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Morne-Rouge : neuf élus de la majorité claquent la porte et plongent le conseil municipal dans la crise

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Au Morne-Rouge, la rupture n’est plus une simple tension interne. En quelques mois, l’équipe qui avait porté une nouvelle maire à la victoire électorale s’est profondément divisée.

Les élus partants dénoncent un fonctionnement qu’ils jugent opaque et solitaire. Leur décision ouvre une séquence délicate pour une commune dont le conseil municipal doit désormais constater ces départs.

Une crise devenue officielle après plusieurs semaines de tensions

La crise municipale au Morne-Rouge franchit un cap. Neuf élus de la majorité ont présenté leur démission au sein d’un conseil municipal qui compte 28 membres.

Les premières alertes avaient émergé le 27 juillet. Un mois plus tard, les désaccords ont débouché sur une rupture ouverte avec la maire, Andréa Mauzole, élue en mars 2026.

Parmi les démissionnaires figurent Karyne Alexandre Sabin, troisième adjointe, et Dana-Elle Georges, cinquième adjointe. Ces départs concernent donc des membres importants de l’exécutif municipal, et non de simples élus de second plan.

Selon Karyne Alexandre Sabin, la majorité avait largement participé à la victoire électorale de la maire. L’ancienne adjointe explique que les élus avaient accordé leur confiance à Andréa Mauzole au moment de la campagne, avant de constater une dégradation rapide des relations après l’installation de la nouvelle équipe.

Le reproche central porte sur la gouvernance. Les neuf élus estiment que les décisions importantes concernant la commune seraient prises sans réelle concertation avec la majorité municipale. Ils demandent désormais à être reçus rapidement par le préfet.

Cette démarche place l’avenir du conseil municipal au centre des interrogations. Mais les griefs formulés par les démissionnaires vont aussi bien au-delà du seul fonctionnement des séances municipales.

Les élus démissionnaires accusent la maire de diriger seule

Les élus partants reprochent à Andréa Mauzole une méthode de travail jugée trop isolée. Karyne Alexandre Sabin affirme que la maire ne travaillerait ni avec les membres de son équipe élue, ni avec plusieurs agents des services municipaux.

L’ancienne troisième adjointe évoque également des relations compliquées avec la direction générale des services. Elle assure que certains agents auraient été mis à l’écart depuis l’investiture de la maire.

Selon elle, le climat interne serait devenu préoccupant dans les services de la commune. Karyne Alexandre Sabin affirme que, sur les 122 agents municipaux, environ une centaine n’auraient pas été rencontrés par la maire depuis sa prise de fonctions.

Elle évoque des situations de burn-out et de dépression longue durée parmi les agents. Elle affirme aussi que certains élus de la majorité seraient eux-mêmes touchés par ce mal-être. Ces accusations sont formulées par l’ancienne adjointe et n’ont pas été étayées publiquement par des documents dans les éléments disponibles.

Karyne Alexandre Sabin met aussi en cause la façon dont la maire préparerait ses dossiers. Elle lui reproche notamment de s’isoler dans son bureau et d’utiliser ChatGPT, l’outil d’intelligence artificielle générative, en estimant que cette pratique ne remplacerait ni le travail collectif ni l’expertise des services municipaux.

Elle considère enfin que la maire accepterait difficilement la contradiction et les conseils de son entourage. C’est précisément cette absence de dialogue, selon les démissionnaires, qui aurait rendu la poursuite de leur mandat impossible.

Neuf démissions sur 28 membres : ce qui fragilise la majorité du Morne-Rouge

Neuf départs représentent près d’un tiers des 28 membres du conseil municipal du Morne-Rouge. Même si les élus démissionnaires ne constituent pas à eux seuls l’ensemble de l’assemblée, leur retrait affaiblit fortement la majorité qui gouverne la commune depuis mars.

Les démissions devront être actées dans le cadre d’un conseil municipal, selon les informations communiquées par Karyne Alexandre Sabin. Cette étape rendra officielle la nouvelle situation politique de l’assemblée locale.

L’ancienne adjointe indique que les lettres de démission ont été reçues par le préfet le lundi 24 août 2026. La maire aurait été informée le mardi 25 août au matin.

Les élus partants ne demandent pas seulement la prise en compte de leur démission. Ils souhaitent une audience urgente avec le préfet afin de lui exposer ce qu’ils décrivent comme une situation délicate pour la commune du Morne-Rouge.

