramarins qui sont à l’origine de 97 % de ces espaces marins. 

Biodiversité

Si en préambule de son Plan Biodiversité, la France s’enorgueillit d’une diversité d’écosystèmes abritant 10% des 1.8 millions d’espèces connues sur la planète, Valérie Verdier, présidente-directrice générale de l’Institut de recherche pour le développement, rappelait à l’occasion de cette journée de débats que “À eux tout seuls, les territoires d’Outre-mer ont plus de biodiversité que l’Europe continentale, autant sur les vertébrés que sur les plantes”. 

Energie renouvelable

“La seule centrale géothermique, qui fonctionne en France, est en Guadeloupe, nous avons des centrales biomasses en Guyane à La Réunion, du photovoltaïque dans la plupart des géographies, avec de grosses capacités de stockages à venir en Guyane et des expérimentations de stockage sous forme d’hydrogène à La Réunion”, souligne Marie-Anne Poussin-Delmas, présidente de l’IEDOM et directrice générale de l’IEOM. 

Lorsque l’on sait que ces énergies renouvelables représentent 19.1% de la consommation finale brute d’énergie en France avec un objectif de progression fixé à 33% pour 2030, on comprend que les territoires ultramarins ont ici un véritable rôle à jouer.

Zones stratégiques

Les territoires ultramarins confèrent à la France une présence dans trois zones stratégiques du globe : Pacifique, Amériques, Océan Indien. Le Point s’est, à cet égard, penché en particulier sur la zone indo-pacifique qui permettrait à la France d’accroître son influence et son rayon d’action dans la région, en particulier à l’aune du conflit sous-jacent entre la Chine et les États-Unis, en s’appuyant notamment sur Mayotte, La Réunion, la Polynésie française, ou encore la Nouvelle-Calédonie.

Ce ne sont là que quelques illustrations des sujets développés par les invités du Point, qui lui ont permis de conclure son évènement sur le constat que “OUI! les Outre-mer sont des pépites !” Pépites qui mériteraient sans doute d’être mieux valorisées dans les manuels scolaires et autres cursus de formation, afin de mieux éclairer les futures générations et enrayer certains modes de pensées et discours établis qui datent d’un autre temps…

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