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Chasse : pourquoi cette saison pourrait être écourtée et ce que redoutent déjà les chasseurs

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Dans les bois de Grande-Terre, l’ouverture de la chasse ne se résume pas à un coup de fusil. C’est un rendez-vous fait d’attente, de silence et de conversations. Pourtant, cette saison 2026 pourrait prendre fin bien plus vite que prévu, avec une décision de justice attendue dans les prochains jours.

Une ouverture de chasse entre passion, patience et inquiétude

Samedi 25 juillet 2026, près de la lisière d’une forêt sèche entre Morne-à-l’Eau et Petit-Canal, plusieurs chasseurs étaient installés dès le lever du jour. Ce type de milieu constitue un habitat apprécié des tourterelles et des pigeons ramiers, aussi appelés colombidés.

Christophe, Jean-Yves, Guy et leurs compagnons ne semblaient pas seulement venus pour remplir un tableau de chasse. La matinée s’est déroulée dans une atmosphère calme, marquée par l’observation des oiseaux et l’attente des premières volées.

La pluie compliquait les choses. Selon Guy, les oiseaux restaient alors plus volontiers sur les branches, en attendant que le soleil réchauffe l’atmosphère. Les chasseurs espéraient voir les colombidés prendre davantage leur envol lorsque les conditions deviendraient plus favorables.

Lorsque les premiers groupes d’oiseaux sont finalement apparus, ils étaient trop éloignés. Pour Jean-Yves Datil, un tir responsable ne se tente pas à n’importe quelle distance : 30 mètres maximum lui paraît être la limite raisonnable. Au-delà, le résultat devient incertain et le risque de blesser un animal augmente.

Cette retenue illustre aussi la manière dont ces chasseurs décrivent leur pratique. Mais l’ambiance paisible de cette ouverture contraste avec le dossier judiciaire qui pourrait bientôt bouleverser le calendrier.

Pourquoi l’arrêté de chasse pourrait être suspendu dès cette semaine

La saison de chasse à la tourterelle doit, en principe, se poursuivre jusqu’au 30 août 2026. Toutefois, elle pourrait être interrompue dès la semaine suivant l’ouverture si le tribunal administratif de la Guadeloupe décide de suspendre l’arrêté concerné.

Six associations de protection de l’environnement, locales et nationales, ont annoncé leur intention de déposer un recours en référé. Cette procédure d’urgence vise à obtenir la suspension rapide d’une décision administrative, dans l’attente d’un examen plus approfondi du dossier.

Les associations contestent notamment l’autorisation de chasser le pigeon à cou rouge, appelé ramier dans l’arrêté évoqué, ainsi que la colombe à croissant. Le premier est présenté comme une espèce classée en « données insuffisantes » par l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’UICN.

Le second point est particulièrement sensible : les demandeurs estiment que la chasse de la colombe à croissant est permise durant sa période de reproduction. Or, le Code de l’environnement interdit en principe la chasse des oiseaux pendant cette phase essentielle de leur cycle biologique.

Les militants soulignent qu’ils ont déjà obtenu, au fil des dernières années, des suspensions et des annulations concernant ces deux espèces. L’audience devant le tribunal administratif de la Guadeloupe est prévue le 30 juillet 2026. C’est donc elle qui pourrait déterminer si la saison se poursuit ou s’arrête prématurément.

Les espèces au cœur du recours et les règles qui encadrent la chasse

Le conflit ne porte pas uniquement sur la durée de la saison. Il touche directement à la protection des oiseaux et à la conciliation entre une pratique traditionnelle, la biodiversité guadeloupéenne et les obligations du droit de l’environnement.

Les tourterelles, les pigeons ramiers et les colombes appartiennent au vaste groupe des colombidés. Ces oiseaux fréquentent différents habitats, dont les forêts sèches, les zones arborées, les lisières et les secteurs agricoles offrant nourriture et abri.

Dans le cadre de la saison évoquée, chaque chasseur peut prélever jusqu’à 20 tourterelles et 10 pigeons ramiers par jour. Ces plafonds constituent des quotas journaliers. Ils ne signifient pas qu’un chasseur doit atteindre cette limite, mais qu’il ne peut pas la dépasser.

ÉlémentInformation mentionnée
Fin théorique de la saison de la tourterelle30 août 2026
Audience en référé30 juillet 2026
Quota quotidien de tourterelles20 par chasseur
Quota quotidien de pigeons ramiers10 par chasseur
Distance de tir estimée responsable par un chasseur interrogé30 mètres maximum

Le droit de la chasse ne se limite donc pas au nombre d’animaux autorisés. Les périodes de chasse, la situation des espèces, les cycles de reproduction et les arrêtés préfectoraux entrent également en ligne de compte. C’est précisément ce cadre qui sera discuté devant la justice administrative.

