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Martinique : des lycéens décrochent une reconnaissance nationale à Paris avec leur mini-entreprise Relife Energy

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Un groupe de lycéens martiniquais a vécu à Paris un moment qu’ils n’oublieront pas. Leur mini-entreprise a attiré l’attention nationale et montré qu’une idée locale peut répondre à un besoin réel tout en offrant une vraie vision d’avenir. Cette aventure met en lumière une initiative ambitieuse qui va bien au‑delà d’un simple projet scolaire.

Pourquoi l’innovation de ces lycéens martiniquais suscite un tel intérêt

La Martinique connaît régulièrement des coupures de courant liées aux aléas climatiques. Entre les cyclones, les tempêtes et les orages, ces interruptions paralysent souvent le quotidien. Les habitants s’adaptent comme ils peuvent, parfois en utilisant des bougies ou des groupes électrogènes, des solutions loin d’être idéales.

Parallèlement, l’île fait face à un défi majeur : la gestion des déchets. Une part importante des produits usagés est envoyée en France faute de filière locale solide. Cette dépendance fragilise l’économie circulaire et alourdit l’impact environnemental.

C’est précisément dans ce contexte que les élèves du lycée professionnel de La Trinité ont imaginé leur mini-entreprise. Lauréats du festival régional des mini-entreprises, ils ont été sélectionnés pour présenter leur projet à Paris, mardi 9 juin 2026, face aux meilleurs projets français.

Ce déplacement marque un tournant pour ces jeunes. Mais comprendre pourquoi leur idée intrigue autant permet de saisir l’ampleur de leur démarche.

La réponse : un système d’éclairage d’urgence innovant nommé Algenado

Leur solution tient en un mot : Algenado. Il s’agit d’un système d’éclairage d’urgence portable, silencieux et totalement autonome. Il fonctionne grâce à un panneau solaire, ce qui le distingue immédiatement des groupes électrogènes, bruyants et polluants.

Algenado ne se limite pas à produire de la lumière. Le dispositif permet aussi d’alimenter ou de recharger des téléphones, ainsi que des appareils tels que des radios ou des ventilateurs. Une polyvalence qui peut faire la différence lors d’une coupure de courant prolongée.

Les trois élèves qui ont représenté le projet à Paris — Dylan Gentil, Levi Régna et Enzo Perricaud — ont expliqué au jury un double constat tiré de leur quotidien en Martinique : l’exposition permanente aux aléas climatiques et les difficultés de recyclage sur l’île.

Ils ont donc conçu un objet répondant simultanément à ces deux besoins. Cette double dimension — utilité sociale et impact environnemental — est l’une des raisons majeures de l’intérêt suscité par leur initiative. Mais un élément supplémentaire a réellement impressionné les jurys, et il mérite une attention particulière.

Comment ces élèves ont concrètement construit leur projet

Algenado n’est pas qu’un concept sur le papier. Le prototype présenté à Paris a été intégralement fabriqué en Martinique, sans aucune importation de matériaux. Les composants proviennent tous de la récupération.

Cette démarche 100% locale est l’un des piliers du projet. Les élèves ont sillonné les casses automobiles pour trouver les pièces nécessaires et leur donner une seconde vie. Leur objectif : contribuer à créer une véritable économie circulaire avec les ressources déjà disponibles sur l’île.

Voici les éléments clés du procédé qu’ils ont suivi, tels qu’ils l’ont expliqué :

  • identifier des matériaux réutilisables dans les casses automobiles
  • sélectionner des pièces compatibles avec un système d’alimentation solaire
  • assembler un prototype portable et silencieux
  • intégrer un panneau solaire permettant une autonomie complète
  • tester la capacité du dispositif à alimenter téléphones, radios et ventilateurs

Le projet a été mené dans le cadre de leur année de première en cursus professionnel. Avant même la création de la mini-entreprise Relife Energy, les élèves ont travaillé leur pitch, leur argumentaire et la présentation technique. Ce sérieux a été reconnu par le jury national, qui a salué un « pitch bien travaillé ».

Lorsque les jeunes parlent de leur création, l’enthousiasme est évident. Dylan Gentil résume bien leur motivation : avoir conçu une solution alternative aux coupures de courant, « c’est vraiment exceptionnel ». Cette conviction les a portés jusqu’à Paris. Reste maintenant à comprendre en quoi leur démarche peut inspirer d’autres jeunes innovateurs.

Variantes, perspectives et enseignements tirés de cette innovation

L’approche choisie par les élèves de La Trinité s’inscrit dans les tendances actuelles de l’innovation durable. Leur système d’alimentation solaire évoque des technologies déjà utilisées dans d’autres contextes, comme les lampes solaires d’urgence, les kits photovoltaïques domestiques ou les dispositifs d’éclairage autonomes utilisés dans des régions isolées.

D’un point de vue technique, le concept peut évoluer vers plusieurs variantes :

  • ajout d’une batterie plus performante pour augmenter l’autonomie
  • développement d’un boîtier plus compact et étanche
  • intégration d’un port USB-C pour accélérer les recharges
  • association à des panneaux solaires plus efficaces, comme les modules monocristallins

Leur démarche rejoint également des notions clés telles que l’économie circulaire, le réemploi de matériaux, l’innovation frugale et la réduction de l’empreinte carbone. La fabrication locale sans importation est un exemple concret de ce qu’un territoire insulaire peut mettre en place pour limiter sa dépendance extérieure.

Les jurys, dont Davis Afonso, ont souligné l’aspect citoyen du projet. Selon lui, il s’agit d’un « très beau projet, avec une action sociale ». Cette reconnaissance dépasse le cadre du concours et montre que les initiatives étudiantes peuvent contribuer à faire évoluer les pratiques locales.

Les erreurs fréquentes ou limites à éviter en développant ce type de projet

Développer une solution technique à partir de matériaux recyclés comporte plusieurs défis. L’un des risques consiste à sous‑estimer le temps nécessaire pour tester et fiabiliser un prototype. Une autre difficulté réside dans la sélection de matériaux réellement adaptés à un usage prolongé.

Il faut aussi tenir compte des normes de sécurité, notamment lorsqu’il s’agit de systèmes électriques. L’utilisation de composants hétérogènes peut conduire à des surchauffes ou à une mauvaise compatibilité. Enfin, l’enthousiasme peut parfois faire oublier l’importance d’un plan de communication clair, élément pourtant essentiel pour convaincre un jury, des partenaires ou des investisseurs potentiels.

Ces limites ne doivent pas freiner l’innovation, mais rappeler que chaque projet demande du temps, des essais et une démarche rigoureuse.

L’expérience parisienne restera un moment fort pour ces lycéens martiniquais. Elle leur offre une visibilité précieuse et enrichit leur parcours professionnel. Leur initiative montre à quel point la créativité locale peut répondre à des besoins concrets tout en ouvrant des perspectives d’avenir pour le territoire.

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Written by
Amandine

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