Sur les 5,9 kilomètres nerveux entre Cayenne et la colline de Montabo, quelques secondes ont suffi à redistribuer les cartes. La Sélection des Îles de Guadeloupe a trouvé le rythme juste dans cet exercice solitaire, où aucune erreur ne se rattrape dans les roues d’un adversaire.
Au terme d’une matinée dense, un coureur guadeloupéen a confirmé qu’il faudrait compter sur lui pour la suite de ce Tour cycliste de Guyane 2026. La performance prend davantage de relief au regard du classement général déjà très serré.
Une deuxième journée décisive sur les routes de Guyane
Le dimanche 16 août, la deuxième journée du Tour cycliste de Guyane 2026 proposait un format exigeant. Les coureurs devaient gérer deux tronçons, avec un contre-la-montre individuel le matin puis une course en ligne dans l’après-midi.
Ce type de programme teste autant la puissance que la récupération. Le matin, chaque cycliste roule seul face au chronomètre. L’après-midi, il doit encore trouver les ressources nécessaires pour suivre le rythme du peloton ou tenter sa chance.
Le contre-la-montre s’est disputé entre Cayenne et le sommet de la colline de Montabo. 107 coureurs étaient au départ de ce parcours court de 5,9 kilomètres, mais la montée finale rendait l’effort particulièrement intense.
La veille, samedi 15 août, Damien Urcel avait déjà posé des bases solides. Il occupait la cinquième place du classement général après une première étape longue de 126,32 kilomètres, entre Cayenne, Rémire-Montjoly et Matoury.
Cette position permettait d’espérer un mouvement important au classement. Encore fallait-il transformer cette régularité en une référence chronométrique sur les pentes de Montabo.
Damien Urcel prend la troisième place à Montabo
Damien Urcel a signé le troisième temps du contre-la-montre, en bouclant les 5,9 kilomètres en 7 minutes et 44 secondes. Le coureur de la Sélection des Îles de Guadeloupe termine à seulement neuf secondes du vainqueur.
La victoire revient au Néerlandais Sten Verzijl. Il a couvert la distance en 7 minutes et 35 secondes, un temps qui souligne la vitesse très élevée imposée dès les premiers kilomètres.
Le Belge Rutger Wouters, porteur du maillot jaune au départ de cette journée, a pris la deuxième place. Son chrono de 7 minutes et 43 secondes le place à huit secondes de Verzijl, mais seulement une seconde devant Urcel.
Ce petit écart donne toute sa valeur au podium guadeloupéen. Sur une distance aussi courte, une seconde peut correspondre à une relance moins franche, une trajectoire imparfaite ou quelques mètres où la puissance baisse dans l’ascension.
Luidgy Horn a également apporté une note positive à la délégation guadeloupéenne. Avec un temps de 7 minutes et 55 secondes, il s’est classé dixième et a intégré le top 10 de cette épreuve individuelle.
La Guadeloupe place donc deux représentants parmi les dix meilleurs du matin. Mais le classement complet permet de mesurer l’intensité de la concurrence internationale et régionale.
Les temps du contre-la-montre de 5,9 kilomètres
La hiérarchie de Montabo s’est jouée dans un mouchoir de poche derrière Sten Verzijl. Entre la deuxième et la dixième place, seulement douze secondes séparent Rutger Wouters de Luidgy Horn.
Voici le top 10 du contre-la-montre individuel disputé à Cayenne, avec une arrivée au sommet de la colline de Montabo.
| Place | Coureur | Équipe ou pays | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Sten Verzijl | Pays-Bas | 7’35” |
| 2 | Rutger Wouters | Belgique | 7’43” |
| 3 | Damien Urcel | Guadeloupe | 7’44” |
| 4 | Nicolas Gauthier | Québec à vélo | 7’46” |
| 5 | Oscar Hutchings | Grande-Bretagne | 7’48” |
| 6 | Niels Verdijck | Belgique | 7’48” |
| 7 | Baptiste Derouault | Haute-Savoie | 7’49” |
| 8 | Jules De Cock | Pays-Bas | 7’54” |
| 9 | Julien Desjardins | Québec à vélo | 7’54” |
| 10 | Luidgy Horn | Guadeloupe | 7’55” |
La présence de coureurs des Pays-Bas, de Belgique, du Québec, de Grande-Bretagne, de Haute-Savoie et des Antilles illustre la densité du plateau. Urcel s’est imposé parmi ces spécialistes en restant au contact immédiat du maillot jaune.
