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Vie chère en Martinique : ce qu’il faut retenir du rassemblement du RPPRAC devant l’hypermarché de Dillon

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Le parking de l’hypermarché de Dillon a offert, lundi après-midi, une image inhabituelle. Derrière les rideaux partiellement baissés et le dispositif policier renforcé, une mobilisation ciblée s’est tenue autour d’un sujet qui continue de cristalliser les tensions en Martinique.

Le rassemblement était limité en nombre, mais son message se voulait clair. Le RPPRAC entend maintenir la pression sur la question du coût de la vie, sans détailler encore les prochaines actions qu’il envisage.

Un rassemblement sous forte surveillance à Dillon

Une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens, le RPPRAC, ce lundi 19 octobre 2026. Le rendez-vous avait lieu sur le parking de l’hypermarché de Dillon, à Fort-de-France.

Le contexte visuel était particulièrement marquant. Plusieurs rideaux du magasin étaient abaissés, tandis que les agents de sécurité étaient présents en nombre, environ deux fois plus qu’à l’accoutumée.

Peu avant 14 heures, neuf fourgons de police sont arrivés sur place. Malgré ce dispositif, l’entrée principale de l’hypermarché est restée ouverte. Les clients ont continué à entrer et à sortir afin de faire leurs courses.

Cette coexistence entre une action militante, l’activité commerciale et une présence importante des forces de l’ordre a donné au lieu une atmosphère tendue. Le magasin n’était pas fermé, mais son apparence pouvait le laisser croire au premier regard.

Sur le parking, les participants se sont retrouvés pour échanger avant l’arrivée des responsables du mouvement. Le rassemblement devait surtout réaffirmer une mobilisation contre ce que le RPPRAC décrit comme l’asphyxie économique ressentie par une partie de la population martiniquaise. Reste à comprendre le message politique porté ce jour-là.

Le RPPRAC promet de ne pas relâcher sa mobilisation contre la vie chère

Rodrigue Petitot, président du RPPRAC, et Gladys Roger, vice-présidente du mouvement, ont rejoint les militants au cours de l’après-midi. Tous deux ont accordé des interviews et affiché une détermination intacte.

La formule de Rodrigue Petitot ne laissait guère de doute sur l’intention du collectif : « On ne lâchera rien ». À travers cette déclaration, le président du RPPRAC a confirmé que la lutte contre la vie chère en Martinique restait au centre de la stratégie du mouvement.

Le RPPRAC entend dénoncer les responsabilités qu’il attribue aux acteurs de la grande distribution dans les difficultés économiques rencontrées par les habitants. Le mouvement place donc les enseignes et les grands propriétaires du secteur au cœur de ses critiques.

Lors de son intervention, Rodrigue Petitot a également pris directement à partie les forces de l’ordre. Son discours a mêlé le coût élevé de la vie, le ras-le-bol exprimé par une partie de la population et la volonté de faire payer ceux qu’il considère comme responsables de cette situation.

Bernard Hayot a notamment été cité parmi les cibles des critiques du président du RPPRAC. Il s’agit ici d’une position portée par le mouvement, dans le cadre de sa contestation de la grande distribution.

Le rassemblement de Dillon ne se présentait donc pas comme une simple présence symbolique. Il visait à montrer que le RPPRAC souhaite prolonger son action, tout en maintenant la pression sur les responsables qu’il désigne. Mais sur place, cette mobilisation s’est aussi heurtée à la réalité des courses du quotidien.

Boycott et besoins quotidiens : des échanges parfois difficiles avec les clients

Les militants présents sur le parking ont tenté d’interpeller les clients de l’hypermarché. L’objectif était de faire entendre l’appel au boycott et de sensibiliser les consommateurs à la dénonciation de la vie chère.

Ces discussions n’ont pas toujours été simples. Certains clients semblaient soutenir ou comprendre l’appel à la mobilisation. D’autres souhaitaient avant tout entrer dans le magasin pour s’approvisionner, sans participer au mouvement.

