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St Martin Week Guadeloupe Chlordécone : des travailleurs agricoles se regroupent pour être indemnisés avant qu’il ne soit trop tard
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Chlordécone : des travailleurs agricoles se regroupent pour être indemnisés avant qu’il ne soit trop tard

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Pour des centaines d’anciens ouvriers des bananeraies, le temps devient un facteur décisif. Une démarche judiciaire se met en place pour faire reconnaître une inquiétude durable, née d’une exposition professionnelle à un pesticide aujourd’hui au cœur d’un scandale sanitaire majeur aux Antilles.

La possibilité d’obtenir réparation ne dépend pas forcément d’un diagnostic de cancer. Mais il faut agir avant l’expiration d’un délai précis, et constituer un dossier suffisamment solide.

Pourquoi cette démarche concerne les anciens travailleurs de la banane

Le chlordécone a été utilisé dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique entre les années 1970 et 1992. Ce pesticide visait à combattre le charançon, un ravageur particulièrement redouté dans les plantations de bananes.

Son utilisation a toutefois laissé une trace profonde. Le produit est associé à une contamination massive de la population et à une pollution environnementale sans précédent dans les Antilles françaises. Les travailleurs agricoles figuraient parmi les personnes les plus directement exposées lors de la manipulation, de l’épandage ou du travail quotidien dans les parcelles.

Cette exposition peut nourrir une inquiétude constante face au risque de développer des pathologies graves. Les cancers de la prostate sont notamment cités parmi les problèmes de santé apparus chez des travailleurs exposés. Or, vivre avec cette crainte peut être reconnu comme un dommage à part entière.

Le point essentiel est donc juridique autant que sanitaire. La justice administrative admet désormais que l’exposition à une substance nocive puisse ouvrir droit à une réparation au titre du préjudice d’anxiété. Encore faut-il que les personnes concernées se manifestent à temps.

Le préjudice d’anxiété, au cœur de l’action engagée

La démarche est portée par deux cabinets d’avocats : Quetzal Société d’avocats, installé à Baie-Mahault en Guadeloupe, et Phusis, basé à Paris. Ils souhaitent accompagner les travailleurs agricoles de Guadeloupe et de Martinique exposés au chlordécone dans une procédure d’indemnisation.

L’action vise le préjudice d’anxiété. Cette notion désigne l’angoisse liée au fait d’avoir été exposé à une substance dangereuse et de savoir que cette exposition peut avoir des conséquences sur la santé. Elle ne se limite donc pas aux personnes ayant déjà reçu un diagnostic médical.

Les anciens salariés des bananeraies peuvent ainsi faire examiner leur situation même s’ils ne souffrent pas d’un cancer déclaré. Chaque cas doit néanmoins être étudié séparément. Il ne s’agit pas d’une indemnisation automatique : les avocats analyseront le parcours professionnel et les éléments permettant d’établir l’exposition au chlordécone.

Selon les informations communiquées dans le cadre de cette action, les plaignants peuvent espérer une indemnisation moyenne de 10 000 euros, y compris en l’absence de diagnostic de cancer. Cette estimation ne préjuge pas de la somme attribuée dans chaque dossier individuel. Reste à savoir qui peut concrètement rejoindre la procédure.

Qui peut se manifester et comment constituer son dossier

Les cabinets Quetzal et Phusis s’adressent aux personnes ayant travaillé dans une bananeraie en Guadeloupe ou en Martinique entre 1970 et 1992. Cette période correspond aux années durant lesquelles le chlordécone a été répandu pour lutter contre le charançon.

Une plateforme en ligne, Action Chlordecone, a été créée pour permettre aux victimes potentielles de se faire connaître et de rejoindre la procédure en préparation. Son objectif est d’élargir le champ des réparations en recueillant les demandes de toutes les personnes concernées par ce pesticide.

Pour préparer un examen individuel, il est utile de réunir les documents qui retracent l’activité professionnelle. Les éléments disponibles peuvent faciliter l’étude de l’exposition :

  • contrats de travail, bulletins de salaire ou certificats d’emploi ;
  • attestations d’anciens collègues ou d’employeurs ;
  • documents indiquant les plantations, les fonctions occupées et les périodes travaillées ;
  • pièces médicales disponibles, sans qu’un cancer diagnostiqué soit une condition préalable ;
  • résultats de dépistage de la chlordéconémie, lorsque la personne en possède.

