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St Martin Week Actualités Urgences du CHU de Trinité : après une réunion jugée décevante, les soignants relancent la grève
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Urgences du CHU de Trinité : après une réunion jugée décevante, les soignants relancent la grève

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La fermeture nocturne des urgences de Trinité devait être une réponse provisoire. Elle s’inscrit désormais dans un calendrier bien plus long, alors que les habitants du Nord Atlantique et du Nord Caraïbe redoutent des trajets plus longs en cas d’urgence.

Après une réunion avec la direction du Centre hospitalier universitaire de Martinique, les représentants syndicaux estiment ne pas avoir obtenu les réponses attendues. Le conflit porte autant sur l’organisation des équipes que sur l’accès aux soins dans le nord de l’île.

Une réorganisation temporaire devenue une source d’inquiétude durable

Les urgences du CHU de Trinité avaient rouvert partiellement en juillet. Les patients pouvaient alors être accueillis de 8 heures à 23h30, mais les admissions s’arrêtaient dès 20 heures.

La direction présentait ce fonctionnement comme temporaire. Le dispositif devait initialement prendre fin le 6 septembre, ce qui laissait espérer un retour rapide à une prise en charge complète.

Dès son entrée en vigueur, cette organisation a toutefois suscité l’opposition des syndicats. L’UGTM Santé demandait déjà une réouverture des urgences de Trinité 24 heures sur 24, jugeant que la solution retenue ne répondait pas suffisamment aux besoins de la population.

La situation doit finalement se prolonger jusqu’au 31 octobre 2026. La fermeture nocturne concernerait une plage allant de 18 heures à 8 heures, une amplitude qui soulève des interrogations sur le parcours des patients pendant la nuit.

Pour les organisations syndicales, le sujet dépasse donc la seule adaptation interne des services. Il touche directement aux conditions d’accès aux soins urgents sur une partie du territoire martiniquais. C’est précisément sur ce point que la réunion du 2 septembre a cristallisé les désaccords.

Pourquoi la réunion du 2 septembre a été jugée décevante

Le mercredi 2 septembre, la direction du CHUM et les organisations syndicales se sont réunies autour du plan d’action concernant le personnel non médical. Cette rencontre intervenait dans le contexte de la prolongation de la fermeture de nuit.

Selon la CGTM Santé Action Sociale, les discussions se sont concentrées sur l’accompagnement des agents concernés par la réorganisation. Le syndicat reproche à la direction des ressources humaines d’avoir maintenu les échanges exclusivement sur ce volet.

Accompagner les personnels déplacés ou concernés par une nouvelle organisation reste un enjeu concret. Mais la CGTM considère que cette approche ne répond pas à la question principale : quelles solutions sont prévues face à la pénurie médicale et aux conséquences sanitaires de la fermeture nocturne ?

Le syndicat affirme avoir porté ces inquiétudes durant la réunion. Il dénonce une « mauvaise gestion de la situation », estimant que les réponses apportées ne sont pas à la hauteur des enjeux pour le territoire.

Les représentants de la CGTM Santé Action Sociale indiquent avoir quitté la réunion. Leur départ marque un désaccord profond sur les priorités à traiter : pour eux, le plan social ou administratif ne peut pas être dissocié de la capacité réelle du service à accueillir les urgences.

Cette divergence explique la relance du mouvement. Les soignants ne réclament pas uniquement un suivi des agents concernés : ils demandent des engagements lisibles sur les effectifs médicaux, le fonctionnement de nuit et la date d’un retour à une ouverture complète.

La grève est relancée pour obtenir une réouverture 24 heures sur 24

La CGTM Santé Action Sociale a choisi de réactiver son préavis de grève. L’objectif affiché est de maintenir la pression sur la direction du CHUM et sur les autorités compétentes.

Le syndicat refuse que la fermeture nocturne, annoncée au départ comme provisoire, devienne progressivement une norme. Sa position est claire : une organisation étendue jusqu’au 31 octobre ne doit pas être considérée comme une solution durable.

La principale revendication concerne le renforcement immédiat des effectifs médicaux aux urgences de Trinité. Pour la CGTM, sans médecins en nombre suffisant, aucune réouverture complète ne peut être sécurisée ni pérenne.

L’organisation demande aussi une véritable politique de recrutement médical à l’échelle de la Martinique. Cette exigence vise à replacer le cas de Trinité dans une problématique plus large, celle de la disponibilité des professionnels dans les services d’urgence du territoire.