Cette différence de priorités a parfois créé de l’incompréhension. Pour les militants, le boycott peut être envisagé comme un moyen de pression contre les acteurs de la distribution. Pour des consommateurs venus acheter des produits nécessaires, l’enjeu immédiat restait l’accès aux courses.

Le ton est parfois monté entre participants et clients. Toutefois, aucune agressivité manifeste n’a été observée durant le rassemblement rapporté à Dillon.

Cette scène illustre la difficulté d’une mobilisation centrée sur la consommation. La vie chère concerne largement les ménages, mais les moyens d’action proposés peuvent susciter des réactions contrastées selon les contraintes de chacun.

Le dispositif de sécurité, les rideaux baissés et l’arrivée des véhicules de police ont renforcé la visibilité de l’événement. Pourtant, l’hypermarché a conservé son fonctionnement habituel à son entrée principale, avec des clients qui ont continué leurs allées et venues.

Le RPPRAC a ainsi occupé le terrain sans bloquer l’accès au magasin. Cette configuration a permis au mouvement de maintenir son message public, mais elle a aussi mis en évidence les tensions possibles autour du boycott. La question qui reste posée concerne désormais la suite donnée à cette journée.

Des prochaines actions annoncées, mais sans calendrier ni modalité précise

Sur les étapes à venir, les représentants du RPPRAC sont restés peu précis. Aucune information concrète n’a été communiquée sur le calendrier, l’ampleur ou la forme des futures mobilisations.

Le mouvement ne ferme toutefois pas la porte à de nouvelles actions. Gladys Roger a laissé entendre que la mobilisation allait se poursuivre, avec une formule volontairement ouverte : « Il y aura du mouvement, ce sera festif ».

Cette déclaration ne permet pas, à ce stade, d’anticiper s’il s’agira de nouveaux rassemblements devant des commerces, d’initiatives liées au boycott ou d’autres formes de démonstration publique. Elle confirme néanmoins la volonté du RPPRAC de rester mobilisé.

Le choix de l’hypermarché de Dillon s’inscrit directement dans la ligne de critique développée par le collectif. La grande distribution est présentée par le mouvement comme un acteur majeur des difficultés dénoncées autour du coût de la vie.

ÉlémentCe qui a été constaté ou déclaré le 19 octobre 2026
LieuParking de l’hypermarché de Dillon, à Fort-de-France
ParticipationEnviron 50 personnes
SécuritéAgents de sécurité plus nombreux et arrivée de 9 fourgons de police avant 14 heures
MagasinEntrée principale ouverte malgré plusieurs rideaux baissés
Position du RPPRACPoursuivre la mobilisation contre la vie chère et cibler la grande distribution
Suite annoncéeDes actions évoquées, sans calendrier ni modalités communiquées

Pour l’heure, la seule certitude est donc la poursuite affichée de la pression. Les contours de cette mobilisation restent à préciser, ce qui rend les prochaines annonces du RPPRAC particulièrement attendues.

Ce qu’il faut retenir sans extrapoler sur la suite du mouvement

Le rassemblement du 19 octobre ne doit pas être confondu avec une fermeture du magasin. Malgré une ambiance inhabituelle, des rideaux baissés et un dispositif policier conséquent, l’accès principal de l’hypermarché est resté ouvert.

Il ne faut pas non plus présenter les futures actions comme déjà arrêtées. Le RPPRAC a confirmé sa détermination, mais ses représentants n’ont fourni ni date, ni consigne opérationnelle, ni programme détaillé.

Les tensions observées avec certains clients n’ont pas dégénéré en violence manifeste. Elles révèlent surtout le décalage possible entre un appel au boycott et les besoins d’approvisionnement de personnes venues faire leurs courses.

Enfin, les critiques visant Bernard Hayot et les grands propriétaires de la distribution relèvent du discours du RPPRAC. Elles s’inscrivent dans sa lecture des causes de la vie chère en Martinique.

La mobilisation de Dillon confirme que le débat reste actif sur l’île. Les prochains rendez-vous dépendront désormais des annonces précises que le RPPRAC choisira de rendre publiques.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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