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St Martin Week Guadeloupe Guadeloupe : la ministre des Outre-mer s’engage à rencontrer le collectif Nou Las Palé après sa déclaration sur un éventuel échange
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Guadeloupe : la ministre des Outre-mer s’engage à rencontrer le collectif Nou Las Palé après sa déclaration sur un éventuel échange

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Une rencontre improvisée, quelques phrases échangées devant la mairie, puis une promesse de dialogue. En Guadeloupe, la visite de Naïma Moutchou intervient alors que la mobilisation sociale dure depuis plusieurs semaines et que la tension reste vive sur les routes comme dans les entreprises.

La ministre des Outre-mer n’a pas fermé la porte aux représentants qui réclament d’être entendus. Mais cet éventuel entretien suscite déjà une forte opposition chez les organisations patronales, confrontées aux conséquences des barrages et des violences.

Une crise sociale qui dépasse les seuls barrages routiers

La Guadeloupe traverse une crise sociale installée depuis trois semaines. Les militants du collectif Nou Las Palé, aussi appelé NLP, manifestent dans l’archipel depuis le 14 octobre.

Le mouvement s’inscrit dans un quotidien déjà difficile pour de nombreux habitants. Le manque d’eau potable, le coût de la vie et l’augmentation des prix des produits pétroliers figurent parmi les griefs exprimés.

Le pouvoir d’achat demeure un sujet particulièrement sensible. Les prix de l’alimentation sont en moyenne 42 % plus élevés qu’en Hexagone, un écart qui nourrit le sentiment d’inégalité entre la Guadeloupe et le territoire continental.

Les entreprises évoquent aussi leurs propres difficultés. Elles doivent faire face aux charges sociales et fiscales, tout en subissant les perturbations liées aux blocages. Des barrages sont érigés presque quotidiennement dans plusieurs secteurs de l’archipel.

Dans ce climat, la première visite officielle de Naïma Moutchou en Guadeloupe ne pouvait pas se limiter à un programme institutionnel. Les militants voulaient obtenir un échange direct avec la ministre des Outre-mer. C’est précisément ce qui s’est produit à Pointe-à-Pitre.

Naïma Moutchou se dit prête à recevoir Nou Las Palé

Le face-à-face a eu lieu à l’hôtel de ville de Pointe-à-Pitre, lors d’une rencontre initialement prévue avec des commerçants. À son arrivée, Naïma Moutchou a été interpellée par Ludovic Tolassy et d’autres membres du collectif Nou Las Palé.

À l’invitation du maire Ary Durimel, la ministre est revenue vers les manifestants afin de les écouter. L’échange a été court, mais il a ouvert une perspective attendue par les citoyens mobilisés.

Les représentants de NLP demandent à être officiellement reçus et réclament des décisions fortes pour améliorer les conditions de vie des Guadeloupéens. La ministre a indiqué qu’elle ne s’opposerait pas, par principe, à une réunion avec le collectif.

Naïma Moutchou a expliqué que son déplacement visait justement à aborder ces sujets, à les mettre sur la table et à rechercher des avancées collectives. Elle a évoqué un possible défaut de communication autour d’un entretien que le préfet devait organiser, mais qui n’a finalement pas eu lieu.

La ministre a assuré privilégier le dialogue et les résultats. Avec son équipe, elle entend tenter d’organiser une rencontre malgré un calendrier de visite contraint. Ni le jour ni l’horaire du rendez-vous n’étaient arrêtés avant le lendemain soir.

Cette disponibilité au dialogue répond à une attente d’une partie des manifestants. Elle pose toutefois une question explosive pour le monde économique : comment ouvrir une discussion sans donner l’impression de légitimer les blocages ?

Pourquoi les organisations patronales dénoncent une « prime au blocage »

L’hypothèse d’un entretien entre la ministre et Nou Las Palé a provoqué la colère de l’Union des entreprises de Guadeloupe, l’UDE-MEDEF, et d’Entrepreneurs de Guadeloupe. Les deux organisations ont réagi dans un communiqué publié jeudi.

Leur reproche est clair : après 17 jours de blocages, des entreprises pillées ou incendiées et des emplois fragilisés, les sociétés sinistrées n’auraient pas reçu une attention suffisante dans le programme ministériel annoncé.

Pour ces organisations, recevoir des membres du collectif à l’origine des barrages constituerait une faute politique si les victimes économiques restaient sans réponse. Elles estiment qu’un tel choix reviendrait à récompenser le blocage et à ignorer les entreprises touchées.

Leurs demandes portent sur des mesures concrètes de soutien et de réparation. Elles rappellent que salariés et entrepreneurs subissent directement les entraves à l’activité, les dégradations et l’incertitude sur la reprise économique.

