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Triste souvenir que celui de ce squale et de ses 2 attaques successives, dans nos eaux saint-martinoises en Décembre 2020 et à Saint-Kitts Février 2022…

On se souvient qu’après avoir fait une première victime à la Baie Orientale, l’animal avait récidivé quelques jours plus tard à St Kitts & Nevis, blessant très sérieusement une nageuse. A cette époque tout laissait à croire que c’était en effet le même requin tigre qui était à l’origine de ces 2 accidents dramatiques ; maintenant on en est quasiment sûr. 

En effet, à l’occasion du point presse mensuel de Serge Gouteyron en Préfecture, le docteur Eric Clua est intervenu sur les investigations qui ont été menées à ce sujet : des prélèvements ADN ont pu être effectués sur les 2 victimes et après de longues analyses, les résultats sont sans appel et confirment à 95% de chances qu’il s’agit bien du même animal.  

Une squalophobie souvent injustifiée 

Dans un exposé passionné et passionnant, ce spécialiste des requins, directeur d’études à l’EPHE, révèle que depuis un peu plus d’un an, des recherches approfondies ont été diligentées pour tenter d’élucider le mystère qui a fait les gros titres de l’actualité caribéenne durant la période des fêtes 2020/2021, semant la terreur sur nos plages en pleine saison touristique.

Tous les spécialistes sont d’accord sur le fait que contrairement aux croyances populaires, les requins attaquent rarement les hommes, mais lorsqu’ils le font, les vieilles rengaines à propos de l’animal assoiffé de sang humain réapparaissent rapidement. 

Les 3 grandes catégories de requins dits “dangereux” sont le requin blanc qui reste au large la plupart du temps et ne s’approche des côtes que 2 mois par an, le requin bouledogue (très présent à la Réunion) qui fait tout le contraire en restant pratiquement toute l’année près des rivages et ne se promène en eaux profondes que pendant une soixantaine de jours, et enfin le requin tigre qui partage son temps à 50/50 entre le grand bleu et les abords des côtes, et c’est à cette troisième catégorie qu’appartient le spécimen qui a tant fait parler de lui, il y un an. 

Gérer le risque et faire de la prévention 

Toutefois, celui-ci est hors-normes car son comportement est “anormal” et il a apparemment pris la sale habitude d’attaquer des humains alors que par définition, ils ne font pas partie de ses proies préférées. Si certains requins peuvent parcourir des milliers de kilomètres en mer, ils ont toutefois tendance à toujours emprunter plus ou moins le même chemin, il n’est donc pas exclu que ceux-ci reviennent un jour traîner dans les parages. Pas de panique, il ne passe heureusement pas son temps à traquer les baigneurs et il se pourrait même qu’il soit capturé avant son retour grâce au programme “One Shark” mis en place sur toute la zone de la mer des Caraïbes et qui consiste à identifier le maximum d’individus. 

Ainsi répertoriés grâce à leur nageoire dorsale, véritable QR code propre à chaque individu, il sera ensuite plus facile de contrôler leurs allers et venues, mais cela ne sera efficace que si chacun y met du sien. Tous les professionnels de la mer sont appelés à participer à l’opération : à commencer par les pêcheurs qui prennent régulièrement des requins tigres dans leurs filets. Les plongeurs seront aussi mis à contribution en prenant des photos, très utiles pour l’identification de ces prédateurs. 

Ne pas céder à la panique

Surtout pas, il faut se souvenir que l’événement apparaît à un moment où les activités nautiques et la fréquentation des plages avaient largement baissé du fait de la crise sanitaire. La nature ayant horreur du vide, la faune marine s’était donc réappropriée les lieux. Le retour de l’activité est une réalité et cela n’offre pas des conditions favorables pour que le requin se sente confortable.

Ce programme de filtrage n’a surtout pas pour mission d’éliminer les requins, bien au contraire car ils sont protégés, mais en revanche si celui qui nous a causé tant de soucis est attrapé un jour, il ne survivra pas à sa capture. 

Avant de conclure, le docteur Eric Clua a prodigué quelques conseils de base aux nageurs : ne jamais se baigner seul car le requin est plus facilement effrayé par plusieurs personnes ; lorsque l’on en aperçoit un, il ne faut jamais le perdre des yeux pour le localiser le temps qu’il passe son chemin ; et surtout ne pas paniquer car comme tous les animaux, il ressent la peur et attaque alors pour se défendre.

Pour toute information rassurante et complémentaire, il est fortement recommandé de visiter le site dédié : https://www.ericclua.com

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