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Caraïbes : Trump publie une carte qui place la Guadeloupe, la Martinique et Haïti sous les couleurs américaines

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Une image sans légende peut parfois provoquer davantage de remous qu’un long discours. Cette fois, elle a placé plusieurs îles et territoires au cœur d’une représentation spectaculaire de la puissance américaine.

Pour les habitants de la Guadeloupe, de la Martinique ou d’Haïti, le visuel interpelle immédiatement. Car derrière ses couleurs se pose une question très concrète : que signifie cette carte diffusée par Donald Trump, sans la moindre explication ?

Pourquoi cette carte suscite une telle attention dans la Caraïbe

La publication est apparue le lundi 7 septembre 2026 sur Truth Social, le réseau social de Donald Trump. Elle montre un vaste ensemble territorial recouvert du drapeau des États-Unis, avec l’inscription « United States of America » en grandes lettres au centre.

Le choix des zones représentées explique l’ampleur des réactions. La carte ne se limite pas aux États-Unis ou à un espace voisin. Elle englobe le Canada, le Mexique, l’Amérique centrale, le Groenland, l’Islande et une large partie de la Caraïbe.

Dans cet ensemble figurent des États indépendants, comme Cuba, la Jamaïque, Haïti et la République dominicaine. Mais le visuel inclut aussi des territoires français d’outre-mer, dont la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy.

La présence de Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel français situé au large du Canada, accentue le caractère très étendu de la représentation. Or, Donald Trump n’a joint aucun texte, aucun commentaire et aucune précision à l’image publiée.

Cette absence de contexte laisse donc place aux interprétations politiques et diplomatiques. Elle résonne d’autant plus fortement que le président américain a déjà formulé des ambitions sur certains territoires visibles sur la carte.

Ce que montre précisément le visuel publié par Donald Trump

La réponse est directe : la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont représentés sous les couleurs du drapeau américain. La même couverture visuelle s’étend à Saint-Pierre-et-Miquelon, malgré son éloignement géographique de la Caraïbe.

Sur la carte, le drapeau étoilé recouvre également Cuba, la Jamaïque, Haïti et la République dominicaine. Ces quatre pays apparaissent ainsi intégrés graphiquement à un espace baptisé « United States of America ».

Le Canada, le Mexique, le Groenland, l’Amérique centrale et l’Islande sont eux aussi inclus. La carte dessine donc une vision très large de l’influence ou de l’expansion américaine, sans indiquer s’il s’agit d’une provocation, d’un message politique ou d’un simple montage.

Un autre élément attire l’attention : le golfe du Mexique y est nommé « Gulf of America », soit « golfe d’Amérique ». Cette appellation est employée par l’administration Trump dans les usages officiels fédéraux américains depuis le retour du président républicain à la Maison-Blanche.

Le visuel ne modifie évidemment pas les frontières reconnues ni le statut juridique des territoires concernés. Mais son langage graphique est puissant : placer un pays ou une collectivité sous un drapeau étranger peut être perçu comme une remise en cause symbolique de sa souveraineté.

C’est précisément ce décalage entre l’image et les réalités politiques qui a alimenté les réactions. Elles se sont d’abord exprimées en France, puis dans plusieurs pays de la région.

Les réactions en France, dans les Antilles et chez les voisins caribéens

En France, plusieurs responsables politiques ont réagi rapidement à l’apparition des territoires ultramarins français sur cette carte. La question de la souveraineté française s’est immédiatement imposée dans les commentaires publics.

Jean-Luc Mélenchon a interpellé Emmanuel Macron sur ce sujet. Le député écologiste Aurélien Taché a, pour sa part, estimé que Donald Trump « veut les Antilles françaises ».

Ces prises de parole traduisent une inquiétude politique, même si aucune annonce américaine n’accompagne la publication. La Guadeloupe et la Martinique sont des départements et régions d’outre-mer français. Saint-Martin et Saint-Barthélemy disposent du statut de collectivités d’outre-mer.

Dans la Caraïbe, la carte a également été remarquée. En République dominicaine, plusieurs médias ont signalé que le territoire national se retrouvait sous les couleurs américaines. Des médias cubains ont aussi relayé le fait que Cuba figurait dans l’espace ainsi représenté.

