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Vie chère en Martinique : commerces menacés de blocages et écoles en distanciel à la reprise de la mobilisation

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À quelques heures d’une reprise annoncée de la mobilisation contre la vie chère, l’inquiétude grandit en Martinique. Commerçants, familles et établissements scolaires se préparent à une journée potentiellement perturbée, avec le souvenir encore vif des tensions de 2024.

Le lundi 19 octobre 2026 pourrait être marqué par des blocages, des difficultés d’approvisionnement et une organisation inhabituelle dans plusieurs collèges et lycées. La forme exacte du mouvement reste toutefois inconnue.

Une reprise de mobilisation qui ravive les craintes des commerçants

Le Rassemblement pour la Protection des Peuples et des Ressources Afro-Caribéens, connu sous le sigle RPPRAC, a appelé à reprendre la mobilisation contre la vie chère en Martinique ce lundi 19 octobre. La veille, dimanche 18 octobre, personne ne pouvait encore dire précisément quelle ampleur prendrait le mouvement.

Cette incertitude pèse particulièrement sur les petites entreprises. À Fort-de-France, Pauline, gérante d’une boutique de prêt-à-porter, redoute les effets indirects de nouveaux blocages sur son activité et sa trésorerie.

Selon elle, l’année 2026 a déjà été difficile pour les commerçants de la capitale, notamment en raison des grèves dans les transports. Les épisodes de 2021, puis de 2024, restent également associés à des périodes économiques compliquées pour de nombreuses structures locales.

Les blocages ne se limitent pas à empêcher les clients de venir en magasin. Ils peuvent compliquer les livraisons, réduire la fréquentation, perturber les horaires des salariés et fragiliser une trésorerie déjà limitée. Pour les commerces de proximité, chaque journée d’activité réduite peut compter.

D’autres professionnels choisissent néanmoins d’attendre avant de modifier leur fonctionnement. Une pharmacienne a ainsi indiqué qu’elle serait présente dès le matin pour accueillir ses clients. Mais les premiers signes de précaution étaient déjà visibles.

Stations-service et hypermarchés : les premières précautions observées

Le dimanche 18 octobre, certaines stations-service de Martinique affichaient déjà des pénuries. Elles avaient été fortement sollicitées durant le week-end par des automobilistes souhaitant anticiper d’éventuelles difficultés de circulation ou d’approvisionnement.

Dans plusieurs hypermarchés, l’organisation a aussi été modifiée. Les caddies n’étaient plus disponibles sur les parkings et devaient être pris directement à l’entrée des magasins. Cette mesure reflète la prudence de certaines enseignes avant la journée annoncée de mobilisation.

Ces réflexes d’anticipation sont compréhensibles, mais ils peuvent aussi accentuer les tensions sur les stocks. Faire des achats raisonnés et ne prendre que les produits nécessaires permet de limiter les ruptures ponctuelles, notamment pour les carburants et les produits essentiels.

Pour les entreprises, la difficulté est double. Elles doivent à la fois assurer la sécurité de leurs équipes et maintenir une activité lorsqu’elle reste possible. Les commerces de Fort-de-France, mais aussi les pharmacies, les enseignes alimentaires et les services de proximité, sont directement concernés.

La circulation, les accès aux zones commerciales et l’évolution des approvisionnements seront donc des éléments à surveiller. Une autre adaptation concrète est déjà confirmée : celle de plusieurs établissements scolaires.

Écoles en distanciel les 19 et 20 octobre avant les vacances

Plusieurs collèges et lycées martiniquais ont annoncé que les cours se dérouleraient à distance lundi 19 et mardi 20 octobre. Cette décision concerne les deux jours précédant les vacances scolaires, qui débutent le mercredi 21 octobre selon le calendrier prévu.

La continuité pédagogique doit passer par l’ENT Colibri, l’Espace numérique de travail utilisé dans l’académie, ou par Pronote. Les élèves et leurs responsables sont donc invités à consulter régulièrement ces plateformes pour connaître les consignes, les travaux à réaliser et les éventuelles modalités de connexion.

ÉtablissementCommuneOrganisation annoncée
Collège Paul SymphorLe RobertCours à distance les 19 et 20 octobre
Collège Belle ÉtoileSaint-JosephCours à distance les 19 et 20 octobre
Collège Rose Saint-JustLa TrinitéCours à distance les 19 et 20 octobre
Lycée professionnel Place d’ArmesLe LamentinCours à distance les 19 et 20 octobre
Lycée professionnel Dumas Jean-JosephFort-de-FranceCours à distance les 19 et 20 octobre
Lycée Nord CaraïbeBellefontaineCours à distance les 19 et 20 octobre
Lycée Joseph ZobelRivière-SaléeCours à distance les 19 et 20 octobre

Le distanciel permet d’éviter des déplacements incertains tout en maintenant les apprentissages avant la coupure scolaire. Encore faut-il que les élèves disposent de leurs identifiants, d’une connexion suffisante et des informations transmises par leurs enseignants.