ÉlémentInformations communiquées
Commune concernéeLe Morne-Rouge, en Martinique
Conseil municipal28 membres
Démissions annoncées9 élus de la majorité
Élues citées parmi les partantsKaryne Alexandre Sabin et Dana-Elle Georges
Élection de la maireMars 2026
Lettres reçues par le préfet selon l’ancienne adjointe24 août 2026

Cette fragilité institutionnelle explique l’inquiétude exprimée par les élus. Reste à comprendre pourquoi ils évoquent désormais des risques beaucoup plus graves pour la gestion municipale.

Une inquiétude assumée sur la transparence et la gestion de la commune

Karyne Alexandre Sabin dit que les démissions ont aussi été motivées par la peur d’être associés à d’éventuelles décisions dont les élus ne connaîtraient pas le contenu. Elle dénonce un manque de transparence dans la conduite des affaires communales.

L’ancienne adjointe a employé une formule particulièrement forte en évoquant la prison de Ducos. Elle assure que les élus ne sauraient pas précisément ce que ferait la maire et qu’ils craindraient donc les conséquences d’une gestion qu’ils disent ne pas maîtriser.

À ce stade, il s’agit d’allégations portées par les élus démissionnaires. Aucun élément rapporté ne fait état d’une procédure judiciaire, d’une enquête ou d’une condamnation visant Andréa Mauzole.

Les démissionnaires vont jusqu’à réclamer le départ de la maire. Karyne Alexandre Sabin estime que celle-ci ne saurait pas gérer une commune et redoute, à terme, une mise sous tutelle de la mairie.

La tutelle d’une collectivité renvoie à une situation exceptionnelle. Elle ne découle pas automatiquement d’une crise politique ou de démissions. L’expression traduit ici le niveau d’alerte et la défiance affichés par l’ancienne adjointe.

Les tensions pourraient également gagner les services municipaux. Karyne Alexandre Sabin affirme que des agents envisageraient une grève ou un débrayage au début du mois de septembre pour réclamer le départ de la maire.

Une mobilisation des agents ajouterait une crise sociale à la crise politique. Mais la maire, sollicitée sur ces accusations, n’avait pas souhaité répondre au moment de la publication des premières informations.

La réponse attendue d’Andréa Mauzole et le rôle du préfet

Contactée après l’annonce des démissions, Andréa Mauzole n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Son absence de réaction publique, à ce stade, laisse les accusations des élus démissionnaires sans contradiction détaillée.

Un article publié le mercredi 26 août annonce toutefois une réponse de la maire aux critiques. Elle y défendrait ses choix, alors que l’avenir du conseil municipal est devenu une question centrale. Les éléments de cette réponse ne sont pas précisés dans les informations disponibles.

Le préfet est désormais sollicité par les démissionnaires. Ils souhaitent lui présenter leur version des faits et l’alerter sur les difficultés qu’ils attribuent à la gouvernance municipale.

Cette audience, si elle a lieu, ne réglera pas à elle seule le conflit politique. Elle peut néanmoins permettre aux services de l’État d’entendre les élus, de suivre la situation institutionnelle et d’apprécier les conséquences des démissions sur le fonctionnement de la commune.

  • Pour la maire : restaurer un dialogue avec les élus restants et les services municipaux.
  • Pour le conseil municipal : acter les démissions et préserver sa capacité à délibérer.
  • Pour les agents : faire entendre leurs revendications si le projet de débrayage se confirme.
  • Pour le préfet : examiner les alertes portées par les élus démissionnaires.

La situation du Morne-Rouge se jouera donc autant dans les échanges politiques à venir que dans la capacité de l’exécutif municipal à répondre concrètement aux accusations formulées.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochaines semaines

Le premier point sera la formalisation des neuf démissions lors d’un conseil municipal. Cette étape permettra de mesurer précisément l’effet de la rupture sur les équilibres politiques de l’assemblée.

Le second enjeu concerne la rencontre réclamée avec le préfet. Les élus démissionnaires veulent une audience urgente et maintiennent leur demande de départ de la maire.

Le troisième sujet est social. Les déclarations de Karyne Alexandre Sabin sur le mal-être des agents et l’éventualité d’une grève au début de septembre devront être suivies avec attention.

Au Morne-Rouge, la crise ne se limite plus à une contestation interne. Elle pose désormais la question de la continuité du travail municipal, de la place des élus dans les décisions et du climat au sein des services.

La réponse d’Andréa Mauzole et les suites données par le préfet seront déterminantes. Dans une commune de 28 conseillers municipaux, neuf démissions suffisent à transformer une mésentente politique en véritable épreuve de gouvernance.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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