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Martinique : près d’une tonne de plastique retirée des îlets du Robert par des yoleurs engagés

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Sur les eaux tranquilles de la baie du Robert, une scène inhabituelle s’est jouée : des yoleurs, pourtant habitués à défier la mer, se sont consacrés à une autre bataille. En quelques heures, ils ont extrait près d’une tonne de plastique des îlets, redonnant à ces lieux emblématiques un souffle dont ils avaient besoin. Derrière cette opération se cache un message plus large, encore plus déterminant pour l’avenir des écosystèmes martiniquais.

Mais cette mobilisation n’a rien d’un geste isolé et elle ouvre une réflexion essentielle sur la manière de protéger durablement nos littoraux.

Pourquoi la dépollution des îlets du Robert est devenue indispensable

Les îlets du Robert occupent une place singulière dans le paysage martiniquais. Situés au cœur d’une baie protégée, ils abritent une mangrove fragile, des herbiers marins et une faune côtière très sensible. Pourtant, ces dernières années, ils sont devenus les victimes silencieuses de l’accumulation de déchets, principalement des plastiques venus aussi bien de la mer que des activités humaines.

L’opération menée le samedi 20 juin par les associations Bouée Lyson & Co et Martinique Yole Ronde Transmanche illustre cette urgence. Malgré une vigilance jaune pour fortes pluies et orages, environ soixante bénévoles se sont mobilisés. Ils avaient pourtant reçu près de 200 demandes de participation, un chiffre qui témoigne d’une prise de conscience collective.

Sur les rivages des îlets Chancel et Petite Martinique, les amas retrouvés sont éloquents : bouteilles, bidons, emballages, récipients en plastique de toutes sortes. Ce type de pollution menace directement les écosystèmes littoraux et marins, notamment la mangrove, qui joue un rôle essentiel de filtre naturel et de nurserie pour de nombreuses espèces.

Comprendre l’ampleur de la pollution aide à saisir pourquoi l’action de ces bénévoles est si déterminante pour l’équilibre écologique du territoire.

Mais un chiffre, surtout, a retenu l’attention : près d’une tonne de plastique retirée en quelques heures. Et cela montre que le geste doit désormais se prolonger bien au-delà de cette journée.

L’opération qui a révélé l’ampleur du problème

La promesse annoncée par les organisateurs était simple : agir concrètement pour soulager les îlets du Robert d’une pollution grandissante. L’action a été menée par deux associations engagées, Bouée Lyson & Co et Martinique Yole Ronde Transmanche, avec l’appui de passionnés de yole.

Concrètement, cinq bateaux ont été remplis de sacs et de déchets plastiques en seulement quelques heures. Les équipes, réparties sur les sites les plus touchés, ont arpenté les rivages malgré une météo peu favorable. Les conditions n’ont pas découragé les volontaires, persuadés de la nécessité de cette opération.

Selon Olivier Mérine, président de Bouée Lyson & Co, « on n’est pas loin de la tonne de déchets plastiques ramassés en deux heures ». Alors que les équipes pensaient en avoir terminé, de nouveaux déchets continuaient d’apparaître à chaque pas. Cette accumulation illustre la dynamique du plastique en mer, souvent ramené par les courants et déposé en continu sur les zones côtières.

L’opération trouve son point de départ dans les échanges menés lors de la Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC), organisée à Nice. Les représentants des associations y ont pris conscience que les problématiques mondiales évoquées – pollution plastique, dégradation des littoraux, protection de la biodiversité – concernaient directement la Martinique.

Ce constat a été le déclencheur d’une initiative locale, pensée pour s’ancrer dans une dynamique durable. Et si cette journée a permis de retirer une quantité impressionnante de déchets, elle a surtout mis en lumière la nécessité d’un engagement continu.

Car retirer le plastique est une chose. Empêcher qu’il revienne en est une autre.

Comment l’opération a été réalisée : une mobilisation structurée

L’organisation de cette dépollution s’est appuyée sur une méthodologie simple mais efficace, adaptée aux particularités des îlets et aux conditions météorologiques du jour.

