Vous êtes en pleine randonnée, le paysage est à couper le souffle… et soudain, l’envie pressante vous prend. Pas de toilettes à l’horizon. Que faire ? Panique ? Gêne ? Pas si vous connaissez l’astuce propre et discrète que tout randonneur averti devrait avoir dans sa poche.
Répondre à l’appel de la nature… sans abîmer la nature
Lorsqu’il s’agit de faire ses besoins en plein air, il faut penser à soi, mais surtout à l’environnement. La règle d’or, que beaucoup ignorent encore, est simple : creusez un petit trou de 15 à 20 cm de profondeur, et faites cela à au moins 60 mètres des rivières, sentiers ou lacs.
Pourquoi cette profondeur ? Parce qu’à cette hauteur dans le sol, les bactéries sont actives et peuvent décomposer rapidement vos déchets. Trop en surface, ils traînent… et attirent des bêtes curieuses. Trop profonds ? Vous risquez d’abîmer les racines ou de ne rien décomposer du tout.
Pas de pelle ? Pas de problème
Bien sûr, dans votre sac, vous avez votre barre énergétique… mais une pelle ? Pas forcément. Pourtant, une mini-pelle ultra légère ou, croyez-le ou non, une cuillère à soupe robuste en titane peut faire tout aussi bien l’affaire. C’est ce qu’utilisent certains randonneurs aguerris. Léger, efficace et discret.
À défaut, le bout de votre bâton de marche peut servir pour gratter la terre meuble. Mais attention, cette technique ne fonctionne pas bien sur sol rocailleux ou en zones protégées.
Prépare ton “kit toilette” de randonneur
Avant de partir, glisse dans ton sac un petit set discret, mais bien utile :
- Une pelle pliante ou cuillère solide
- Du papier toilette biodégradable
- Un sac refermable (type ziplock) pour ramener le papier usé
- Un flacon de gel hydroalcoolique
Pourquoi ramener le papier usagé ? Même celui dit « biodégradable » peut rester là pendant trois mois… Pas très glamour ni très écolo.
Trouver des solutions adaptées à tous
Pour les femmes, notamment les plus âgées ou celles souffrant de mobilité réduite, un pisse-debout change tout. Fini l’équilibre précaire derrière un buisson !
Un autre accessoire utile ? Le bidet portable. Avec à peine 60 ml d’eau, il permet une hygiène nickel sans papier, et limite les déchets. Pas bête, non ?
Et pour celles et ceux ayant besoin de s’asseoir, les canne-sièges offrent une vraie discrétion, surtout en pause pipi groupée.
Adapter sa méthode selon le terrain
La nature, ce n’est pas une salle de bains standard. Voici quelques astuces en fonction du milieu :
- En montagne : privilégiez les sacs spéciaux pour tout emporter. Le sol y décompose très peu.
- Dans la forêt : évitez les zones à racines, comme le pied des arbres. Préférez les clairières ou le sous-bois.
- Zones arides : il faut creuser plus profond (jusqu’à 25 cm), car la décomposition est plus lente.
- Près d’un cours d’eau : éloignez-vous au minimum de 100 mètres.
Dans certains parcs naturels, l’emport total des déchets est même obligatoire. C’est contraignant, mais vital pour préserver les zones sensibles.
Pas envie de tout raconter au groupe ? Soyez malins
Quand vous randonnez en groupe, la question de “comment s’éclipser discrètement” se pose. Un simple code entre vous peut faire l’affaire. Essayez un “Je vais observer la flore”… On comprendra sans embarras.
Lors de la préparation de votre itinéraire, repérez aussi à l’avance quelques endroits propices pour une pause tranquility. Une petite fougère, un recoin discret, ça peut sauver la journée.
Et pourquoi ne pas en faire un mini atelier avec les enfants ? Ils comprennent très vite les règles du « Leave No Trace » si on leur explique l’impact sur les plantes et les animaux.
Faut-il vraiment dire adieu au papier toilette ?
Pas forcément. Mais il existe des alternatives qui valent le détour :
- La serviette microfibre spéciale : lavable, hygiénique, légère comme une plume (moins de 10g) et antibactérienne.
- Le bidet portable : plus propre, plus écolo, et beaucoup plus discret dans le sac qu’un rouleau de PQ !
Attention quand même aux solutions improvisées… Certaines plantes sont urticantes, voire toxiques. Si vous n’êtes pas sûr, abstenez-vous. Une pause inconfortable, c’est une chose, une allergie à 10 km de la voiture, c’en est une autre.
En résumé
Une bonne randonnée, c’est un moment de liberté. Mais une nature propre, c’est ce qui la rend possible demain. Alors pour vos pauses sanitaires improvisées, pensez :
- Creuser toujours à 15-20 cm de profondeur
- Au moins 60 mètres des points d’eau
- Ramener votre papier toilette
- S’adapter au terrain
- Préparer un kit discret mais efficace
Voilà. Maintenant, la prochaine fois que la nature vous appelle en plein sentier, vous saurez y répondre… avec respect, simplicité, et un zeste d’ingéniosité.