Comment s’organiser concrètement en cas de perturbations

Face à une mobilisation dont les modalités ne sont pas connues, l’objectif est de se préparer sans céder à la précipitation. Les familles, les salariés et les professionnels peuvent anticiper les besoins immédiats tout en restant attentifs aux consignes des autorités et des établissements.

  • Vérifiez les messages de l’établissement scolaire sur l’ENT Colibri et Pronote. Téléchargez les documents utiles et assurez-vous que les identifiants de connexion fonctionnent.
  • Préparez le matériel de cours des élèves dès la veille : ordinateur ou tablette chargés, cahiers, manuels, feuilles et écouteurs si nécessaire.
  • Organisez les déplacements essentiels en tenant compte d’éventuels ralentissements. Pour les rendez-vous médicaux ou professionnels, contactez l’établissement concerné avant de partir.
  • Faites des achats adaptés à vos besoins réels. Les pénuries observées dans certaines stations-service montrent que la demande peut rapidement augmenter.
  • Suivez les informations locales pour connaître l’état des axes routiers, l’ouverture des commerces et les éventuelles modifications des horaires.
  • Pour les commerçants, informez les clients des heures d’ouverture, des changements de service ou des difficultés d’approvisionnement par téléphone, affichage ou réseaux sociaux.

Les entreprises exposées à une baisse de fréquentation peuvent aussi prévoir une équipe réduite, sécuriser leurs locaux et conserver un contact régulier avec leurs fournisseurs. La situation peut évoluer très vite, notamment si des opérations de blocage se mettent en place.

Cette prudence s’explique par l’expérience récente de l’île. Le mouvement de 2024 a montré que la contestation pouvait prendre des formes multiples.

Le précédent de 2024, entre négociations, blocages et violences

En 2024, la mobilisation contre la vie chère avait commencé au début du mois de septembre. Elle avait réuni des acteurs aux positions parfois différentes autour de la question des prix, de la consommation et du coût de la vie en Martinique.

À l’issue de sept tables rondes réunissant l’État, les élus, des représentants de la grande distribution et une association, un « protocole d’objectifs et moyens » avait été signé. Le RPPRAC n’avait pas signé ce document.

Sur le terrain, le mouvement avait pris plusieurs formes. Des blocages avaient concerné le port et des centres commerciaux. Des simulations de courses avaient été organisées, tandis que des transporteurs menaient des opérations escargot sur les principaux axes routiers.

La période avait aussi été marquée par des violences et l’instauration de couvre-feux. Un avion avait été dérouté après des heurts à l’aéroport. Plusieurs commerces avaient par ailleurs été incendiés dans la nuit du 10 au 11 octobre, avec des conséquences directes sur l’économie locale.

Ce contexte explique la vigilance actuelle des autorités, des établissements scolaires et des entrepreneurs. Il rappelle surtout que les revendications sur la vie chère peuvent affecter bien au-delà des seuls lieux de mobilisation.

Ce qu’il faut éviter dans les prochaines heures

La première erreur consiste à considérer comme certaines des informations non confirmées. Les itinéraires, les ouvertures de magasins et les conditions de circulation peuvent changer. Il est préférable de vérifier une source locale ou de joindre directement un commerce avant tout déplacement important.

Il faut aussi éviter les achats massifs de carburant ou de produits alimentaires. Les ruées vers les stations-service et les rayons fragilisent l’approvisionnement pour les personnes qui ont un besoin urgent de se déplacer ou de se soigner.

Enfin, pour les élèves concernés par le distanciel, attendre le lundi matin pour tester Pronote ou l’ENT Colibri peut faire perdre du temps. Une vérification des accès dès maintenant facilite la continuité pédagogique avant les vacances du 21 octobre.

Dans le même temps, les difficultés vécues par les commerces caribéens rappellent la fragilité de certaines entreprises familiales. En région pointoise, la supérette L’Intermédiaire, installée depuis 30 ans et employant une dizaine de salariés, a ainsi été pillée pour la deuxième fois en cinq ans.

La famille responsable du magasin, Ludmila Pollion et son frère Michel Saint-Hilaire, avait déjà dû se relever après 2021. Pour les acteurs économiques touchés, l’enjeu reste de préserver l’activité sans ajouter de nouvelles pertes à une situation déjà éprouvante.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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