Voici les principaux éléments qui ont permis la réussite de l’opération :

Matériel utilisé

  • Sacs de collecte résistants pour rassembler bouteilles, bidons et emballages.
  • Cinq bateaux dédiés au transport des sacs depuis les îlets jusqu’à la terre ferme.
  • Gants de protection, bottes et vêtements adaptés pour évoluer dans la mangrove.
  • Bacs de tri pour séparer différents types de plastiques lorsque cela était possible.

Déroulement opérationnel

  • Arrivée des bénévoles dès le matin, malgré la vigilance jaune et les fortes pluies attendues.
  • Répartition en équipes couvrant l’îlet Chancel et l’îlet Petite Martinique, identifiés comme zones prioritaires.
  • Ramassage manuel des déchets jonchant les rivages, les racines de palétuviers et les zones de mangrove.
  • Remplissage progressif des cinq bateaux, utilisés comme plateformes de stockage flottantes.
  • Transfert et évacuation des déchets vers les zones de tri et de traitement adaptées.

Les bénévoles ont avancé au rythme imposé par la mangrove, là où les déchets se coincent souvent entre branches et racines. Ce travail minutieux a demandé une attention constante pour ne pas abîmer les écosystèmes déjà fragilisés.

Le protocole de collecte, bien structuré, a été pensé pour être reproductible. Et c’est précisément ce qui permettra d’envisager de nouvelles opérations dans les mois à venir.

Mais pour aller plus loin, il faudra aussi s’appuyer sur une sensibilisation large et constante.

Conseils, pistes d’action et approfondissements

La dépollution des îlets ne peut pas reposer uniquement sur des opérations ponctuelles, même ambitieuses. Elle exige une stratégie à long terme, qui combine actions de terrain, éducation et prévention.

Voici quelques pistes qui émergent naturellement à la suite de cette mobilisation :

  • Renforcer la sensibilisation locale : les organisateurs ont insisté sur la présence de jeunes et de personnes plus âgées, un signe encourageant. Impliquer les écoles, les clubs nautiques et les associations sportives, en particulier celles liées à la yole, renforcerait encore davantage l’impact.
  • Préserver la mangrove : cet écosystème joue un rôle clé dans la filtration des eaux et l’absorption du CO₂. Des ateliers pédagogiques sur les palétuviers et leur importance pourraient accompagner les prochains nettoyages.
  • Créer un suivi régulier : instaurer des opérations trimestrielles ou saisonnières permettrait d’éviter l’accumulation progressive de déchets.
  • Impliquer d’autres acteurs : entreprises locales, pêcheurs, collectivités territoriales… tous peuvent contribuer à la préservation des îlets du Robert.
  • Éduquer à la réduction des plastiques : au-delà du ramassage, l’enjeu reste la diminution du plastique à usage unique. Sensibiliser au tri et à la consommation responsable est aussi crucial.

Les associations envisagent d’ailleurs de poursuivre leurs actions, inspirées par les discussions menées lors de l’UNOC. La Martinique fait face à des défis similaires à ceux d’autres territoires littoraux, et les solutions doivent être adaptées à l’insularité et aux courants qui amènent régulièrement des déchets flottants.

Comprendre ces enjeux permet d’éviter que les opérations de dépollution ne deviennent un simple « pansement écologique » sans effet durable.

Les erreurs fréquentes et idées reçues à éviter

La dépollution des littoraux soulève plusieurs croyances qu’il est important de nuancer pour mieux agir.

  • Penser que les déchets proviennent uniquement des visiteurs. Une grande partie des plastiques ramassés est en réalité transportée par les courants marins.
  • Imaginer que la mangrove se nettoie seule. Elle filtre l’eau mais ne peut pas absorber le plastique, qui s’accumule dans ses racines.
  • Supposer qu’une opération annuelle suffit. Le rythme des dépôts est régulier ; un entretien plus fréquent est nécessaire.
  • Ramasser les déchets sans précaution. Certains plastiques enfouis peuvent abriter des espèces ou être enchevêtrés dans des racines fragiles.

Éviter ces erreurs permet d’assurer une action efficace, respectueuse des milieux naturels et véritablement utile à long terme.

Ces bonnes pratiques seront essentielles lors des prochaines mobilisations, que les associations souhaitent encore plus larges.

Chacun peut jouer un rôle, même en modifiant simplement ses habitudes de consommation. Et c’est ainsi que la Martinique pourra préserver la beauté et la richesse de ses îlets pour longtemps.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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