L’UDE-MEDEF Guadeloupe et Entrepreneurs de Guadeloupe ont également renouvelé leur soutien au préfet. Elles demandent que l’État affirme son appui à sa mission de maintien de l’ordre, de défense de la liberté de circuler et de travailler.

La Chambre de commerce et d’industrie des îles de Guadeloupe, la CCI IG, partage cette inquiétude. Elle estime que le dialogue est nécessaire, mais qu’il ne peut pas être la seule réponse aux violences, aux barrages et au sentiment d’impunité dénoncé par les entrepreneurs.

Pour la CCI IG, le respect des institutions et de la liberté de travailler doit précéder toute sortie de crise durable. Reste à savoir quels dispositifs précis l’État peut mettre sur la table pour éviter que le dialogue ne reste symbolique.

Des aides annoncées et plusieurs dossiers concrets au programme

Le gouvernement prévoit de maintenir le bouclier qualité-prix, ou BQP, afin de répondre au niveau élevé des prix alimentaires. Ce dispositif encadre une sélection de produits de consommation courante pour contenir leur coût.

Pour les entreprises affectées par les mobilisations récentes, des prêts à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros sont annoncés. Ils doivent aider les structures touchées à faire face aux pertes et aux perturbations de leur activité.

DossierÉlément annoncé ou examiné
Vie chèreMaintien du bouclier qualité-prix
Entreprises sinistréesPrêts à taux zéro jusqu’à 50 000 euros
Eau potableVisite de l’usine de Deshauteurs à Sainte-Anne
SécuritéPatrouille de nuit prévue à la cour Zamia
Économie régionaleParticipation à la 30e conférence des présidents des RUP

La gestion de l’eau fait aussi partie du déplacement. Naïma Moutchou doit se rendre à l’usine de production d’eau de Deshauteurs, à Sainte-Anne, où des représentants de collectifs d’usagers doivent être entendus.

Les rencontres prévues concernent donc les acteurs politiques et économiques, mais aussi les habitants confrontés à une crise persistante de l’eau potable. Sur ce sujet comme sur la vie chère, les Guadeloupéens attendent surtout des améliorations perceptibles au quotidien.

La visite ne se limite pourtant pas aux enjeux sociaux et économiques. La sécurité s’impose comme un autre dossier majeur.

Sécurité, eau, diplomatie : une visite ministérielle sous haute tension

La Guadeloupe affichait en 2025 un taux de 11,5 homicides pour 100 000 habitants. Ce niveau représente huit fois le taux national, selon les éléments présentés lors de la visite.

Naïma Moutchou doit participer jeudi soir à une patrouille de nuit dans le secteur de la cour Zamia, à Pointe-à-Pitre. C’est dans ce quartier qu’un adolescent de 15 ans a été tué par balles le samedi 31 octobre 2026.

Cette séquence sécuritaire souligne la diversité des urgences locales. La population attend à la fois une réponse contre la violence, une continuité du service d’eau, une baisse de la pression sur les budgets familiaux et un retour à une activité économique normale.

La ministre doit aussi achever son déplacement lors de la 30e conférence des présidents des régions ultrapériphériques, les RUP. Les échanges prévus jeudi après-midi portent sur le rôle stratégique de ces territoires, leur intégration régionale et leur capacité à attirer des investissements.

Une intervention au journal télévisé « Guadeloupe Soir », diffusé à 19 h 30 sur Guadeloupe la 1ère, est également annoncée. Naïma Moutchou doit répondre aux questions de Julien Babel.

Le déplacement se poursuit aussi à Deshaies, où la ministre doit aborder les enjeux économiques et touristiques. Le maire Alphonse Guillaume a notamment évoqué les difficultés de la commune et l’arrivée prochaine de bateaux de croisière.

Ce que le dialogue devra éviter pour produire des résultats

Un rendez-vous avec Nou Las Palé ne réglera pas, à lui seul, les problèmes structurels de la Guadeloupe. L’eau potable, les prix alimentaires, les carburants, les charges des entreprises et la sécurité nécessitent des réponses distinctes.

Le premier écueil serait de réduire la crise aux barrages. Les organisations patronales demandent que les entreprises pillées, incendiées ou empêchées de travailler soient aussi entendues et accompagnées.

Le second serait de traiter le dialogue comme une finalité. Les collectifs d’usagers, les salariés, les commerçants et les entrepreneurs attendent des mesures applicables, avec des résultats identifiables sur le terrain.

Enfin, la liberté de circuler et de travailler demeure un point de fracture. La CCI IG considère qu’elle doit être garantie pour recréer les conditions d’un échange apaisé.

La rencontre éventuelle entre Naïma Moutchou et Nou Las Palé sera donc observée de près. Son intérêt dépendra moins de son annonce que de sa capacité à faire émerger des engagements concrets pour les habitants et les entreprises de Guadeloupe.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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