Les syndicalistes réclament enfin une visibilité précise sur les conditions de reprise et sur la date d’une réouverture 24 heures sur 24. Sans calendrier clair, l’incertitude demeure pour les personnels comme pour les habitants.

  • Renforcer sans délai les effectifs médicaux des urgences de Trinité.
  • Mettre en place une politique de recrutement médical à l’échelle du territoire martiniquais.
  • Donner une date et des conditions claires pour une réouverture complète, de jour comme de nuit.
  • Évaluer de façon transparente les conséquences de la fermeture nocturne.

Pour la CGTM, ces mesures doivent être examinées avant que la réorganisation ne s’installe. Reste à mesurer concrètement ce que cette fermeture implique pour les personnes qui ont besoin de soins urgents après 18 heures.

Les conséquences redoutées pour le Nord Atlantique et le Nord Caraïbe

La CGTM Santé Action Sociale alerte d’abord sur l’éloignement des autres structures d’urgence. Lorsqu’un service de proximité ferme la nuit, les patients doivent être orientés vers d’autres établissements, parfois situés à une distance plus importante.

Le syndicat pointe le risque d’un allongement des temps de transport. En situation d’urgence, ce délai devient un sujet central pour les habitants du Nord Atlantique et du Nord Caraïbe, qui ne disposent plus d’un accueil d’urgence à Trinité durant la plage de fermeture annoncée.

Le report de patients vers les autres hôpitaux constitue une autre inquiétude. La CGTM redoute que cette réorientation augmente la pression sur les établissements recevant les malades et sur les dispositifs de secours.

Point soulevé par le syndicatConséquence redoutée
Fermeture des urgences de Trinité entre 18 heures et 8 heuresÉloignement des structures capables de recevoir les urgences
Orientation vers d’autres établissementsAllongement des transports et report de patients
Augmentation des sollicitations nocturnesRisque de saturation des secours et des hôpitaux concernés
Absence de calendrier de réouverture complèteInstallation possible d’une organisation temporaire dans la durée

La demande syndicale porte donc sur une évaluation rendue publique et compréhensible. Elle devrait, selon l’organisation, examiner les délais de prise en charge, l’activité des secours et l’impact sur les autres établissements hospitaliers.

Cette évaluation est présentée comme indispensable pour apprécier les effets réels du dispositif. Elle permettrait aussi d’établir si les solutions mises en place répondent aux besoins des habitants pendant toute la période de fermeture nocturne.

Ce que les syndicats demandent aux élus et aux autorités

Face à l’absence de réponse jugée suffisante lors de la réunion, la CGTM Santé Action Sociale indique avoir demandé des rendez-vous avec les élus. Le syndicat a également sollicité CAP Nord ainsi que différents représentants du territoire.

Cette démarche vise à élargir la discussion au-delà de la direction hospitalière. Pour les représentants syndicaux, la fermeture des urgences de Trinité concerne l’aménagement sanitaire du territoire et ne peut pas être traitée comme un simple ajustement de service.

Le point de vigilance majeur reste le risque d’une « médecine d’urgence à deux vitesses » en Martinique. La formule employée par la CGTM traduit la crainte d’une différence durable entre les secteurs disposant d’un accès nocturne de proximité et ceux qui doivent se tourner vers des structures plus éloignées.

Les syndicats ne contestent pas seulement le calendrier de fermeture. Ils demandent que les réponses à la pénurie médicale soient connues, financées et organisées de façon cohérente à l’échelle de l’île.

À ce stade, la mobilisation remet au centre une exigence simple : l’accès aux urgences de Trinité doit s’appuyer sur des effectifs suffisants et sur une organisation dont les conséquences sont clairement évaluées.

Les points à ne pas confondre dans ce dossier

La fermeture nocturne ne correspond pas à une fermeture totale des urgences sur toute la journée. Le dispositif annoncé prévoit une interruption entre 18 heures et 8 heures, tandis que la réouverture partielle mise en place en juillet reposait sur d’autres horaires.

Il faut aussi distinguer l’accompagnement du personnel non médical et la question des effectifs médicaux. La réunion du 2 septembre a traité le premier sujet, mais la CGTM estime que le second n’a pas reçu de réponse suffisante.

Enfin, le préavis de grève réactivé ne constitue pas une date de mouvement précisée dans les éléments disponibles. Il représente un levier de mobilisation destiné à obtenir des engagements sur le recrutement, l’évaluation des impacts et le retour d’un service ouvert 24 heures sur 24.

Les prochains échanges avec la direction, les autorités et les élus seront donc décisifs. La question reste celle d’une réponse durable pour les équipes et pour les habitants du nord de la Martinique.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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