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St Martin Week Guadeloupe Guadeloupe : à Capesterre Belle-Eau, le mouvement “Nou Las Palé” dépasse les frontières du collectif et rassemble bien au-delà
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Guadeloupe : à Capesterre Belle-Eau, le mouvement “Nou Las Palé” dépasse les frontières du collectif et rassemble bien au-delà

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À Capesterre Belle-Eau, la mobilisation a pris une dimension qui dépasse le cadre d’un seul collectif. Sur les axes bloqués, des habitants ont voulu exprimer une colère quotidienne, tout en mettant en lumière les conséquences très concrètes des barrages pour les soignants et les personnes vulnérables.

Dans la matinée du 21 octobre, entre tensions nocturnes, feux sur la chaussée et retour progressif à la circulation, la commune est devenue l’un des points sensibles du mouvement en Guadeloupe. Mais sur place, les participants tenaient à faire entendre une nuance importante.

À Capesterre Belle-Eau, une mobilisation qui traduit un malaise plus large

Depuis le 14 octobre, le collectif « Nou Las Palé » est à l’origine d’une mobilisation accompagnée de blocages dans plusieurs communes de Guadeloupe. Les revendications portent sur des sujets qui concernent directement la vie quotidienne des habitants.

La vie chère, les prix des carburants, l’accès à l’eau potable et les difficultés rencontrées par les entreprises figurent parmi les principaux motifs de contestation. Après sept jours de blocages et de mobilisation, les réponses attendues sur ces dossiers restaient encore incertaines.

À Capesterre Belle-Eau, cependant, les personnes présentes sur les barrages affirmaient ne pas appartenir au collectif « Nou Las Palé ». Elles disaient agir comme habitants de la commune, avec leurs propres mots et leur propre organisation.

Cette distinction n’efface pas la proximité des revendications. Elle montre plutôt que la mobilisation trouve un écho bien au-delà de ses initiateurs, dans une population confrontée aux mêmes difficultés sur le carburant, l’alimentation, l’eau ou les services publics. Reste à comprendre ce qui s’est précisément joué sur les routes de Basse-Terre.

Des habitants indépendants de « Nou Las Palé », mais des demandes similaires

Le mercredi 21 octobre au matin, plusieurs obstacles ont été installés entre le pont de l’Îlet Pérou et le rond-point de la Kassaverie. Certains de ces obstacles étaient en feu, empêchant les automobilistes de circuler normalement sur cet axe de Capesterre Belle-Eau.

Sur le barrage, une vingtaine de jeunes, vêtus de noir et cagoulés, se présentaient comme des habitants de la commune. Ils affirmaient ne pas faire partie de « Nou Las Palé », tout en partageant les préoccupations exprimées depuis le début du mouvement.

Leur demande était claire : obtenir une rencontre avec le préfet. À leurs côtés, une femme saluait l’engagement de cette jeunesse. Elle disait que les habitants étaient à bout face aux difficultés rencontrées au quotidien et estimait que le préfet devait venir écouter les manifestants.

Un autre homme a énuméré les motifs de colère : la hausse du prix des carburants, le coût des denrées alimentaires, les coupures d’eau et un hôpital qui, selon lui, ne se termine jamais. Ces griefs rejoignent directement les thèmes défendus par « Nou Las Palé ».

La situation de Capesterre Belle-Eau illustre donc une mobilisation plus diffuse. Le nom du collectif sert de point de rassemblement, mais le mouvement réunit aussi des personnes qui ne s’en réclament pas formellement. Cette extension a toutefois eu un effet immédiat sur les déplacements et l’organisation des soins.

Les barrages ont perturbé les soignants et l’accompagnement des personnes fragiles

Les blocages ont compliqué le quotidien de nombreux automobilistes, notamment des professionnels devant rejoindre leur lieu de travail. Pour eux, l’enjeu ne concernait pas seulement un retard ou un détour : il s’agissait aussi d’assurer la continuité des prises en charge.

Une infirmière travaillant en hospitalisation à domicile était partie à 6 h 20 afin de commencer sa tournée à 7 heures. Bloquée sur la route, elle tentait avec sa responsable de réorganiser les interventions prévues auprès des patients.

Son secteur allait de Capesterre Belle-Eau à Vieux-Habitants. Face à l’incertitude, l’équipe devait s’adapter au fil de la matinée, sans savoir immédiatement quelles visites pourraient être maintenues ou reportées.

Une autre automobiliste, partie de Goyave pour rejoindre son poste à Gourbeyre, intervenait auprès de personnes en situation de handicap. Sans rejeter le mouvement, elle demandait que les professionnels chargés des personnes âgées, vulnérables ou handicapées puissent circuler pour assurer leur mission.

