Des parfums d’épices, des recettes familiales et des découvertes inattendues ont rempli la salle des fêtes de Saint-Pierre. Le temps d’une journée, les visiteurs ont pu voyager très loin sans quitter l’archipel, assiette en main. Et certains plats ont réservé des surprises bien au-delà des attentes.
Entre deux bouchées, les échanges se sont multipliés autour des tables, dans une ambiance simple et chaleureuse. Car cette rencontre ne reposait pas seulement sur la gourmandise : elle célébrait aussi les histoires, les parcours et les cultures qui composent Saint-Pierre-et-Miquelon.
Une journée où la cuisine rassemble bien plus que les gourmands
La Journée des Communautés a transformé la salle des fêtes de Saint-Pierre en un vaste banquet multiculturel. La salle était pleine pour cet événement porté par l’association Femmes de tous horizons, qui crée chaque année un espace de rencontre autour de la gastronomie et des traditions.
Beaucoup de visiteurs venaient pour retrouver des saveurs connues. D’autres, au contraire, souhaitaient goûter des plats qu’ils n’avaient jamais vus ni entendus auparavant. C’est précisément ce mélange qui fait l’identité de cette journée : chacun peut venir par curiosité, puis repartir avec une recette, un souvenir ou une conversation en tête.
Cette édition réunissait une quinzaine de pays et de régions. Le Brésil, le Nicaragua, la Polynésie, Haïti et les Landes figuraient parmi les territoires représentés. Les stands n’offraient donc pas seulement des spécialités venues d’autres continents : les cuisines régionales et les traditions de l’archipel avaient aussi toute leur place.
Il y avait un peu moins de stands que l’année précédente, donc moins de nationalités différentes mises en avant. Mais cette configuration a permis d’avoir davantage de bénévoles à chaque stand. Les visiteurs ont ainsi pu échanger plus facilement avec les personnes qui avaient préparé les recettes. Une présence essentielle, car derrière chaque plat se cache souvent une histoire personnelle.
Cette année, plusieurs découvertes ont particulièrement attiré les regards. L’une d’elles venait d’un pays accueilli pour la première fois dans ce rendez-vous culinaire.
Le Sénégal et le Pérou, deux invitations fortes au voyage
Pour sa première participation derrière un stand, le père Antoine a choisi de faire découvrir la cuisine sénégalaise. Visiteur de la Journée des Communautés l’année précédente, il a souhaité passer de l’autre côté des tables et contribuer à son tour à cette initiative qu’il jugeait particulièrement belle.
Avec les jeunes mobilisés à ses côtés, il a cuisiné une bonne partie de la nuit. Au menu figuraient notamment le mafé, un plat très connu de la cuisine sénégalaise, servi ici avec des boulettes, ainsi que le poulet yassa. Ces deux recettes ont apporté des saveurs généreuses à la fête, entre sauces parfumées, volaille et assaisonnements marqués.
Le Pérou était également à l’honneur pour la première fois. Ce stand a permis de rappeler que la gastronomie péruvienne ne se résume pas à une image touristique du pays. Les visiteurs pouvaient y goûter la causa limeña et l’aji de gallina, deux recettes traditionnelles à base de volaille.
Le voyage se poursuivait au moment du dessert avec les alfajores de maïzena. Ces petits biscuits sablés fourrés apportaient une note douce après les plats salés. Leur texture friable et leur garniture contrastent avec les recettes plus relevées proposées sur les autres stands.
Cette diversité explique les réactions enthousiastes entendues tout au long de la journée. Les visiteurs ne venaient pas chercher un repas unique, mais une succession de saveurs et de gestes culinaires. Encore fallait-il organiser cette dégustation de manière à respecter le travail considérable réalisé par les bénévoles.
Des plats préparés avec patience, puis partagés à Saint-Pierre
La Journée des Communautés repose sur un principe simple : chaque stand prépare des spécialités représentatives d’un pays, d’une région ou d’un héritage culturel. Les recettes sont ensuite proposées aux visiteurs dans la salle des fêtes de Saint-Pierre, qui devient un lieu de dégustation et de discussion.
Du côté de la cuisine terre-neuvienne, Sophie Michel avait préparé un assortiment particulièrement riche. Son stand associait des recettes sucrées et salées, avec des préparations liées à Terre-Neuve et à Saint-Pierre.
