Le marché des mutations a rarement donné une telle impression de bascule en Guadeloupe. Plusieurs clubs changent de visage, tandis que des coureurs quittent l’archipel et que d’autres viennent s’y relancer. Derrière cette agitation, une formation semble avoir pris une longueur d’avance, mais l’équilibre du peloton ne se résumera pas à un seul chiffre.
Pourquoi ce mercato peut redessiner la saison guadeloupéenne
Dans le cyclisme sur route, les mutations ne sont pas de simples changements de maillot. Elles modifient les alliances de course, les options tactiques et la capacité d’un club à contrôler une échappée ou à protéger son leader.
Cette nouvelle saison s’ouvre avec un mouvement particulièrement dense, officialisé par le Comité Régional de Cyclisme des Îles de Guadeloupe. Les transferts internes concernent plusieurs formations majeures, dont le GSC, le CCD, le TMC, l’Excelsior, l’EDS et l’UVMG.
Le phénomène est double. Certains clubs renforcent leur profondeur d’effectif avec des coureurs venus de structures concurrentes. D’autres doivent reconstruire après le départ de plusieurs éléments importants, parfois vers la Guyane ou l’Hexagone.
Dans un peloton local, disposer de plusieurs coureurs capables de se placer dans les bons coups change rapidement la lecture d’une course. Un effectif étoffé peut envoyer un équipier à l’avant, garder des relais derrière et conserver un atout pour le final.
Cette redistribution intervient aussi dans un contexte d’échanges croissants avec les clubs extérieurs. Les arrivées et départs entre la Guadeloupe, la Guyane et la France hexagonale créent un marché plus ouvert. Reste à identifier la formation qui a le plus nettement frappé.
NGT réalise le mouvement le plus spectaculaire avec 12 recrues
La NGT est le club qui marque ce mercato. La formation enregistre l’arrivée de douze nouveaux coureurs, soit la vague de recrutements la plus massive annoncée pour cette saison. Ce nombre place immédiatement le club parmi les acteurs centraux du peloton guadeloupéen.
Le point le plus marquant concerne le GSC. La NGT attire cinq coureurs issus de cette structure : Aymard Borila, Evan’s Ramassamy, Junior Ramassamy, Widjy Relmy et Wilson Sanon. Recruter un groupe aussi conséquent provenant du même club peut faciliter les automatismes, notamment lors des relais et du placement.
La formation complète cette base avec sept autres arrivées. Fabien Arthein arrive du TMC. Lukas Butez quitte le CCM. Eevelyne Deby rejoint la NGT après l’UV Nord, tandis que Jack Decator et Yves Fleret viennent de la PDC.
Tristan Louber, précédemment licencié à l’ASC Karak, intègre aussi le groupe. Lucas Poisot arrive pour sa part de la RDA. Cette diversité d’origines donne à la NGT un effectif particulièrement large, construit à partir de plusieurs pôles du cyclisme local.
| Club d’origine | Recrues de la NGT |
|---|---|
| GSC | Aymard Borila, Evan’s Ramassamy, Junior Ramassamy, Widjy Relmy, Wilson Sanon |
| TMC | Fabien Arthein |
| CCM | Lukas Butez |
| UV Nord | Eevelyne Deby |
| PDC | Jack Decator, Yves Fleret |
| ASC Karak | Tristan Louber |
| RDA | Lucas Poisot |
Un groupe nombreux n’apporte toutefois un avantage réel que s’il trouve une organisation claire. Les autres équipes n’ont pas attendu pour répondre à cette montée en puissance.
Les autres clubs ajustent leurs effectifs pour rester dans la course
Le CCD enregistre cinq arrivées et se renforce de manière significative. Djovany Dollin arrive de l’USL, Sullivan Foucan du CSCA, Kenny Jean-Jacques de l’Excelsior, Jocelyn Pasquiet de l’EDS et Nyls Relmy du GSC.
Le TMC affiche lui aussi cinq arrivées. Parmi elles figurent Esneider Baez Vanegas et Gabriel Charesco, tous deux en provenance du CCD. Christelle Martinez et Berenice Paul quittent l’Excelsior pour rejoindre le TMC.
