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St Martin Week Guadeloupe Indépendance en Guadeloupe : ce que l’UPLG demande concrètement à Capesterre-Belle-Eau
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Indépendance en Guadeloupe : ce que l’UPLG demande concrètement à Capesterre-Belle-Eau

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À Capesterre-Belle-Eau, l’UPLG n’a pas présenté une simple liste de revendications locales. Le mouvement a choisi de placer le débat sur un terrain plus large, celui du statut politique, de l’économie et de la capacité des Guadeloupéens à décider pour leur territoire.

Derrière les formules sur la « responsabilité » et l’« émancipation », une ligne apparaît nettement. Elle concerne autant l’organisation politique de la Guadeloupe que son modèle de production et ses relations avec l’État français.

Pourquoi cette rentrée politique dépasse le cadre de Capesterre-Belle-Eau

L’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe, connue sous le sigle UPLG, a tenu sa rentrée politique le samedi 3 octobre 2026 à Capesterre-Belle-Eau. La journée avait pour thème : « La Guadeloupe face à ses responsabilités ».

Le choix de cette formule résume l’orientation défendue par le mouvement. Pour son secrétaire général, Jean-Jacob Bicep, le contexte est « critique » et impose aux Guadeloupéens de se positionner sur leur avenir collectif.

La rencontre ne portait pas uniquement sur les enjeux communaux. Plusieurs organisations anticolonialistes et progressistes étaient invitées à échanger sur la situation de la Guadeloupe, mais aussi sur son environnement géopolitique dans le bassin caribéen.

Cette dimension caribéenne est centrale dans le raisonnement de l’UPLG. La Guadeloupe est située dans une région composée d’États indépendants et de territoires aux statuts variés. Pour le mouvement, réfléchir à l’avenir guadeloupéen suppose donc de regarder au-delà de la relation administrative avec la France.

Le débat intervient aussi dans un contexte social tendu. L’UPLG relie les conflits sociaux actuels au fonctionnement de l’économie locale. C’est précisément sur ce diagnostic économique que reposent ses demandes politiques.

Ce que l’UPLG réclame concrètement : souveraineté, nation et rupture avec le système colonial

La demande principale de l’UPLG est claire : aller vers la pleine souveraineté du peuple guadeloupéen. Jean-Jacob Bicep défend l’idée d’une Guadeloupe qui s’assume comme une « nation sans État ».

Dans cette expression, le mot « nation » ne désigne pas seulement un territoire ou une administration. Il renvoie à l’existence d’un peuple guadeloupéen, avec son histoire, sa culture, ses intérêts collectifs et sa capacité à définir son propre projet politique.

Pour l’UPLG, « prendre ses responsabilités », c’est donc « s’assumer en tant que peuple ». Le mouvement appelle à une démarche d’émancipation qui mènerait à une nation pleinement souveraine.

Cette position va plus loin qu’une demande de réforme institutionnelle ou qu’un aménagement du cadre actuel. Jean-Jacob Bicep affirme que l’enjeu n’est pas d’obtenir de l’État français un simple réajustement du système.

L’UPLG demande une sortie du système colonial, qu’elle considère comme la source profonde des blocages économiques et sociaux. Le mouvement ne formule pas, dans cette rencontre de Capesterre-Belle-Eau, une mesure municipale précise ou un calendrier institutionnel détaillé. Il expose plutôt une orientation politique globale : construire les conditions de la souveraineté guadeloupéenne.

Autrement dit, Capesterre-Belle-Eau sert de lieu de débat et de mobilisation. La revendication ne vise pas seulement la commune, mais l’ensemble de l’organisation politique et économique de la Guadeloupe.

Le levier économique mis en avant : produire davantage pour le marché intérieur

L’UPLG associe directement la question de l’indépendance à celle de l’économie. Selon le mouvement, les tensions sociales ne peuvent pas être comprises sans examiner le modèle économique guadeloupéen.

Jean-Jacob Bicep décrit ce modèle comme une « économie de comptoir ». Cette expression désigne une économie structurée autour de la rente et des échanges dépendants, plutôt que d’une production locale capable de répondre largement aux besoins de la population.

Dans ce cadre, l’UPLG critique particulièrement l’orientation de l’agriculture. Le mouvement estime que le secteur agricole demeure davantage tourné vers l’exploitation que vers la satisfaction du marché intérieur.

Le point concret est donc le suivant : l’agriculture guadeloupéenne devrait, selon cette analyse, renforcer sa fonction nourricière pour la population locale. L’objectif serait de réduire la dépendance à des mécanismes économiques hérités du passé colonial.