Trois employés du centre hospitalier de Capesterre Belle-Eau se sont également retrouvés à l’arrêt. Leur retard empêchait leurs collègues de nuit de terminer leur service, prolongeant une garde déjà engagée.

  • Professionnels concernés : infirmières à domicile, salariés de l’hôpital et accompagnants de personnes en situation de handicap.
  • Zones affectées : Capesterre Belle-Eau, Vieux-Habitants, Goyave et Gourbeyre.
  • Conséquence principale : des soins et des relais professionnels à réorganiser en urgence.

Malgré ces difficultés, une conductrice bloquée a apporté son soutien à la grève. Elle jugeait le mouvement important au regard de la situation et espérait qu’un terrain d’entente serait trouvé. Mais, avant le retour au calme, la nuit avait été marquée par des affrontements.

Une nuit de tensions à Rivière-Pérou avant le dégagement des axes

La situation a commencé à se dégrader plusieurs heures avant l’intervention de la matinée. Vers 3 h 30, les premiers gendarmes sont intervenus à Rivière-Pérou, alors qu’un barrage était en cours d’installation.

Selon le capitaine Meurice, commandant adjoint de la compagnie de gendarmerie de Saint-Claude, les militaires ont été visés dès leur arrivée. Un groupe d’environ trente individus, cagoulés et vêtus de noir, leur a lancé des pierres.

Des renforts ont alors été envoyés dans le secteur. D’après le capitaine Meurice, les incidents ont duré environ une heure, avant qu’un échange soit engagé avec les jeunes présents sur place.

Ces derniers ont demandé l’arrêt des tirs de gaz lacrymogène. Ils ont aussi indiqué qu’ils ne souhaitaient pas poursuivre les affrontements. Les jets de pierres ont cessé à l’issue de cet échange, mais les barrages sont restés installés jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre.

MomentLieuÉvénement
Vers 3 h 30Rivière-PérouIntervention des premiers gendarmes lors de l’installation d’un barrage.
Environ une heureSecteur de Rivière-PérouJets de pierres, arrivée de renforts puis échange avec les jeunes.
Vers 10 heuresÎlet Pérou et rond-point de la KassaverieOpération de dégagement menée par policiers et gendarmes.
À la mi-journéeCapesterre Belle-EauCirculation rétablie après extinction des feux et nettoyage de la chaussée.

Le passage de la confrontation au dialogue a permis de mettre fin aux jets de pierres. Il n’a pas suffi à lever les obstacles, ce qui a conduit à une nouvelle opération quelques heures plus tard.

Une intervention sans affrontement et une circulation rétablie à la mi-journée

Vers 10 heures, policiers et gendarmes sont intervenus pour dégager les deux barrages situés à l’Îlet Pérou, à quelques mètres du rond-point de la Kassaverie. Cette opération s’est déroulée sans heurts, contrairement aux incidents observés pendant la nuit.

Le capitaine Meurice a expliqué que les forces de l’ordre avaient réalisé une « vague de refoulement ». Les personnes présentes ont quitté l’axe, sans qu’il soit nécessaire d’employer la force.

Entre 35 et 40 gendarmes ont été mobilisés, avec l’appui de policiers venus de Pointe-à-Pitre. Après le dégagement, les sapeurs-pompiers ont éteint les feux allumés sur les obstacles.

Les équipes de Routes de Guadeloupe ont ensuite déblayé la chaussée. La circulation a pu reprendre à la mi-journée, tandis que les gendarmes prévoyaient de conserver une présence sur place afin de prévenir d’éventuels nouveaux blocages.

Cette séquence souligne la difficulté d’une crise où les revendications sociales coexistent avec l’urgence de préserver les déplacements essentiels. Le maintien d’un accès pour les soins, l’hôpital et l’accompagnement des publics fragiles reste un point particulièrement sensible.

Ce qu’il faut retenir pour la suite du mouvement en Guadeloupe

Le cas de Capesterre Belle-Eau montre que « Nou Las Palé » ne se limite pas nécessairement à ses membres ou à ses porte-parole. Des habitants non affiliés au collectif ont repris les mêmes préoccupations, en demandant eux aussi à être entendus par le préfet.

Les blocages ont donné une visibilité forte à la contestation, mais ils ont aussi mis sous tension les professionnels de santé et les salariés indispensables à la continuité des services. L’équilibre entre pression sociale et circulation des personnes vulnérables apparaît donc central.

Après sept jours de mobilisation, les attentes demeurent sur l’eau, le coût de la vie, les carburants et les difficultés des entreprises. À Capesterre Belle-Eau, le retour de la circulation n’efface pas ces demandes, qui continuent de rassembler bien au-delà du collectif initial.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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