Cette performance individuelle ne se lit toutefois pas isolément. Elle s’inscrit dans une dynamique collective intéressante pour les coureurs de la Guadeloupe et de la Martinique.
Un classement général déjà favorable aux Antilles
Après la première étape du samedi 15 août, Rutger Wouters portait le maillot jaune. Le Belge devançait alors Jules De Cock et Sten Verzijl, deux Néerlandais déjà bien placés avant leur contre-la-montre du lendemain.
Le Belge Wesley Van Dyck figurait au quatrième rang. Damien Urcel suivait en cinquième position, ce qui faisait de son effort à Montabo un moment clé pour réduire les écarts avec les coureurs placés devant lui.
La Sélection des Îles de Guadeloupe ne reposait pas sur un seul homme. Paul Daumont était septième du classement général à l’issue de la première étape, confirmant la présence de plusieurs options dans le haut de tableau.
Jordan Labejof, représentant la Martinique, occupait pour sa part la huitième place. Les formations antillaises se retrouvaient donc solidement installées parmi les dix premiers avant cette journée en deux actes.
- 1er : Rutger Wouters, Belgique, maillot jaune après la première étape
- 2e : Jules De Cock, Pays-Bas
- 3e : Sten Verzijl, Pays-Bas
- 4e : Wesley Van Dyck, Belgique
- 5e : Damien Urcel, Guadeloupe
- 7e : Paul Daumont, Sélection des Îles de Guadeloupe
- 8e : Jordan Labejof, Martinique
Cette configuration donne une importance particulière aux bonifications, aux échappées et aux éventuelles cassures du peloton. Reste aussi à voir comment les organismes répondent après l’effort maximal du matin.
La course en ligne offre une victoire à Melvin Landerneau
Les coureurs n’ont pas eu le temps de s’installer dans les enseignements du contre-la-montre. L’après-midi, ils ont pris le départ du deuxième tronçon de cette deuxième étape.
Le parcours reliait l’hôtel de ville de Rémire-Montjoly à la station de Guyane la 1ère. Cette fois, le scénario changeait totalement avec une course en ligne, ses déplacements de peloton et ses opportunités pour les sprinteurs.
Le Martiniquais Melvin Landerneau s’est imposé sur ce deuxième tronçon. Il a franchi la ligne d’arrivée en tête, offrant ainsi une victoire martiniquaise au terme d’une journée où les Antilles ont multiplié les performances.
Le contraste entre les deux épreuves est révélateur. Le contre-la-montre récompense le rendement individuel et la capacité à soutenir un effort violent. La course en ligne favorise aussi la lecture tactique, le placement et l’explosivité finale.
Pour Damien Urcel, le podium du matin apporte un repère clair : son niveau est comparable à celui des leaders européens présents sur cette 35e édition. La suite du Tour dira si cette vitesse peut se traduire par un résultat durable au classement général.
Ce qu’il faut retenir avant la suite du Tour
Le résultat de Damien Urcel ne doit pas être réduit à une simple troisième place. Son temps de 7’44” le situe à une seconde de Rutger Wouters et à neuf secondes de Sten Verzijl, les deux hommes qui occupaient les premières positions avant cette journée.
Il faut également retenir la régularité de la délégation guadeloupéenne. Luidgy Horn entre dans le top 10 du contre-la-montre, tandis que Paul Daumont se trouvait déjà parmi les sept premiers du classement général après l’étape inaugurale.
Le programme impose cependant de la prudence. Un bon chrono ne garantit pas à lui seul le maillot jaune, car les étapes en ligne peuvent créer des écarts plus importants par les bordures, les attaques ou les arrivées rapides.
La performance de Montabo donne néanmoins à Damien Urcel une base concrète pour aborder les prochains rendez-vous. Sur un Tour par étapes, cette proximité avec les leaders peut devenir un atout au fil des jours.