Diagnostic porté par l’UPLGOrientation défendue
Une économie de rente, qualifiée d’économie de comptoirDévelopper une économie davantage fondée sur la production
Une agriculture jugée insuffisamment tournée vers les besoins locauxDonner davantage de place au marché intérieur
Des conflits sociaux liés au fonctionnement économiqueTransformer le système plutôt que le réajuster
Un cadre analysé comme colonialAller vers l’émancipation et la souveraineté du peuple guadeloupéen

Le terme de « pacte colonial » est utilisé par l’UPLG pour relier ces réalités. Dans cette lecture, les rapports économiques ne sont pas neutres : ils prolongeraient une dépendance qui limite les choix de développement de la Guadeloupe.

La souveraineté revendiquée ne se résume donc pas à un changement de drapeau ou d’institutions. Elle suppose aussi, pour le mouvement, une capacité à produire, organiser et orienter l’économie selon les besoins du pays.

Comment comprendre la démarche proposée par le mouvement

La démarche de l’UPLG peut se lire en plusieurs étapes politiques. La première consiste à affirmer l’existence d’un peuple guadeloupéen et à faire reconnaître sa qualité de nation.

La deuxième consiste à analyser les difficultés sociales à partir de la dépendance économique. Dans cette approche, les problèmes de vie chère, d’emploi, de production ou d’approvisionnement ne relèvent pas seulement de décisions ponctuelles.

La troisième étape est la recherche d’une souveraineté complète. Jean-Jacob Bicep présente cette perspective comme une sortie du système colonial, et non comme une adaptation de celui-ci.

  1. S’assumer comme peuple : reconnaître une responsabilité collective dans la définition de l’avenir de la Guadeloupe.
  2. Se penser comme nation : défendre l’idée d’une nation guadeloupéenne, même sans État propre à ce stade.
  3. Transformer l’économie : sortir d’une logique de rente et renforcer la production destinée au marché intérieur.
  4. Viser la pleine souveraineté : inscrire l’émancipation dans une perspective politique globale.

Cette logique explique le choix du thème de la journée. Pour l’UPLG, la responsabilité n’est pas une notion abstraite. Elle signifie que les Guadeloupéens doivent pouvoir agir sur les décisions qui affectent leur vie économique, sociale et politique.

Reste toutefois une question essentielle : quelle forme institutionnelle, quel processus démocratique et quelles étapes concrètes permettraient d’atteindre cette souveraineté ? La réunion rapportée à Capesterre-Belle-Eau met en avant l’objectif, sans détailler publiquement un dispositif complet de transition.

Le bassin caribéen, un cadre de réflexion important

Les débats ont également abordé l’environnement géopolitique caribéen. Ce choix souligne que l’UPLG ne limite pas sa réflexion aux rapports entre la Guadeloupe et la France.

La Caraïbe constitue un espace marqué par des histoires coloniales, des indépendances nationales, des interdépendances maritimes et des coopérations régionales. Dans ce contexte, la question de l’autodétermination prend une dimension à la fois locale et régionale.

Pour un mouvement anticolonialiste, évoquer le bassin caribéen permet aussi de replacer la Guadeloupe dans son environnement immédiat. Les échanges politiques, économiques et culturels ne se réduisent pas aux liaisons avec l’Hexagone.

La présence d’organisations progressistes et anticolonialistes à Capesterre-Belle-Eau s’inscrit dans cette volonté de discussion. L’événement cherche à nourrir un débat politique sur les rapports de dépendance, la production et l’avenir institutionnel du territoire.

Cette ouverture régionale ne précise pas un accord ou un partenariat particulier. Elle rappelle surtout que, pour l’UPLG, l’avenir guadeloupéen doit être envisagé dans la réalité caribéenne.

Ce qu’il ne faut pas confondre dans les propos de l’UPLG

Il serait réducteur de présenter cette rentrée politique comme une demande adressée uniquement à la mairie de Capesterre-Belle-Eau. La commune a accueilli l’événement, mais le message vise l’ensemble de la Guadeloupe.

Il ne s’agit pas non plus d’une demande de simple amélioration administrative. L’UPLG insiste au contraire sur son refus d’un réajustement du système actuel par l’État français.

Enfin, la souveraineté évoquée par Jean-Jacob Bicep est liée à l’économie. Dans le discours du mouvement, indépendance politique, production agricole, marché intérieur et sortie de l’économie de rente forment un même ensemble.

La position défendue à Capesterre-Belle-Eau pose donc un débat de fond : pour l’UPLG, l’émancipation du peuple guadeloupéen passe par la capacité de décider de son avenir et de réorganiser son modèle économique.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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