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La Réserve naturelle recueille vos observations sur les singes verts, afin d’étoffer la connaissance sur ces populations et pouvoir, le cas échéant, élaborer une stratégie de gestion de cette espèce. 

Le singe vert, ou Callitriche, est un primate de taille moyenne introduit dans les Petites Antilles à l’époque coloniale. Bien présent dans les mornes de l’île, il n’a pourtant encore jamais fait l’objet d’une étude permettant de quantifier la population et de mesurer son impact. En 2013, un rapport sur la biodiversité de la DEAL proposait un diagnostic des invasions biologiques aux Antilles française. Et parmi les espèces exotiques envahissantes, la DEAL cite le singe vert à Saint-Martin, dont l’échelle d’invasivité est estimée « moyenne » : cela signifie que son impact écologique serait moindre par exemple, que le poisson lion ou l’iguane vert. Mais plus important que la petite mangouste ou le raton laveur. En l’absence de données précises, la Réserve naturelle entend donc faire participer la population dans la collecte d’informations visant à en savoir un peu plus sur ce primate avec qui nous cohabitons. « La Réserve a été contactée par une personne mandatée par le gouvernement de Sint Maarten pour débuter des travaux sur les singes verts » précise Julien Chalifour. Sollicité pour échanger des données, la Réserve se trouve donc face à un vide d’informations qu’elle entend combler afin de pouvoir à son tour faire avancer la connaissance et éventuellement déployer une stratégie de gestion. Et la population est chaleureusement invitée à faire partager ses observations : c’est ce que l’on nomme la science participative. « Nous sommes intéressés par toute rencontre avec des individus en groupe ou solitaires, dont vous voudrez bien nous préciser la localisation, la date d’observation, le nombre d’individus, éventuellement le type d’activité et s’il y a eu incident (agression d’animaux ou de personne(s) ou dégradation de biens) » précise la Réserve naturelle, qui demande également de préciser si la rencontre avec l’animal laisse «une image positive ou négative et pourquoi».

Évaluer l’impact des populations

Sur le plan national, le Callitriche a été évalué comme étant potentiellement source d’impacts négatifs. Les conséquences de la prolifération du primate ont également été relevées à Saint-Kitts, où ces singes sont très nombreux. L’animal peut en effet s’alimenter en pillant récoltes et jardins, et dans certains cas votre garde-manger. Si les impacts économiques, pour l’agriculture, restent potentiellement limités à Saint-Martin compte tenu du développement limité de cette activité, le singe vert peut en revanche véhiculer des maladies impactant directement la faune locale, voire l’homme. « Ce primate pourrait être un réservoir potentiel de chikungunya » avance prudemment Julien Chalifour, non sans rappeler que « pour l’heure, en l’absence d’études, il est encore impossible d’estimer les conséquences réelles de la prolifération des singes ». Dans un premier temps, la Réserve naturelle va donc se contenter de recueillir les observations de la population pour tenter de quantifier les individus et leurs zones de prédilection, tout en réalisant une synthèse bibliographique sur l’état des connaissances concernant le singe vert dans la Caraïbe.
Partagez vos observations de singes verts avec la Réserve naturelle en écrivant à science@rnsm.org
 ou sur Facebook : Réserve Naturelle Nationale de Saint-Martin.


Point de chasse au singe

Pour rassurer les personnes qui se sont inquiétées d’une possible extermination du singe vert, la Réserve naturelle temporise : « on en est pas là ! ». Si les études amenaient à démontrer que la prolifération du primate est nuisible pour l’environnement, l’économie ou les humains, « il existe bien d’autres moyens de réguler une population » explique Julien Chalifour. En l’état des observations, le singe vert jouirait d’un capital sympathie. Interrogés sur la perception qu’ils ont du primate, les quelques témoins qui se sont déjà manifestés auraient assuré être « contents » de les voir.


Un primate originaire d’Afrique

Un rapport datée de 2010 et réalisé par Pauline Malterre (Réserve naturelle) et Olivier Lorvelec (INRA) donnait déjà quelques précisions sur cet animal observé à Saint-Martin. Omnivore et opportuniste, son poids varie de 4 à 8 kg. Il occuperait divers habitats et tirerait profit d’une grande variété d’aliments. Le rapport des scientifiques précise également que, selon certaines sources, les individus introduits à Saint-Martin provenaient soit de Saint-Christophe, soit du zoo de Sint-Maarten. Les observations concluaient alors que l’espèce a déjà constitué des groupes bien établis sur plusieurs mornes boisés de l’île et que son effectif total atteindrait probablement plusieurs centaines d’individus. Dans d’autres régions du monde, le singe vert est connu pour être le réservoir de diverses maladies comme la rage, la varicelle, l’hépatite E, mais aussi le Chikungunya, le virus-B (Herpesvirus simiae) et le VIH-Sida.
 A noter qu’il est donc fortement conseillé d’éviter tout contact direct avec ces animaux sauvages et donc, imprévisibles.

 

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1 comment

  1. Un singe vert imposant passe quotidiennement de jardin en jardin à oyster pond depuis 4 mois. Inquiétude grandissante. Signalement à la réserve et à la gendarmerie. Aucune action. Je vis portes et fenetres fermées depuis. La prolifération est en route et bientôt il sera trop tard faute à des prises de décisions tardives de nos autorités.

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