Cyclisme en Guadeloupe : de coureur à conseiller technique fédéral, le parcours inspirant de Gilles Suares
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Cyclisme en Guadeloupe : de coureur à conseiller technique fédéral, le parcours inspirant de Gilles Suares

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Dans l’archipel guadeloupéen, certains visages du sport tracent un chemin qui inspire toute une génération. Le parcours de Gilles Suares fait partie de ceux qui montrent qu’une passion peut devenir un véritable moteur de transformation. Derrière son engagement, il y a une ambition claire : permettre au cyclisme guadeloupéen de franchir un cap décisif. Mais comment un ancien coureur parvient-il aujourd’hui à influencer l’avenir de toute une discipline ?

Un territoire passionné, mais confronté à des défis structurants

La Guadeloupe possède une culture cycliste profondément ancrée. Le Tour international cycliste de la Guadeloupe reste la locomotive de la discipline, suivi par des milliers de passionnés. Pourtant, cette ferveur ne suffit pas toujours à structurer un développement équilibré entre les pratiques.

Les jeunes disposent de moins de courses dédiées, un fait régulièrement souligné par les acteurs locaux. Les femmes et les écoles de cyclisme restent aussi des catégories trop peu représentées. Le territoire privilégie largement la route, au détriment d’autres disciplines pourtant porteuses, comme la piste, le BMX ou le VTT. Ce déséquilibre limite les opportunités pour de nombreux pratiquants et freine l’émergence de profils variés.

Dans ce contexte, la nomination en septembre dernier de Gilles Suares au poste de conseiller technique fédéral du Comité régional cycliste des îles de Guadeloupe (CRCIG) apparaît comme un tournant. Il hérite d’une mission centrale : adapter la politique sportive nationale aux spécificités insulaires, en tenant compte du relief, des infrastructures existantes, mais aussi des besoins des clubs.

Cette réalité impose une réflexion de fond, et c’est précisément là que son parcours personnel prend tout son sens.

Le tournant décisif : de coureur à conseiller technique fédéral

Gilles Suares est d’abord un amoureux du vélo, sous toutes ses formes. Son passé de coureur cycliste l’a conduit jusqu’à une participation au Tour de Panama en 2019 avec la sélection de Guadeloupe. Cette expérience internationale lui a donné une compréhension fine des exigences de la performance.

Après sa carrière de coureur, il a suivi un cursus STAPS à l’Université, une voie qui lui a permis d’acquérir les fondamentaux scientifiques liés à l’entraînement et au développement athlétique. Il a ensuite occupé un rôle de conseiller technique sportif à la direction technique nationale de la Fédération française de cyclisme (FFC). Cette immersion au cœur des orientations nationales lui permet aujourd’hui d’avoir une vision globale et stratégique.

Sa mission actuelle au CRCIG s’inscrit donc dans une continuité logique. Il explique qu’un conseiller technique fédéral est avant tout un cadre chargé d’apporter des éléments techniques pour dynamiser la politique sportive du territoire. Cela implique d’ajuster les objectifs nationaux aux réalités locales, où les contraintes et les opportunités ne sont pas les mêmes que dans l’Hexagone.

Son ambition, qu’il exprime sans détour, est de contribuer personnellement à l’évolution du cyclisme guadeloupéen. Mais encore faut-il traduire cette ambition en actions concrètes.

Des actions ciblées pour redynamiser le cyclisme en Guadeloupe

Pour accompagner clubs et pratiquants, Gilles Suares a initié plusieurs démarches opérationnelles. Parmi elles, le « Tour des clubs » occupe une place importante. Il s’agit d’un projet d’accompagnement direct des structures locales sur leurs séances d’entraînement et leurs compétitions. Il observe, conseille, ajuste et propose des axes d’amélioration adaptés à chaque contexte.

Son rôle est également de travailler avec les commissions déjà actives au sein du CRCIG. Il insiste sur le fait qu’il n’agit jamais seul : bénévoles, dirigeants et encadrants constituent l’ossature du cyclisme local. Lui se positionne comme un coéquipier, parfois dans les bureaux pour rédiger des dossiers ou échanger avec l’instance fédérale, parfois sur le terrain pour observer et analyser.

L’un de ses objectifs prioritaires concerne l’accès des jeunes à toutes les disciplines. Aujourd’hui, les enfants sont majoritairement orientés vers la route, alors que les grands champions émergent souvent de la piste ou du BMX. Le VTT représente lui aussi une mine de potentiel encore sous-exploitée. Pour lui, il est essentiel de rappeler que le cyclisme est interdisciplinaire et que cette diversité technique doit être valorisée.

