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St Martin Week Guadeloupe AESH en Guadeloupe : toujours précaires à la rentrée, les promesses restent lettre morte
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AESH en Guadeloupe : toujours précaires à la rentrée, les promesses restent lettre morte

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À chaque rentrée, elles sont là pour rendre l’école accessible à des élèves qui ne pourraient pas toujours suivre seuls le rythme de la classe. Pourtant, en Guadeloupe, celles qui exercent ce métier essentiel restent confrontées à des contrats fragiles, des retards de salaire et une reconnaissance institutionnelle incomplète.

Les annonces sur l’école inclusive se multiplient, mais sur le terrain, une centaine d’élèves disposant d’une notification demeure encore sans accompagnement. Derrière cette situation, c’est aussi la précarité persistante des accompagnantes d’élèves en situation de handicap qui interroge.

Un rôle indispensable pour l’autonomie des élèves

L’AESH, accompagnante d’élèves en situation de handicap, n’est pas une simple présence à côté d’un enfant. En Guadeloupe, cette fonction est très majoritairement exercée par des femmes. Sa mission est définie par le ministère de l’Éducation nationale autour d’un principe central : aider l’élève à gagner en autonomie, sans faire à sa place.

Les interventions couvrent trois domaines précis. Elles concernent les actes de la vie quotidienne, l’accès aux activités d’apprentissage et la participation aux activités sociales ou relationnelles. L’accompagnement doit être adapté au trouble, aux besoins et au niveau d’autonomie de chaque élève.

  • L’AESH-i assure un accompagnement individuel pour un élève qui nécessite une présence continue.
  • L’AESH-m intervient auprès de plusieurs élèves selon une organisation mutualisée.
  • L’AESH-co travaille dans les dispositifs Ulis, les unités localisées pour l’inclusion scolaire.

Les missions ne sont pas identiques selon les âges. À l’école élémentaire, l’accompagnement peut être plus soutenu dans le quotidien scolaire. Au collège et au lycée, l’AESH peut notamment apporter un appui lors des tâches écrites, selon les difficultés rencontrées par l’élève.

Cette capacité d’écoute est au cœur du métier. Comme l’explique une AESH, Leslie Birman, il faut savoir s’adapter aux difficultés de l’élève pour que celui-ci puisse aussi trouver ses repères. Mais cette mission humaine repose encore sur un statut instable.

Des contrats publics, mais une précarité qui persiste

Les AESH sont des agentes contractuelles de droit public, recrutées à l’échelle académique. Leur parcours commence généralement par un contrat de trois ans. Celui-ci peut être renouvelé une fois, avant un accès possible à un contrat à durée indéterminée, ou CDI.

Depuis la réforme de 2023, ce passage au CDI est possible après six années d’exercice. Il ne règle toutefois pas toutes les difficultés. En Guadeloupe, le député Max Mathiasin a interrogé le gouvernement en 2024 sur un problème particulièrement sensible : le passage en CDI pouvait-il entraîner une baisse de la quotité de rémunération par rapport au CDD ?

Le ministère avait alors indiqué que la quotité de 62 % devait être maintenue, avec un changement d’échelon présenté comme favorable. Cette réponse n’a pas éteint les inquiétudes liées aux faibles temps de travail et aux revenus qui en découlent.

La question de la quotité a d’ailleurs été relancée en 2025. Le rectorat a fait passer certains contrats de 50 % à 53 %. Pour le SE-UNSA Guadeloupe, cette régularisation restait insuffisante. Le syndicat demandait une prise en compte complète des quatre années précédentes pour les AESH en CDI, et non un effet rétroactif limité au 1er janvier 2025.

La demande de fond dépasse donc les seuls ajustements administratifs. Les organisations syndicales réclament un véritable statut de fonctionnaire, à la hauteur des responsabilités exercées chaque jour auprès des élèves.

Comment un élève obtient l’aide d’une AESH

Une famille ne choisit pas seule d’obtenir une AESH, pas plus qu’un enseignant ne peut en décider isolément. La procédure repose sur une évaluation collective des besoins de l’élève. Elle commence au sein de l’établissement scolaire.

L’équipe pédagogique renseigne le Geva-Sco, le guide d’évaluation des besoins de compensation en matière de scolarisation. Ce document permet de décrire les difficultés rencontrées, les besoins d’aide et les adaptations déjà mises en place.

  1. Évaluer les besoins de l’élève avec l’équipe éducative et le formulaire Geva-Sco.
  2. Transmettre le dossier à la Maison départementale des personnes handicapées, la MDPH.
  3. Examiner la demande par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées, la CDAPH.
  4. Intégrer la décision au projet personnalisé de scolarisation, ou PPS.
  5. Définir la modalité d’accompagnement : individuel, mutualisé ou collectif en Ulis.

La CDAPH est donc l’instance qui décide si une aide humaine est nécessaire. Elle précise également sa forme. Tous les élèves en situation de handicap n’ont pas forcément besoin d’une AESH, même lorsqu’ils bénéficient d’un suivi ou d’aménagements scolaires.

Cette organisation vise à répondre au plus près des situations. Encore faut-il que les postes et les accompagnantes soient effectivement disponibles lorsque la notification est accordée.

