EN DIRECT · Antilles & Outre-mer
Mardi 8 septembre 2026 Newsletter Se connecter
St Martin Week Actualités « Je voulais réaliser ce rêve » : ce Miquelonnais a tout quitté pour se former au métier de steward
Actualités

« Je voulais réaliser ce rêve » : ce Miquelonnais a tout quitté pour se former au métier de steward

47

À quelques heures d’un départ décisif, l’émotion se mêle à l’impatience. Quitter un archipel où vivent ses proches pour rejoindre Paris n’a rien d’anodin. Pourtant, pour ce jeune professionnel de l’aérien, le moment est venu de transformer une passion d’enfant en expérience concrète.

Son parcours ne part pas de zéro. Il connaît déjà les comptoirs, les horaires de vol et les impératifs de sécurité, mais une autre facette du transport aérien l’attire désormais. Celle qui place le voyageur au centre de chaque trajet.

Un projet mûri dans l’aérien, entre Miquelon et Saint-Pierre

Allan Poirier, originaire de Miquelon, travaille chez Air Saint-Pierre depuis 2019. Son histoire professionnelle est déjà étroitement liée à l’aviation sur l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Enfant, il se voyait pilote. Il a suivi cette première aspiration, puis son intérêt s’est progressivement déplacé vers l’accueil et la relation avec les passagers. Le métier de steward lui permet d’associer cet univers aéronautique au goût du contact humain.

Il a été recruté par Air Saint-Pierre comme agent commercial. Depuis 2022, il occupe un poste d’agent d’opérations, une fonction essentielle à la préparation d’un vol.

Au quotidien, il assure l’enregistrement des voyageurs au comptoir, leur accueil et la relation client. Son travail dépasse cependant largement la zone d’embarquement. Il prépare les plans de vol, consulte la météo, participe à la répartition des bagages dans l’avion et contrôle le carburant, aussi appelé fuel.

Le pilote vérifie ensuite ces éléments. Mais l’agent d’opérations intervient en amont pour que chaque étape soit prête avant le départ. Cette expérience lui donne une vision concrète des contraintes d’une compagnie aérienne.

Cette connaissance du terrain explique aussi pourquoi son changement de voie ressemble moins à une rupture qu’à une évolution. Reste à comprendre ce qui l’a décidé à franchir le pas.

Le déclic : devenir steward sans renoncer à ce qui compte

Allan Poirier a choisi de se former au métier de steward, aussi appelé personnel navigant commercial. Son objectif est d’intégrer une compagnie aérienne après avoir achevé son cursus.

Pour cela, il a pris une disponibilité de neuf mois auprès d’Air Saint-Pierre. Cette période doit lui permettre de suivre la formation, puis d’acquérir ses premières expériences comme membre d’équipage de cabine.

À 27 ans, il considère que le moment est propice. Partir signifie s’éloigner de sa famille et de ses amis, tous installés à Saint-Pierre-et-Miquelon. Cette séparation lui paraît difficile, car il leur est très proche.

Mais il souhaite aussi saisir une occasion personnelle. Il a rencontré son compagnon un an auparavant et ne voulait pas faire durer une relation à distance. Cette rencontre a achevé de lever ses hésitations.

Son projet de devenir steward existait depuis plusieurs années. L’amour, la perspective d’une installation en métropole et l’envie d’avancer professionnellement ont créé le déclic. Il s’est alors fixé une échéance claire : partir maintenant plutôt que reporter.

Ce choix repose donc sur deux élans complémentaires. D’un côté, il veut évoluer dans le secteur aérien. De l’autre, il veut construire sa vie auprès de la personne qu’il aime, sans abandonner ses ambitions.

Encore fallait-il identifier une formation, la financer et préparer le départ depuis un territoire insulaire. C’est cette phase, rapide et méthodique, qui a rendu son projet réalisable.

Une formation à Paris, avec théorie, pratique et immersion en compagnie

Allan Poirier a commencé ses recherches en août. Dès novembre, son parcours de formation était réservé. Pour quelqu’un qui n’avait jamais quitté l’archipel afin d’étudier, cette organisation représentait une étape importante.

Il a d’abord validé un premier module théorique entre février et mai. La dernière partie de sa préparation doit reprendre le 12 septembre, après son départ prévu un mardi pour Paris.

À son arrivée en région parisienne, il suivra des cours pratiques au centre de formation Aero School, situé à Nanterre. Cette étape doit compléter les acquis théoriques avec les gestes, procédures et situations rencontrées à bord.

ÉtapeContenu
Premier moduleFormation théorique validée entre février et mai
Reprise du cursus12 septembre, après le départ pour Paris
Formation pratiqueCours au centre Aero School de Nanterre
Fin de parcoursFormation interne ou stage dans une compagnie aérienne
Mise en situationUn vol de familiarisation sur les appareils utilisés ensuite

Son cursus se terminera par un stage, ou plus précisément une formation menée directement au sein d’une compagnie aérienne. Cette immersion est conçue pour se familiariser avec les avions sur lesquels il sera ensuite amené à travailler.

