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Gravats amiantés à Jarry : qui devra payer pour libérer la Voie Verte, et la réponse risque de surprendre

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La Voie Verte de Jarry reste impraticable, tandis que les gravats déposés sur son tracé attendent toujours d’être retirés. Le problème ne tient plus seulement au blocage de la circulation : les matériaux contiennent de l’amiante, ce qui impose une dépollution encadrée et coûteuse. Quant à la facture, elle pourrait ne pas être réglée par celui que beaucoup imaginent.

À ce stade, aucune date de réouverture n’est annoncée. Les automobilistes, les commerçants et les salariés de la zone de Jarry restent donc confrontés à une fermeture dont les effets peuvent durer bien au-delà des barrages eux-mêmes.

Pourquoi la fermeture de la Voie Verte pèse sur toute la zone de Jarry

La situation dure depuis les barrages installés le 14 octobre 2026 par le collectif Nou Las Palé. Dix jours plus tard, au moment de la publication des informations le 24 octobre 2026, la Voie Verte à Jarry, sur le territoire de Baie-Mahault, demeurait fermée à la circulation.

Les gravats sont restés sur place et ont été recouverts de bâches pendant plusieurs jours. Cette précaution ne résout toutefois pas le problème de fond : des déchets de chantier ne peuvent pas être retirés comme de simples déblais lorsqu’ils comprennent des matériaux dangereux.

Jarry est une zone commerciale et économique essentielle de la Guadeloupe. La Voie Verte constituait une voie d’accès privilégiée pour entrer dans la zone. Son blocage complique aussi les sorties, avec des répercussions concrètes pour les livraisons, les déplacements professionnels et l’arrivée des consommateurs.

Le préfet de Guadeloupe, Thierry Devimeux, estime que cette fermeture constitue probablement l’un des facteurs expliquant une baisse du chiffre d’affaires dans la zone. Ce constat ne permet pas d’attribuer à lui seul les difficultés économiques des entreprises, mais il souligne l’enjeu immédiat d’un retour à la circulation.

Or, l’opération à mener ne se limite plus à déplacer des tas de gravats. La confirmation du risque sanitaire a fait basculer le dossier dans le champ de la dépollution spécialisée.

La réponse sur le paiement : aucune décision n’est encore arrêtée

La réponse la plus importante, et sans doute la plus surprenante, est simple : le préfet n’a pas encore décidé qui paiera l’enlèvement des gravats amiantés. L’État pourrait intervenir, mais les personnes à l’origine du dépôt pourraient également être appelées à assumer les frais.

Thierry Devimeux a évoqué l’hypothèse selon laquelle celui qui a déposé les déchets pourrait devoir les faire enlever et régler l’opération. Il a néanmoins précisé qu’aucune stratégie n’était arrêtée et que le débat n’était pas tranché.

Cette prudence s’explique par la nature du dossier. Faire évacuer des déchets contenant de l’amiante suppose des intervenants habilités, un conditionnement adapté, des mesures pour limiter la dispersion de fibres et une destination autorisée pour le stockage ou l’élimination.

Le préfet a souligné que l’ensemble coûterait très cher. Aucun montant précis n’a été communiqué. Il serait donc prématuré d’avancer un chiffre, mais l’absence de décision sur le payeur ne signifie pas que l’opération peut être différée sans conséquence.

ÉlémentSituation connue
Nature des déchetsGravats comprenant des matériaux de type fibrociment contenant de l’amiante
RetraitIntervention nécessaire d’entreprises habilitées
DestinationÉtablissement ou site habilité à recevoir ces déchets
CoûtPrésenté comme très élevé, sans chiffrage annoncé
PayeurAucune décision prise entre une prise en charge publique et une responsabilité des auteurs du dépôt

La question financière reste donc ouverte. Mais avant même de désigner un responsable du paiement, il faut organiser une évacuation qui protège les travailleurs, les riverains et les usagers de la zone.

