Jazz An Ba To'L : cette nouvelle édition rend un hommage fort à Samuel Tavernier
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Jazz An Ba To’L : cette nouvelle édition rend un hommage fort à Samuel Tavernier

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Un événement peut parfois dépasser la simple célébration musicale. Il peut devenir un moment de mémoire collective, de transmission, d’émotion partagée. C’est exactement ce que promet la nouvelle édition de Jazz An Ba To’L, qui choisit cette année de mettre en lumière une figure martiniquaise dont l’engagement humain et culturel a profondément marqué sa commune. Le public s’apprête à vivre une expérience dense, immersive, nourrie par une dimension symbolique rare.

Mais pour saisir pleinement la portée de cet hommage, il faut comprendre ce qui rend cette édition si singulière…

Pourquoi cet hommage compte autant pour la communauté

Jazz An Ba To’L n’est pas un simple rendez-vous musical. Depuis ses débuts, l’événement porté par l’association Jam DO Over s’impose comme un espace d’expression artistique afro-caribéenne et un lieu de rassemblement culturel. En 2026, il revient avec une édition prévue le samedi 30 mai, de 16h à 22h, dans le cadre du Jardin de Monique au François. Cet environnement paisible accueille depuis plusieurs années une jam pluri-artistique rassemblant musiciens, peintres, artisans et public.

Pour cette nouvelle édition, l’enjeu dépasse la programmation. L’équipe associative rend hommage à Samuel Tavernier, ancien maire du François, décédé en début d’année 2026. Son soutien indéfectible à Jam DO Over a marqué les organisateurs, qui soulignent combien il était présent même sans budget, combien il avait accordé sa confiance et exprimé sa fierté face à l’évolution du projet culturel.

En choisissant de nommer cette édition « #LaKouSamuel », ils affirment que l’événement est aussi un espace de mémoire. Ce geste n’est pas seulement symbolique. Il ancre Jazz An Ba To’L dans une histoire locale, celle d’un élu proche des Martiniquais, investi dans la valorisation de l’art et du patrimoine vivant.

Cette dimension mémorielle ouvre alors une autre question fondamentale : comment l’événement parvient-il à transformer ce souvenir en expérience artistique pleinement vivante ?

L’élément central de cette édition : une programmation pensée comme un hommage vivant

L’hommage à Samuel Tavernier ne se fait pas à travers un discours, mais dans la structure même de la programmation. L’équipe a conçu trois sets successifs, comme trois respirations musicales permettant de traverser plusieurs facettes du jazz afro-caribéen.

Le premier set mettra à l’honneur l’univers du pianiste Mario Canonge, figure majeure du jazz caribéen. Il sera accompagné d’artistes invités, dont Ralph Thamar au chant et Alex Bernard à la contrebasse. Cette configuration réunit plusieurs générations de musiciens marqués par le métissage des rythmes antillais et des harmonies jazz.

Le deuxième set sera dirigé par Thierry Vaton. Il s’appuie sur une sélection d’artistes de la scène locale, parmi lesquels Kélia Paulin au chant, Joël Lutbert au chant, Chris Suffrin à la batterie et Joachim DesOrmeaux au chant. L’objectif est clair : faire vibrer « l’esprit Jazz an ba tol », c’est-à-dire une esthétique libre, ouverte, ancrée dans les sonorités caribéennes mais résolument tournée vers l’improvisation contemporaine.

Enfin, le troisième set prendra la forme d’une jam ouverte. Ce moment permet la rencontre entre musiciens résidents et talents émergents. C’est une signature forte de l’événement : la transmission, la spontanéité, la montée en lumière de la nouvelle scène musicale.

L’ensemble de la soirée sera soutenu par les musiciens résidents, qui jouent un rôle essentiel dans l’articulation de cette édition : Tilo Bertholo (batterie), Stéphane Castry (basse), Miki Telephe (percussions) et Mélodie Spartacus (flûte et chant). Leur présence garantit la cohérence artistique du programme.