Public, privé et périscolaire : une protection inégale

Sur le temps de classe, les règles sont les mêmes dans l’enseignement public et dans le privé sous contrat. La notification est délivrée par la CDAPH. L’État finance alors l’accompagnement AESH dans les deux cas.

La situation change toutefois dès que l’élève quitte le temps scolaire strict. La cantine, la garderie et les activités périscolaires ne relèvent pas du même circuit de financement.

Type d’établissement ou de tempsFinancement de l’accompagnement
École publique, pendant les coursÉtat
Privé sous contrat, pendant les coursÉtat
École publique, cantine et périscolaireCollectivités territoriales
Privé sous contrat, cantine et périscolaireSolution à rechercher par les familles et établissements
Privé hors contratPas de dispositif AESH de l’Éducation nationale

Dans le privé sous contrat, l’État ne prend en charge que le temps scolaire. Plusieurs parlementaires et le Défenseur des droits ont alerté sur cette différence de traitement. Les familles et les établissements doivent parfois financer eux-mêmes l’accompagnement durant les temps périscolaires.

Dans le privé hors contrat, la rupture est complète. Les familles doivent organiser et payer seules l’aide nécessaire. Aucune donnée chiffrée spécifique à la Guadeloupe n’a été identifiée sur cette situation dans le secteur privé. Les informations disponibles concernent surtout l’enseignement public.

Salaires impayés et revendications : une crise répétée

La rentrée 2025-2026 a été marquée par des retards de paiement particulièrement visibles. Le 29 septembre 2025, environ 150 AESH se sont rassemblées devant le rectorat de Guadeloupe. Elles réclamaient le versement de leur salaire de septembre, alors qu’elles avaient travaillé.

Face à la mobilisation, un acompte correspondant à 90 % du salaire a été débloqué le 7 octobre. Le rectorat avait aussi promis le remboursement des agios bancaires liés à ce retard. Mais le problème s’est prolongé.

Début novembre, des indemnités de septembre et d’octobre restaient bloquées. Le rectorat évoquait alors un « incident technique » et annonçait une régularisation avant la fin novembre. Pour des personnels souvent employés à temps incomplet, chaque retard peut déstabiliser un budget déjà contraint.

Les syndicats SPEG et SE-UNSA portent une revendication plus large : la création d’une catégorie B de la fonction publique pour les AESH, aujourd’hui contractuelles. Cette demande a été au centre de la grève nationale du 9 juin 2026.

Le ministère n’a envisagé qu’une fonctionnarisation limitée à 10 à 20 % des effectifs. Les organisations syndicales jugent cette proportion très insuffisante. À la rentrée 2026, le SPEG a rappelé sa position dans un communiqué : « AESH : un métier essentiel, des droits à faire respecter. »

La Guyane obtient un accord, la Guadeloupe attend encore

La comparaison avec la Guyane montre que la précarité n’entraîne pas partout la même réponse institutionnelle. Dans les deux académies, les AESH dénoncent des contrats insuffisants, une rémunération limitée et un manque de reconnaissance.

En Guadeloupe, les réponses ont surtout pris la forme d’acomptes et de promesses de régularisation. Aucun protocole global n’a été signé à ce stade. La crise reste gérée au fil des incidents administratifs.

En Guyane, la mobilisation du 9 juin 2026 a réuni le Snes-FSU et le SE-UNSA. Des rassemblements ont eu lieu simultanément à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni. Les revendications visaient notamment le passage à 24 heures de temps complet et la suppression des dispositifs PIAL et PAS, jugés dégradants pour les conditions de travail.

Un protocole d’accord a été conclu avec le rectorat de Guyane. Il prévoit le passage des AESH du premier degré à 24 heures de contrat, un rattrapage indemnitaire avant le 31 août 2026 et une mise à jour indiciaire avant la fin de 2026.

Le texte prévoit aussi l’étude d’une brigade de remplacement et un comité de suivi. Le SE-UNSA Guyane y voit une première victoire, tout en appelant à surveiller l’application concrète de ces engagements.

Rentrée 2026 : l’école inclusive face au manque d’accompagnement

La rentrée 2026 en Guadeloupe concerne plus de 76 000 élèves. Ce total est en baisse de près de 1 700 élèves par rapport à l’année précédente. Le contexte est également marqué par 91 suppressions de postes d’enseignants, dénoncées par l’ensemble des syndicats.

L’académie compte cette année 5 400 élèves en situation de handicap. Parmi eux, plus de 3 000 ont reçu une notification de la MDPH. Pourtant, une centaine d’élèves disposant de cette notification attend encore un accompagnement effectif.

Dès août 2025, le rectorat avait annoncé le déploiement de quatre Pôles d’appui à la scolarité pour 2026. Trois doivent être installés en Guadeloupe et un à Saint-Martin. Ces PAS doivent renforcer l’accompagnement des élèves, dans un parcours ordinaire comme dans un parcours spécifique.

Le recteur Gabriele Fioni affirme que l’école inclusive doit être une politique appuyée par des moyens, du suivi et des personnels formés. Pour les AESH et les familles, l’enjeu est désormais de voir cette ambition se traduire en contrats stables, en salaires versés à temps et en accompagnements réellement assurés.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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