À ce stade, aucune réaction officielle directement liée à cette publication n’a été rapportée de la part des gouvernements haïtien, dominicain, jamaïcain ou cubain. L’absence de communiqué ne signifie pas que l’image est passée inaperçue.

Dans une région marquée par les héritages coloniaux, les interventions étrangères et les rapports de force entre grandes puissances, une telle représentation ne peut guère être considérée comme anodine. Pourtant, c’est hors de la Caraïbe que la réponse diplomatique la plus nette est venue.

L’Islande et le Mexique opposent une réponse diplomatique claire

L’Islande, également coloriée aux couleurs américaines sur l’image, a réagi officiellement. Les autorités islandaises ont convoqué l’ambassadeur des États-Unis après la publication de la carte.

Selon Reuters, la ministre islandaise des Affaires étrangères a qualifié cette diffusion de « complètement inappropriée ». Cette démarche souligne qu’un visuel publié sur un compte personnel ou politique peut devenir un sujet diplomatique lorsqu’il concerne le territoire d’un État souverain.

Le Mexique a aussi répondu par la voix de sa présidente, Claudia Sheinbaum. Elle a rappelé que son pays était « libre, indépendant et souverain ».

Elle a ajouté que le Mexique ne serait « ni une colonie ni un protectorat » d’un autre pays. Cette déclaration vise directement le message implicite que certains lecteurs attribuent à la carte.

La réaction mexicaine intervient dans un contexte de tensions déjà fortes avec Washington. Ces tensions ne portent pas seulement sur les frontières ou les symboles cartographiques. Elles touchent aussi le commerce et les rapports institutionnels entre les deux pays.

La carte s’inscrit ainsi dans un environnement diplomatique déjà inflammable. Et plusieurs de ses éléments renvoient à des déclarations ou décisions antérieures de Donald Trump.

Groenland, Canada et « 51e État » : un contexte qui renforce les interprétations

Donald Trump a déjà évoqué à plusieurs reprises ses ambitions concernant le Groenland. Sa présence sous le drapeau américain sur le visuel n’apparaît donc pas isolée aux yeux de nombreux observateurs.

Le Canada, lui aussi intégré à la carte, entretient un bras de fer avec Washington depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Le président américain a plusieurs fois évoqué le pays comme un possible « 51e État » des États-Unis.

Il a également récemment ordonné de rebaptiser le lac Ontario « Lake America ». Cette dénomination est rejetée par Ottawa, qui ne reconnaît pas ce changement de nom.

Les désaccords sont aussi commerciaux. Le mardi 8 septembre, de nouveaux contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur sur 27,6 milliards de dollars canadiens d’importations américaines.

Ces mesures constituent une réponse aux droits de douane imposés par Washington. Elles montrent que les relations canado-américaines sont traversées par des tensions concrètes, bien au-delà des slogans et des images diffusées en ligne.

Dans ce contexte, la carte publiée par Donald Trump peut être lue comme un geste symbolique. Mais elle touche des territoires dont les statuts, les frontières et les liens internationaux sont très différents les uns des autres.

Ce qu’il faut éviter de conclure trop vite à partir de cette image

La première précaution consiste à distinguer une publication visuelle d’une décision officielle. Aucune explication n’a été fournie par Donald Trump avec l’image, et aucun projet précis concernant la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy ou Saint-Pierre-et-Miquelon n’y est détaillé.

La seconde est de ne pas confondre les statuts politiques. Les Antilles françaises relèvent de la souveraineté française. Haïti, la République dominicaine, Cuba et la Jamaïque sont des États indépendants, chacun doté de ses institutions et de sa politique étrangère.

Enfin, les réactions varient selon les pays. L’Islande a engagé une démarche diplomatique officielle. Le Mexique a réaffirmé publiquement son indépendance. Dans plusieurs États caribéens cités, aucune réaction gouvernementale liée à cette publication n’avait été retrouvée à ce stade.

Une carte ne redessine pas le droit international. Elle peut néanmoins révéler une stratégie de communication, tester les réactions et raviver des inquiétudes très réelles.

Pour les territoires français de la Caraïbe, l’enjeu est désormais de suivre les éventuelles précisions américaines. En l’absence de commentaire de Donald Trump, le silence autour du visuel reste lui-même une part essentielle de l’affaire.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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