Le TMC perd néanmoins Scotty Alleaume et Pharell Valcy, qui prennent la direction du VCS. Ce type de chassé-croisé rappelle qu’un bilan de mercato ne se lit pas seulement à travers les arrivées. La conservation des coureurs compte tout autant.
L’UVMG se renforce avec Mathieu Catherine, Yona Desiree et Dominique Rivard. L’EDS recrute de son côté Alexis Bernagaud, Loann Gossec et Orlann Gumbs, tout en voyant Jocelyn Pasquiet rejoindre le CCD.
| Club | Mouvements annoncés |
|---|---|
| CCD | Djovany Dollin, Sullivan Foucan, Kenny Jean-Jacques, Jocelyn Pasquiet, Nyls Relmy arrivent |
| TMC | Esneider Baez Vanegas, Gabriel Charesco, Christelle Martinez et Berenice Paul arrivent. Scotty Alleaume et Pharell Valcy partent au VCS |
| UVMG | Mathieu Catherine, Yona Desiree et Dominique Rivard arrivent |
| EDS | Alexis Bernagaud, Loann Gossec et Orlann Gumbs arrivent |
| VCS | Scotty Alleaume et Pharell Valcy arrivent du TMC |
L’Excelsior et le GSC, clubs historiques, voient plusieurs de leurs coureurs partir. Leur capacité de renouvellement sera donc l’un des sujets à suivre. Mais le mercato dépasse aussi les frontières de l’archipel.
Guyane et Hexagone : des parcours qui relient le peloton local à l’extérieur
Les mutations externes montrent que le cyclisme guadeloupéen reste connecté à d’autres territoires. Adrien Bacque, qui évoluait au VCTR, et Gerville Peter, ancien coureur du TMC, rejoignent la Guyane.
D’autres trajectoires mènent vers l’Hexagone. Antoine Gabriel quitte le VO2C pour le CC Nouvelle Aquitaine. Jean-Michel Duchemin et Laura Duchemin, précédemment à l’Excelsior, prennent la direction de la Normandie.
Le mouvement fonctionne également dans l’autre sens. Noé Forest, en provenance de Lyon Sprint Evolution, rejoint l’EDS. L’ACVPB accueille Yanis Seguin, qui arrive de l’Union Cycliste Cholet 49.
L’ASC Karak intègre deux recrues venues de clubs hexagonaux : Adonis Ben Lahousine, ancien de Grenoble Métropole Cyclisme, et James Parsons, qui quitte le Vélo Club Verrois. Ces arrivées apportent des profils formés dans d’autres environnements de compétition.
| Type de mouvement | Coureurs concernés |
|---|---|
| Vers la Guyane | Adrien Bacque, ex-VCTR, et Gerville Peter, ex-TMC |
| Vers l’Hexagone | Antoine Gabriel vers le CC Nouvelle Aquitaine, Jean-Michel et Laura Duchemin vers la Normandie |
| Vers la Guadeloupe | Noé Forest, Yanis Seguin, Adonis Ben Lahousine et James Parsons |
Cette circulation des coureurs rend le niveau local plus perméable aux expériences acquises ailleurs. Elle impose aussi de regarder au-delà des seuls noms les plus médiatisés.
Ce qu’il faudra observer dès les premières courses
La première erreur serait de considérer que le nombre de recrues garantit à lui seul les résultats. Un effectif de douze nouveaux coureurs doit encore construire ses repères, répartir les rôles et trouver une hiérarchie selon les parcours.
Il faudra aussi surveiller la réaction des clubs qui perdent des cadres, particulièrement le GSC et l’Excelsior. Un départ peut fragiliser une équipe, mais il peut aussi libérer des responsabilités pour de nouveaux coureurs.
Enfin, les mutations externes ne doivent pas être minimisées. Les arrivées de Noé Forest, Yanis Seguin, Adonis Ben Lahousine et James Parsons peuvent renouveler les rapports de force, même sans recruter en très grand nombre.
Les premières épreuves diront si la puissance collective de la NGT se transforme en domination tactique. Dans un peloton aussi remodelé, chaque maillot pourrait compter au moment décisif.