La chlordéconémie correspond à la mesure du taux de chlordécone dans l’organisme. Le député Olivier Serva a rappelé son action en faveur de la gratuité de ce dépistage. Cet accès gratuit s’inscrit dans une logique de reconnaissance et de suivi des personnes exposées.

Les avocats ont annoncé que 50 personnes s’étaient déjà manifestées autour de l’action collective. Ce chiffre marque le début d’un regroupement, mais la procédure reste fondée sur l’étude de chaque dossier. Le calendrier, lui, ne laisse guère de marge.

Deux dates à retenir avant la prescription

La date la plus importante est celle du 31 décembre 2026. C’est à cette échéance que le délai de prescription annoncé pour faire valoir ses droits doit expirer. Après cette date, engager une demande d’indemnisation peut devenir beaucoup plus difficile, voire impossible selon la situation.

Les cabinets invitent donc les anciens travailleurs agricoles concernés à se joindre à la démarche avant le 30 novembre 2026. Cette date anticipée doit laisser le temps de recueillir les informations nécessaires et de préparer les recours avant la fin du délai légal.

DateCe qu’elle implique
1970 à 1992Période de travail dans une bananeraie de Guadeloupe ou de Martinique visée par l’appel.
21 octobre 2026Présentation publique de l’action par les cabinets Quetzal et Phusis, en présence du député Olivier Serva.
30 novembre 2026Date recommandée pour se signaler auprès de l’action collective.
31 décembre 2026Échéance annoncée du délai de prescription pour demander réparation.

Ne pas attendre le dernier moment est essentiel. Retrouver des fiches de paie anciennes, joindre d’anciens collègues ou reconstituer un parcours en plantation demande parfois plusieurs semaines. Un dossier incomplet peut souvent être documenté, à condition de commencer assez tôt.

Cette urgence explique l’appel lancé par les deux cabinets. La réparation recherchée ne porte pas uniquement sur une maladie déjà déclarée, mais aussi sur la crainte légitime provoquée par l’exposition.

Ce que cette action change pour les victimes potentielles

Cette initiative judiciaire met en lumière une distinction importante. Une personne peut être concernée par le chlordécone sans présenter aujourd’hui une pathologie identifiée. Le préjudice d’anxiété repose précisément sur l’incertitude et la peur générées par une exposition à un produit nocif.

La démarche ne concerne pas seulement les habitants des territoires affectés. Elle cible ici les travailleurs de la banane, car leur activité les a placés au plus près des traitements et des sols contaminés. La période, le lieu de travail et la fonction exercée seront donc des données centrales.

La présence de deux cabinets, l’un en Guadeloupe et l’autre à Paris, permet d’organiser les demandes à la fois localement et dans le cadre contentieux national. Quetzal, à Baie-Mahault, connaît l’ancrage guadeloupéen du dossier. Phusis intervient depuis Paris dans cette procédure en constitution.

Le soutien public affiché par Olivier Serva donne aussi une visibilité supplémentaire à l’appel. Pour les anciens ouvriers, l’enjeu reste très concret : faire reconnaître une exposition professionnelle et l’anxiété qui peut l’accompagner. Mais certaines erreurs peuvent retarder cette reconnaissance.

Les erreurs à éviter avant de solliciter une indemnisation

La première erreur serait de croire qu’un cancer est obligatoire pour prendre contact. L’action annoncée vise également des personnes sans diagnostic de cancer, dès lors que leur exposition professionnelle peut être examinée au titre du préjudice d’anxiété.

Il ne faut pas non plus écarter son dossier parce que l’on ne possède pas toutes ses archives. Bulletins de salaire, témoignages, dates approximatives, noms de plantations ou anciennes fonctions peuvent constituer des points de départ utiles pour reconstituer un parcours.

Enfin, attendre décembre 2026 serait risqué. Les cabinets demandent aux candidats de se faire connaître avant le 30 novembre, alors que la prescription est fixée au 31 décembre. Cette avance peut faire toute la différence pour un dossier à compléter.

Les anciens travailleurs des bananeraies de Guadeloupe et de Martinique ayant exercé entre 1970 et 1992 ont donc intérêt à vérifier rapidement leur éligibilité via la plateforme Action Chlordecone. Le temps de rassembler les preuves commence maintenant.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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