Mais la musique n’est pas le seul vecteur de cet hommage. Une dimension culturelle plus large vient l’enrichir…

Comment vivre pleinement l’expérience sur place

L’événement se veut pluri-artistique et offre aux visiteurs de multiples espaces pour s’immerger. Le 30 mai, de 16h à 22h, le Jardin de Monique deviendra un lieu de circulation créative où chaque composante joue un rôle précis.

Les temps forts se regroupent autour de trois axes clés :

  • Les trois sets musicaux assurés par les résidents et les invités, chacun avec sa personnalité sonore.
  • La jam finale, espace d’expression libre dédié aux musiciens émergents, qui constitue souvent l’un des moments les plus attendus du public.
  • Les espaces culturels, dont le village des artisans locaux et le marché éphémère.

Les visiteurs pourront ainsi déambuler parmi des créations artisanales variées, échanger directement avec les exposants et découvrir un espace peinture dédié à la performance en direct. Cet espace est devenu un incontournable, car il matérialise la rencontre entre arts visuels et improvisation musicale.

Un autre élément important vient enrichir l’expérience : la présence des « nèg gwo siwo ». Ces personnages emblématiques du carnaval de Martinique incarnent les esclaves marrons, et leur apparition en ce mois de commémoration de l’abolition de l’esclavage porte une charge symbolique forte. Ils inscrivent l’événement dans une continuité mémorielle dépassant l’hommage à Samuel Tavernier pour embrasser une histoire collective.

L’ensemble crée une cohérence profonde, mais il reste un point encore plus structurant que les visiteurs doivent connaître…

Les subtilités culturelles et les symboles qui enrichissent l’événement

Jazz An Ba To’L porte un message artistique, mais aussi un message social. L’idée de « se revêtir d’un camouflage » évoquée par l’association souligne une volonté de libération du jazz afro-caribéen. Il ne s’agit pas seulement de produire de la musique, mais d’affirmer une identité sonore qui refuse l’enclavement et valorise la créativité insulaire.

Ce camouflage fait référence à une esthétique visuelle martiniquaise, mais aussi à une métaphore culturelle : celle de la dissimulation qui protège, résiste, permet d’exister en marge. C’est un clin d’œil aux traditions carnavalesques, aux nèg gwo siwo, mais aussi aux artistes qui cherchent leur place dans un paysage artistique parfois uniformisé.

L’événement inclut également un volet écoresponsable, devenu central pour l’édition 2026. La gestion des déchets, la réduction des matériaux à usage unique et un temps de rencontres sur les pratiques culturelles et l’environnement sont intégrés à cette démarche. Cette orientation est cohérente avec les préoccupations contemporaines autour d’une culture durable.

Comme pour toute manifestation ouverte, certains éléments demandent une préparation pour profiter pleinement de la soirée…

Ce que les visiteurs ignorent parfois et qui peut changer leur expérience

Plusieurs aspects méritent d’être connus pour éviter de perdre une partie de l’expérience.

  • Beaucoup sous-estiment la dimension participative de la jam. Ce n’est pas un simple concert, mais un espace où le public et les musiciens cohabitent dans une dynamique d’échange.
  • Certains visiteurs ignorent l’importance des « nèg gwo siwo » dans le contexte mémoriel du mois de mai en Martinique. Leur présence ne relève pas de l’animation, mais d’un geste profondément symbolique.
  • L’espace artisanal demande du temps pour être exploré. Ceux qui arrivent en cours d’événement manquent souvent cette partie essentielle de l’ambiance.
  • L’engagement écoresponsable implique que certaines habitudes doivent être adaptées, comme l’usage limité de matériaux jetables.

En gardant ces éléments en tête, l’expérience devient beaucoup plus riche et cohérente.

Ce qui se prépare au Jardin de Monique dépasse ainsi un simple concert. C’est une soirée qui mêle mémoire, transmission, engagement culturel et liberté créative. Prenez le temps d’y entrer pleinement, et vous découvrirez un hommage vivant qui résonne bien au-delà d’une scène musicale.

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Written by
Amandine

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