- Flan de crabe des neiges, une spécialité mettant à l’honneur ce crustacé.
- Guimauve, proposée parmi les douceurs du stand.
- Gâteau de Noël, recette traditionnelle servie dans un contexte festif.
- Carré à la crème, pour une touche sucrée supplémentaire.
- Boulettes de morue, spécialité associée à Saint-Pierre.
- Encornets farcis, proposés aux côtés des recettes de poisson.
- Pâté de thon, autre préparation salée très appréciée.
Sophie Michel s’est réjouie de l’accueil réservé à ces spécialités, qui semblaient plaire aux visiteurs. Sa présence illustre l’un des intérêts de l’événement : faire connaître des recettes locales tout en découvrant celles des autres communautés.
- Choisir un premier stand en laissant de côté ses habitudes culinaires. Commencer par une recette inconnue rend l’expérience plus marquante.
- Demander l’histoire du plat aux bénévoles. Un nom, une fête ou une transmission familiale donnent souvent une autre dimension à la dégustation.
- Alterner salé et sucré afin de découvrir des textures différentes, comme un mafé, une spécialité terre-neuvienne puis un alfajor de maïzena.
- Prendre le temps de regarder les animations, car la cuisine n’est qu’une partie de la rencontre culturelle.
Cette dernière étape comptait elle aussi beaucoup lors de l’événement. Les assiettes ont ouvert le dialogue, mais les danses et les échanges ont donné à la journée une dimension plus large.
Des danses malgaches et des rencontres au-delà des stands
Les visiteurs ont notamment pu assister à un spectacle de danses malgaches. Cette animation a prolongé l’esprit de découverte dans une ambiance bon enfant, où l’on passait naturellement d’une dégustation à un moment de spectacle.
Malgré le vent, de nombreuses personnes ont fait le déplacement. Des familles, des curieux venus pour la première fois et des habitués fidèles aux précédentes éditions se sont retrouvés dans la salle. Cette diversité de publics confirme que la Journée des Communautés est devenue un rendez-vous attendu dans la vie locale.
Vania Sarinho, membre de l’association Femmes de tous horizons depuis 2017, représentait le Brésil. Elle s’est dite heureuse de voir autant de monde goûter « un petit bout de Brésil ». Pour elle, l’association a aussi joué un rôle personnel important en l’aidant à se sentir plus à l’aise au sein de la communauté saint-pierraise.
Elle se décrit aujourd’hui comme Saint-Pierraise de cœur. Cette formule résume l’enjeu de la journée : montrer que l’intégration peut se construire dans des moments accessibles, autour d’une table, d’une recette et d’une conversation.
La présidente de l’association, Berthine Madé, a accueilli les visiteurs tout au long de l’événement. Cette attention contribue à l’atmosphère conviviale qui fait revenir les participants d’une année sur l’autre. Mais pour apprécier pleinement ce type de rendez-vous, il faut aussi éviter quelques réflexes qui réduisent la rencontre à une simple consommation.
Ce qu’il faut garder en tête pour profiter pleinement de l’événement
La première erreur serait de se limiter aux plats déjà connus. Le mafé, le poulet yassa, la causa limeña ou l’aji de gallina offrent justement l’occasion de sortir de ses repères. Un stand culinaire gagne à être découvert avec curiosité, même lorsque le nom de la recette semble difficile à prononcer.
Il serait aussi dommage de ne voir dans cette journée qu’un repas. Les bénévoles ont souvent consacré de longues heures à la préparation, comme l’équipe qui a cuisiné une partie de la nuit pour le stand sénégalais. Poser une question sur la recette ou sur le pays représenté est une manière simple de reconnaître cet investissement.
Enfin, les traditions locales ne doivent pas être éclipsées par les cuisines lointaines. Les boulettes de morue, les encornets farcis et le pâté de thon rappellent que le voyage culinaire commence aussi dans l’archipel.
À Saint-Pierre, cette Journée des Communautés prouve qu’une assiette peut devenir un point de départ. La prochaine découverte pourrait tenir dans un plat inconnu, mais aussi dans la personne qui vous en raconte l’origine.




