EN DIRECT · Antilles & Outre-mer
Mardi 3 novembre 2026 Newsletter Se connecter
St Martin Week Guadeloupe « On ne peut pas laisser faire ça » : le blocage de la zone de Jarry par un syndicat met le patronat guadeloupéen hors de lui
Guadeloupe

« On ne peut pas laisser faire ça » : le blocage de la zone de Jarry par un syndicat met le patronat guadeloupéen hors de lui

35

Une artère économique majeure reste difficile d’accès, et ce blocage pèse déjà sur des milliers de professionnels. Derrière les ralentissements et les barrages, une question inquiète autant les entreprises que les usagers. Le différend social a pris une dimension sanitaire qui complique toute sortie de crise.

Jarry, un point névralgique dont le blocage désorganise l’économie

La zone industrielle et commerciale de Jarry, située à Baie-Mahault, n’a pas retrouvé un fonctionnement normal au 1er novembre 2026. Plusieurs accès restent entravés par des dépôts de gravats. La Voie Verte est particulièrement concernée, mais des axes secondaires sont aussi affectés.

Cette situation ne se résume pas à des embouteillages. Des clients, des salariés, des fournisseurs et des transporteurs renoncent parfois à se rendre dans le secteur. Les difficultés de circulation ralentissent les livraisons, fragilisent les rendez-vous et limitent l’activité quotidienne des commerces comme des entreprises.

Jarry constitue le principal poumon économique de la Guadeloupe. La zone rassemble plus de 3 500 entreprises et compte environ 15 000 salariés. Elle est présentée comme la troisième plus grande zone d’activité de France.

Pour les entreprises implantées sur place, chaque accès bloqué peut donc provoquer une chaîne de conséquences. Un retard de livraison peut empêcher une commande. Une absence de clientèle peut réduire le chiffre d’affaires. Une circulation dégradée peut compliquer la présence même des équipes sur leur lieu de travail.

Le président de l’Union des entreprises de Guadeloupe, l’UDE-MDEF, Bruno Blandin, alerte sur de lourdes pertes de revenus pour les acteurs économiques concernés. Mais le sujet est devenu plus sensible encore en raison de la nature présumée des matériaux déposés.

Les gravats soupçonnés de contenir de l’amiante au cœur de la crise

Le point le plus préoccupant concerne les gravats utilisés lors des blocages. Ces amas, toujours présents au milieu de la Voie Verte et sur certains axes, sont soupçonnés de contenir de l’amiante. Le risque sanitaire s’ajoute donc aux contraintes déjà imposées à la circulation.

Les dépôts ont été installés le 14 octobre 2026, premier jour de la mobilisation du collectif Nou Las Palé. Selon les éléments rapportés, des engins appartenant à l’une des entreprises liées à José Gaddarkhan ont transporté les gravats à Jarry.

José Gaddarkhan préside la fédération régionale du BTP, également désignée comme la FRBTP dans les informations liées au dossier. Bruno Blandin le considère comme partiellement responsable des difficultés rencontrées par les entrepreneurs de Jarry.

Le dirigeant de l’UDE-MDEF juge la situation inacceptable pour le monde économique. Il reproche à un chef d’entreprise, également président de fédération professionnelle, d’avoir contribué au blocage d’une zone essentielle à l’économie guadeloupéenne.

Bruno Blandin réclame un déblocage rapide des accès. Selon lui, la gestion des gravats et du risque lié à l’amiante doit être assumée par les personnes responsables, avec l’État et les responsables politiques si nécessaire. Il estime que les entreprises victimes des blocages ne doivent pas supporter cette charge.

José Gaddarkhan a, pour sa part, indiqué avoir été surpris d’apprendre la possible présence d’amiante dans les matériaux employés. Un expert mandaté avait évoqué, dès le 16 octobre 2026, de très fortes probabilités que les gravats soient amiantés. Cette suspicion transforme un conflit de circulation en dossier de santé publique.

Les faits essentiels depuis le début de la mobilisation à Jarry

La situation doit être lue dans son déroulé précis. Les blocages n’ont pas seulement perturbé une journée d’activité. Ils continuent de rendre l’accès à Jarry complexe plusieurs semaines après les premiers barrages.

DateÉvénementConséquence signalée
14 octobre 2026Début de la mobilisation du collectif Nou Las Palé et installation de gravats sur des accès à Jarry.Blocages sur la Voie Verte et sur plusieurs axes de l’archipel.
15 octobre 2026José Gaddarkhan répond à la Fédération française du bâtiment après avoir été appelé à cesser les blocages ou à démissionner.La responsabilité du président de la fédération régionale du BTP devient un sujet public.
16 octobre 2026Un expert mandaté évoque une forte probabilité de présence d’amiante dans les gravats.Le blocage soulève une inquiétude sanitaire pour les usagers.
1er novembre 2026Bruno Blandin dénonce la poursuite de la situation.L’activité de Jarry demeure perturbée et les entreprises font état de pertes.

Au moment de cette prise de position, Bruno Blandin se trouve à Saint-Malo. Le départ de la Route du Rhum y a eu lieu ce dimanche 1er novembre 2026. La distance ne l’empêche pas de suivre les tensions dans l’archipel et les difficultés des entreprises guadeloupéennes.

Son message reste direct : la zone doit être rendue accessible sans attendre. Il considère que la reprise normale de l’activité dépend d’une levée effective des obstacles, pas seulement d’annonces ou de discussions.