Sur le terrain, une pratique bien différente des quotas maximaux

La matinée du 25 juillet montre l’écart entre les plafonds réglementaires et la réalité d’une sortie de chasse. Les cinq chasseurs rencontrés étaient très loin des limites autorisées : leur tableau totalisait seulement cinq tourterelles et un pigeon.

Les conditions météo ont joué un rôle, mais la distance des oiseaux a aussi compté. Tirer une volée trop loin ne correspond pas à la règle personnelle exprimée par Jean-Yves Datil. L’objectif est d’éviter un tir aléatoire susceptible de laisser un animal blessé.

  1. Observer le milieu : les chasseurs repèrent les lisières, les arbres fréquentés et le passage possible des colombidés.
  2. Attendre les bonnes conditions : après la pluie, l’activité des oiseaux peut être moins visible tant que l’atmosphère reste fraîche et humide.
  3. Évaluer la distance : selon le témoignage recueilli, un tir ne devrait pas être tenté au-delà d’environ 30 mètres.
  4. Respecter les quotas : même lors d’une journée favorable, les prélèvements sont limités à 20 tourterelles et 10 pigeons ramiers par personne.
  5. Privilégier la sécurité et l’éthique : ne pas tirer lorsqu’un doute existe sur la distance, l’identification de l’oiseau ou les conditions du tir.

Pour ce groupe, la sortie compte autant que le résultat. Jean-Yves Datil décrit le plaisir d’être installé tranquillement dans les bois, sans considérer le tir comme une obligation. Cette dimension sociale explique aussi pourquoi une éventuelle suspension serait vécue au-delà de la seule question des prélèvements.

Car dans ces rendez-vous, il y a aussi un rituel très concret, que les chasseurs ne dissocient pas de l’ouverture.

Le casse-croûte, les retrouvailles et la tradition de l’ouverture

Autour de Morne-à-l’Eau et Petit-Canal, l’ouverture est aussi un moment de retrouvailles. Les heures d’attente deviennent l’occasion de discuter, de partager un repas simple et de profiter du cadre naturel de la forêt sèche.

Christophe Fadel résume cette dimension avec humour : pour lui, l’ouverture sans corned beef ne serait pas vraiment une ouverture. Il affirme même que certains participants viennent surtout pour ce casse-croûte, plus que pour la chasse elle-même.

Ce détail en dit long sur l’attachement au rituel. La chasse apparaît ici comme une activité où se mêlent observation de la faune, connaissance du terrain, repas partagé et présence entre proches. Les chasseurs interrogés ne décrivent pas une course au quota, mais une journée passée dehors.

  • La forêt sèche offre un cadre de lisière propice à l’observation des colombidés.
  • La météo peut retarder les déplacements visibles des oiseaux après une période pluvieuse.
  • La distance de tir reste un point déterminant pour limiter les tirs incertains.
  • Le partage d’un casse-croûte, notamment autour du corned beef, fait partie du rituel évoqué par les participants.

Cette réalité humaine n’efface pas les préoccupations environnementales. Elle explique toutefois pourquoi la décision du 30 juillet sera scrutée à la fois par les associations, les chasseurs et les habitants concernés par cette tradition locale.

Ce qu’il faut surveiller avant toute sortie dans les prochains jours

La principale erreur serait de considérer le calendrier annoncé comme définitivement acquis. La saison est prévue jusqu’au 30 août, mais une décision en référé peut modifier rapidement l’application de l’arrêté de chasse.

Les chasseurs doivent donc vérifier les informations officielles après l’audience du 30 juillet 2026. Une suspension éventuelle changerait immédiatement le cadre applicable aux espèces visées par le recours.

Il faut aussi éviter de confondre un quota avec un objectif. Les limites de 20 tourterelles et 10 pigeons ramiers sont des maximums journaliers. La pratique responsable suppose également une identification certaine de l’oiseau, le respect des périodes autorisées et un tir à une distance maîtrisée.

Enfin, la période de reproduction reste un sujet central. C’est sur ce point que les associations fondent une partie de leur contestation concernant la colombe à croissant, au regard des interdictions prévues par le Code de l’environnement.

Dans l’immédiat, l’enjeu se joue au tribunal administratif de la Guadeloupe. Le 30 juillet, la décision attendue dira si les chasseurs pourront poursuivre leurs matinées de forêt jusqu’à la fin prévue d’août, ou si la saison devra s’interrompre plus tôt.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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