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Loïs Mongorin, ingénieure malgré tout : le parcours qui force l’admiration

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Quand une jeune femme se lève au milieu d’une salle comble et que les applaudissements semblent ne jamais s’arrêter, c’est souvent le signe d’un parcours hors du commun. Le sien force le respect. Et pourtant, derrière ce moment de lumière se cache un chemin beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Un chemin que beaucoup n’auraient peut-être pas eu la force de poursuivre.

Comprendre ce qui rend ce parcours si remarquable

Recevoir un diplôme d’ingénieure n’est jamais anodin. Cela demande des années de cours intensifs, de projets techniques, de travaux en laboratoire et de stages exigeants. Le cursus d’ingénierie en systèmes énergétiques, proposé à l’UFR Sciences de l’Université des Antilles, fait partie de ces formations où la rigueur scientifique et la capacité d’adaptation sont essentielles.

Mais pour Loïs Mongorin, 26 ans, le défi était encore plus grand. La jeune Guadeloupéenne est touchée par un trouble du spectre de l’autisme. Dans un environnement universitaire parfois bruyant, changeant, où les interactions sociales occupent une place importante, elle a dû redoubler d’efforts pour maintenir le cap. Le simple fait de suivre un rythme universitaire standard peut devenir une source de fatigue cognitive importante. Et pourtant, elle a tenu, jusqu’au bout.

Le mercredi 24 juin, au sein du bâtiment « ingénieure » de l’UFR Sciences, les applaudissements ont résonné longuement. Ce moment n’était pas seulement la fin d’un parcours académique. C’était la reconnaissance publique d’une détermination rare, saluée aussi bien par les enseignants que par les encadrants de stage. Mais un élément crucial restait à comprendre pour mesurer pleinement la portée de ce succès…

Un diplôme, certes, mais surtout une victoire personnelle

La grande révélation derrière l’histoire de Loïs Mongorin est simple : si son diplôme en systèmes énergétiques est impressionnant, c’est surtout sa capacité à surmonter les obstacles liés à son autisme qui rend son succès exceptionnel. Les troubles du spectre de l’autisme peuvent affecter la communication, la gestion du stress, l’adaptation aux changements et les interactions sociales. Or un cursus d’ingénieur repose précisément sur ces dimensions.

Elle a pourtant réussi en trois années de formation intensive. Ce domaine, celui des systèmes énergétiques, implique de maîtriser des disciplines complexes comme la thermodynamique, les réseaux électriques, l’énergie renouvelable, l’efficacité énergétique ou encore la modélisation des systèmes. Ces notions nécessitent une concentration soutenue, une capacité d’abstraction élevée et une autonomie dans le travail.

Les enseignants ont souligné la précision et la discipline dont elle a fait preuve dans chacun de ses projets. Ses encadrants de stage ont raconté sa rigueur, sa capacité à analyser rapidement des données techniques et à proposer des solutions efficaces.

Mais ce qui a retenu l’attention de tous, c’est cette volonté inébranlable qui lui a permis d’avancer malgré les obstacles du quotidien. Et cette force, elle ne l’a jamais revendiquée. Elle l’a simplement mise au service d’un objectif : devenir ingénieure. Reste à comprendre comment elle a concrètement accompli ce parcours exigeant.

Comment Loïs a construit son chemin pas à pas

Pour comprendre la réussite de Loïs Mongorin, il faut regarder de près les étapes clés de son parcours. Ses trois années d’école d’ingénieure en systèmes énergétiques à l’Université des Antilles ont été structurées autour d’enseignements théoriques, de travaux dirigés et de stages en entreprise.

Voici les éléments essentiels de ce parcours :

  • Des cours spécialisés en systèmes énergétiques : énergies renouvelables, réseaux intelligents, efficacité énergétique, génie électrique.
  • Un suivi pédagogique régulier, avec des enseignants qui ont salué son engagement et sa capacité d’analyse.
  • Des stages techniques où elle a dû appliquer concrètement ses compétences, parfois en autonomie complète.
  • Un travail de mémoire d’ingénieure, étape clé validant le diplôme.

À chaque étape, Loïs a mobilisé une méthodologie stricte pour structurer ses apprentissages. Elle décomposait chaque tâche en sous-étapes, utilisait des outils de planification, et recherchait systématiquement des environnements de travail calmes.

Elle a également pu compter sur sa famille, présente à la remise de diplôme : ses parents, ses sœurs, son frère, et des amis venus applaudir son accomplissement. Leur soutien a parfois été décisif, notamment dans les périodes de fatigue ou de surcharge sensorielle. Et si son parcours semble désormais solide, il existe de nombreuses pistes pour mieux comprendre comment adapter des études d’ingénieur à des besoins particuliers.

Conseils, adaptations et perspectives pour des parcours similaires

L’expérience de Loïs Mongorin ouvre des pistes intéressantes pour d’autres étudiants concernés par un trouble du spectre de l’autisme ou par des difficultés similaires. Voici quelques points essentiels que son histoire met en lumière :

  • La structuration du travail est un atout majeur. Utiliser des outils comme des agendas visuels ou des applications de planification aide à anticiper.
  • Les espaces calmes au sein des campus sont essentiels pour les phases de concentration intense.
  • Le travail en autonomie peut devenir une force lorsque les consignes sont claires et bien définies.
  • L’encadrement personnalisé par des enseignants référents facilite l’adaptation des méthodes.
  • Les stages bien choisis permettent d’acquérir de l’assurance dans des environnements où l’organisation est stable.

Ces éléments ne sont pas seulement utiles pour des profils neuroatypiques. Ils apportent aussi des outils efficaces pour tout étudiant engagé dans un cursus scientifique exigeant. Et pourtant, même avec ces bonnes pratiques, certains pièges guettent encore.

Les pièges à éviter dans un parcours aussi exigeant

Il existe plusieurs écueils possibles lorsqu’on suit un cursus d’ingénieur tout en gérant un trouble du spectre de l’autisme. Le premier est la surcharge sensorielle. Les environnements bruyants, les salles bondées ou les journées trop longues peuvent devenir difficiles à supporter.

Un autre risque est l’isolement. Les travaux de groupe, fréquents dans cette formation, peuvent parfois être un défi. Enfin, la fatigue liée aux changements de routine peut impacter la concentration et la motivation.

Prendre conscience de ces obstacles permet de les anticiper et de mieux organiser son environnement. C’est précisément ce que Loïs a appris à faire.

Son histoire rappelle qu’un parcours d’ingénieure n’est jamais complètement linéaire. Mais avec de la persévérance et une structure adaptée, il devient accessible. Et pour celles et ceux qui doutent encore, son exemple montre qu’un rêve peut se concrétiser, même quand la route semble plus escarpée que pour d’autres.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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