Ce que l’évacuation des gravats amiantés implique concrètement

Les analyses demandées par la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement, la DEAL, ont confirmé le mercredi 21 octobre 2026 la présence d’amiante. Les matériaux concernés sont identifiés comme étant de type fibrociment.

Le fibrociment a été largement utilisé dans le bâtiment, notamment pour des plaques, toitures, canalisations ou éléments de façade. Lorsque ces matériaux sont dégradés, cassés ou manipulés, ils exigent des précautions strictes. Le risque ne se résume pas à la présence visible de gravats : il concerne aussi les fibres susceptibles d’être libérées lors des manipulations.

  1. Sécuriser les zones concernées afin de limiter les accès et d’éviter que les gravats soient déplacés sans protocole.
  2. Faire intervenir une entreprise habilitée pour évaluer les conditions de retrait, organiser la protection des opérateurs et manipuler les déchets.
  3. Conditionner les matériaux de manière adaptée avant leur transport, afin de réduire le risque de dispersion.
  4. Transporter les déchets vers une installation habilitée, capable de les recevoir conformément aux règles applicables.
  5. Contrôler et dépolluer les emprises si nécessaire avant d’envisager la réouverture des voies concernées.

Quatre barrages avaient été constitués avec ces gravats dans la zone de Jarry. Trois sites restaient concernés par les opérations d’enlèvement. Les déchets du quatrième barrage avaient déjà été déplacés avant la confirmation de la présence d’amiante.

Cette chronologie compte. Elle montre pourquoi les autorités ne peuvent pas annoncer une remise en circulation immédiate, même lorsque l’objectif est de libérer rapidement les axes routiers.

Une chronologie qui explique le blocage actuel

Les premiers soupçons ne sont pas apparus après coup. Dès le 15 octobre 2026, des prélèvements avaient été réalisés par une équipe d’experts, après les inquiétudes exprimées sur la possible présence d’amiante dans les gravats déposés sur la Voie Verte et sur deux autres sites de la zone industrielle de Baie-Mahault.

Les résultats étaient alors attendus pour le mercredi suivant. La confirmation obtenue le 21 octobre a rendu nécessaire une gestion plus lourde que le simple déblaiement d’un barrage routier.

L’entrepreneur du BTP José Gaddarkhan, membre du collectif Nou Las Palé, a nié toute responsabilité dans cette affaire. Cette position ne préjuge pas des responsabilités qui pourraient être établies ultérieurement par les autorités compétentes.

La préfecture a par ailleurs transmis un signalement à la procureure de la République de Pointe-à-Pitre. Il porte sur des faits présumés de pollution du sol et de mise en danger de la vie d’autrui.

Cette démarche judiciaire est distincte de l’organisation matérielle de la dépollution. Elle pourrait toutefois contribuer à éclairer, à terme, les conditions du dépôt et les responsabilités éventuelles.

Ce qu’il faut éviter avant la réouverture de la Voie Verte

La première erreur serait de considérer les bâches comme une solution définitive. Elles constituent une mesure de protection provisoire, mais elles ne remplacent ni le retrait par des professionnels ni l’élimination dans une filière autorisée.

Il faut également éviter toute manipulation improvisée des gravats. Déplacer, casser, balayer ou charger des matériaux de fibrociment peut aggraver le risque lié aux fibres d’amiante. La rapidité recherchée pour rétablir la circulation ne doit pas conduire à contourner les règles de sécurité.

Enfin, l’absence de date annoncée ne signifie pas qu’aucune action n’est envisagée. Les travaux de dépollution peuvent prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon les opérations requises et les conditions de traitement des déchets.

Pour les usagers de Jarry, le point essentiel reste donc clair : la réouverture dépendra d’une évacuation conforme, pas seulement d’une décision administrative. Et la facture, elle, reste au cœur d’un débat que l’État n’a pas encore clos.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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