Pour renforcer cette approche, il s’appuie sur des outils clés, comme le vélodrome Amédée-Detraux de Gourdeliane, à Baie-Mahault. L’infrastructure est sécurisée, parfaitement adaptée à l’apprentissage des fondamentaux, et peut accueillir des stages d’envergure. Lors du passage récent de Grégory Bauger, une quarantaine de jeunes ont pu bénéficier d’un stage interrégional. Ce type de rendez-vous est essentiel pour montrer concrètement l’intérêt des infrastructures locales.

Ces actions démontrent que la modernisation du cyclisme guadeloupéen passe autant par la formation que par la valorisation des outils existants. Mais leur mise en œuvre nécessite une organisation précise.

Comment structurer concrètement le développement ? Une feuille de route pragmatique

Pour accompagner durablement la discipline, Gilles Suares s’appuie sur plusieurs axes opérationnels. Ils visent à structurer la pratique du jeune cycliste jusqu’au compétiteur confirmé.

Les piliers d’un développement efficace

  • Encadrer les jeunes : identification des talents, organisation de stages, participation aux compétitions locales.
  • Diversifier les pratiques : promotion de la piste, du BMX et du VTT pour compléter la route.
  • Moderniser les méthodes : structuration des entraînements selon les principes sportifs étudiés en STAPS.
  • Accompagner les clubs : diagnostic personnalisé grâce au « Tour des clubs ».
  • Renforcer les partenariats : collaboration avec établissements scolaires et structures de loisirs.

Un exemple d’action structurée

Prenons le cas d’une séance type au vélodrome Amédée-Detraux, pour jeunes cyclistes. Elle suit une organisation simple mais efficace :

  1. Accueil des participants et rappel des consignes de sécurité.
  2. Échauffement progressif, avec 10 à 15 minutes de roulage léger.
  3. Ateliers techniques : prise de vitesse, trajectoires, travail en relais.
  4. Exercices de puissance sur des sprints courts pour développer l’explosivité.
  5. Retour au calme et étirements guidés.

Cette méthode offre un cadre clair, sécurisé et formateur. Elle constitue une base que les clubs peuvent adapter selon leurs besoins. Mais elle montre surtout que le développement repose sur des outils concrets et reproductibles.

Variantes, opportunités et perspectives pour la discipline

Le cyclisme guadeloupéen bénéficie d’un terrain riche et diversifié, propice au développement de nombreuses pratiques. Dans les montagnes de Basse-Terre, les reliefs se prêtent parfaitement au VTT. Les zones urbaines peuvent accueillir des pistes de BMX ou des ateliers de maniabilité pour jeunes débutants. Les routes vallonnées permettent d’entraîner des profils d’endurance variés.

La diversification ouvre aussi des portes pour les femmes, une catégorie jusqu’ici moins visible. Avec des formats adaptés, des créneaux d’entraînement réservés ou des stages dédiés, la féminisation de la discipline peut connaître un réel essor.

De même, l’implication croissante d’experts de passage, comme Grégory Bauger lors du stage interrégional, montre que la Guadeloupe peut devenir un pôle attractif pour les formations. Ces rencontres valorisent les infrastructures locales et montrent aux jeunes l’étendue des possibilités offertes par leur vélo.

En reliant tous ces éléments, le territoire peut prétendre à une progression harmonieuse. Reste maintenant à éviter certains pièges courants.

Les erreurs fréquentes qui freinent le développement

L’une des erreurs majeures consiste à se focaliser uniquement sur la route, ce qui empêche l’exploration d’autres disciplines pourtant très formatrices. Une autre difficulté réside dans le manque de coordination entre clubs, bénévoles et cadres techniques, alors que cette synergie est essentielle.

Il serait aussi dommage de sous-estimer le rôle des infrastructures existantes. Le vélodrome, par exemple, offre un espace sécurisé que les jeunes peuvent investir davantage. Enfin, ne pas impliquer les établissements scolaires prive la discipline d’un vivier important.

Corriger ces erreurs, c’est ouvrir la voie à un cyclisme plus complet et plus accessible.

Le parcours de Gilles Suares montre qu’un engagement personnel peut faire bouger les lignes. À travers ses actions, il trace les contours d’un cyclisme guadeloupéen plus ouvert, plus structuré et plus ambitieux. Il appartient désormais aux clubs, aux jeunes et aux passionnés de s’emparer de cette dynamique pour continuer à faire rayonner ce sport sur l’ensemble de l’archipel.

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Written by
Amandine

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