Cette exigence met aussi en lumière un enjeu plus large. Dans une zone qui concentre autant d’emplois et d’entreprises, la libre circulation devient une condition immédiate de continuité économique.

Pourquoi la présence d’amiante impose une intervention encadrée

L’amiante n’est pas un déchet ordinaire. Ce matériau est associé à des risques sanitaires lorsque des fibres peuvent être libérées et inhalées. La prudence est donc indispensable lorsqu’il existe une suspicion sur des gravats, surtout dans un espace fréquenté par des automobilistes, des salariés et des professionnels du transport.

Dans ce contexte, déplacer les dépôts sans précaution pourrait ajouter un risque au problème initial. La priorité consiste à identifier la nature exacte des matériaux. Cette étape permet ensuite de déterminer les conditions adaptées de retrait et de traitement.

  • Limiter l’exposition : éviter les zones concernées lorsque l’accès devient risqué ou inutile.
  • Vérifier les matériaux : s’appuyer sur une expertise pour confirmer ou écarter la présence d’amiante.
  • Organiser le retrait : confier les opérations à un cadre adapté à la nature des déchets.
  • Rétablir les accès : rendre à nouveau praticables la Voie Verte et les axes secondaires.
  • Clarifier les responsabilités : déterminer qui doit prendre en charge les conséquences du blocage.

Pour Bruno Blandin, ce dernier point ne fait pas débat. Il considère que le traitement de l’amiante ne relève pas des entreprises qui subissent les barrages. Sa position vise les personnes ayant participé au dépôt des gravats, ainsi que les autorités appelées à gérer la crise.

La difficulté est double : retirer ce qui bloque les déplacements, tout en évitant de banaliser un risque sanitaire potentiel. C’est précisément ce qui rend le retour à la normale plus complexe qu’un simple enlèvement de matériaux.

Une confrontation entre mobilisation sociale et continuité de l’activité

Le dossier de Jarry illustre la tension entre une mobilisation collective et les besoins immédiats de l’économie locale. Le collectif Nou Las Palé a engagé une action visible, mais ses effets dépassent les seuls participants au mouvement.

Dans une zone commerciale et industrielle, les conséquences concernent des structures très diverses. Il peut s’agir de commerces, d’entreprises du BTP, de prestataires, de transporteurs, de fournisseurs ou de sociétés de services. Toutes n’ont ni les mêmes moyens ni la même capacité à absorber plusieurs jours de perturbation.

Bruno Blandin regrette également ce qu’il présente comme une absence de réaction des élus locaux. Il appelle à une implication des responsables politiques et de l’État afin de sortir du blocage. Son intervention traduit l’impatience du patronat face à une situation qu’il ne juge ni acceptable ni durable.

La Fédération française du bâtiment est aussi apparue dans la séquence. Le 15 octobre, José Gaddarkhan avait été sommé de faire cesser les blocages ou de démissionner. Cet épisode montre que le conflit interpelle également les organisations professionnelles du secteur du bâtiment.

Reste une réalité concrète : tant que les accès sont dégradés, les entreprises de Jarry doivent composer avec l’incertitude. Or cette incertitude affecte aussi bien les journées de travail que la confiance des clients.

Ce qu’il faut éviter pour ne pas prolonger la crise

La première erreur serait de réduire l’affaire à un simple différend entre dirigeants. Les obstacles concernent une zone où travaillent environ 15 000 personnes. Ils affectent aussi un nombre important de clients et de professionnels extérieurs.

La seconde serait d’ignorer la suspicion d’amiante. Une expertise a évoqué de fortes chances de contamination des gravats. Cette information impose d’éviter toute manipulation improvisée et de traiter le sujet avec sérieux.

Enfin, laisser les accès entravés entretient les pertes dénoncées par les entreprises. Pour l’UDE-MDEF, le déblocage de Jarry doit intervenir rapidement, tandis que les responsabilités doivent être établies. La reprise économique dépend désormais d’une solution concrète sur le terrain.

À Jarry, le retour à la normale ne se mesurera pas seulement à la fin des barrages. Il reposera aussi sur la sécurisation des lieux et sur la capacité des acteurs concernés à assumer leurs décisions.

5/5 - (22 votes)
5/5 - (22 votes)
Amandine
L’auteur

Amandine

Passionnée de voyage et surtout de destinations exotiques sous le soleil. Ici, je partage mes expériences, mes conseils et mes astuces pour que vous puissiez vivre vous aussi des moments inoubliables. Suivez nous pour découvrir des endroits paradisiaques, rencontrer des gens fascinants et vivre des aventures inoubliables sous le soleil.

❤️ Aidez-nous, suivez-nous !

Indépendant et gratuit, St Martin Week a besoin de votre soutien : suivez-nous sur Google Actu, Facebook ou encore Twitter.

À lire aussi

Route du Rhum 2026 : ces 7 skippers guadeloupéens prêts à relever le défi de l’Atlantique

L’Atlantique ne laisse aucune place à l’improvisation. Entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre, chaque...

Route du Rhum : les skippers guadeloupéens se confient dans une émission spéciale avant le grand départ

À Saint-Malo, les derniers instants avant le départ n’ont pas la même...

Sécheresse en Guadeloupe : les agriculteurs peuvent encore bénéficier de cette aide prolongée

Pour de nombreuses exploitations guadeloupéennes, quelques jours de plus peuvent faire toute...

Route du Rhum : faute de budget, Yannick Rebuffat s’élancera seul, sans équipage technique derrière lui

Sur les pontons de Saint-Malo, les dernières heures avant le départ se...