Un vol de familiarisation est également prévu. Il permettra de découvrir les machines, l’environnement de cabine et l’organisation réelle d’un équipage dans les conditions d’exploitation d’une compagnie.

Il dispose déjà d’idées et de pistes pour son futur recrutement. Toutefois, il ne sait pas encore quelle compagnie il choisira. Cette incertitude n’entame pas sa confiance, car sa priorité reste de terminer la formation et de se rendre disponible pour les opportunités.

Le contenu pratique compte beaucoup dans cette reconversion. Mais le financement constitue souvent le point qui bloque les vocations, particulièrement lorsqu’un départ du territoire est nécessaire.

Financer son projet depuis Saint-Pierre-et-Miquelon

Pour concrétiser son départ, Allan Poirier a étudié les solutions disponibles en France. Il a prospecté plusieurs écoles, puis mobilisé son CPF, le compte personnel de formation.

Il a également bénéficié de différentes aides attribuées par la Collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon. Ce soutien lui a permis de couvrir un projet comprenant plusieurs composantes.

  • Une partie de la formation de steward, facturée 2 100 euros.
  • Des cours d’anglais.
  • Une préparation aux sélections d’entrée dans une compagnie aérienne.

L’anglais constitue un élément cohérent avec un métier exercé dans un environnement international. Quant aux sélections en compagnie, elles exigent de se préparer au-delà des seuls cours de formation.

Son expérience chez Air Saint-Pierre peut aussi l’aider à présenter un profil déjà habitué aux exigences opérationnelles. Il connaît l’accueil passager, les impératifs horaires, la coordination avant le départ et l’attention portée aux conditions météorologiques.

Cette reconversion montre qu’un projet aérien peut se bâtir en plusieurs temps. Une première fonction au sol peut faire émerger une vocation en cabine, surtout lorsque la relation client devient le moteur principal.

Le financement et l’organisation ne suffisent pourtant pas. Dans l’aérien, la rigueur quotidienne reste déterminante, quel que soit le poste visé.

Ce que son expérience d’agent d’opérations peut lui apporter

Le métier d’agent d’opérations et celui de steward sont différents, mais ils partagent une même culture du vol préparé avec précision. Dans son poste actuel, Allan Poirier intervient sur des éléments concrets avant l’embarquement.

La vérification de la météo, la préparation des plans de vol, le contrôle du fuel et la répartition des bagages participent à l’organisation globale. Le pilote garde naturellement la responsabilité de contrôler le travail réalisé.

Cette expérience lui a aussi appris l’importance de l’accueil. L’enregistrement et la relation client peuvent paraître éloignés des aspects techniques, mais ils font partie d’un même parcours passager.

À bord, le personnel navigant commercial doit conserver cette attention au voyageur tout en respectant les procédures propres à la cabine. La formation pratique et l’immersion en compagnie doivent précisément lui permettre d’adapter ses repères professionnels à ce nouvel environnement.

Dans un archipel comme Saint-Pierre-et-Miquelon, l’avion n’est pas seulement un moyen de transport. Il relie les habitants, les familles et les projets. Cette réalité donne une résonance particulière à son choix de rester dans le secteur aérien.

Pour réussir cette transition, il devra néanmoins éviter quelques raccourcis fréquents dans les projets de reconversion.

Les points à ne pas négliger avant une reconversion dans l’aérien

Premier point : ne pas réduire le métier de steward au service à bord. Le parcours d’Allan Poirier rappelle qu’il comprend une formation théorique, des cours pratiques et une phase en compagnie aérienne.

Deuxième point : anticiper le financement très tôt. Ses démarches ont démarré en août et sa formation était réservée dès novembre. Le CPF et les aides territoriales peuvent constituer des leviers, mais ils demandent une préparation structurée.

Enfin, un départ professionnel implique souvent un changement personnel. Quitter Miquelon et Saint-Pierre signifie s’éloigner de ses proches. Préparer cette transition émotionnelle compte autant que réserver un cursus ou un billet d’avion.

Pour Allan Poirier, le départ vers Paris ouvre une nouvelle phase, entre formation à Nanterre et premières expériences en compagnie. Son parcours rappelle qu’un rêve professionnel peut prendre une autre forme sans perdre sa force initiale.

À 27 ans, il choisit d’avancer avec une expérience déjà solide au sol et l’envie de découvrir la cabine. Le prochain vol ne sera pas seulement un trajet vers la métropole, mais le début d’un métier qu’il voulait réellement exercer.

5/5 - (17 votes)
5/5 - (17 votes)
Amandine
L’auteur

Amandine

Passionnée de voyage et surtout de destinations exotiques sous le soleil. Ici, je partage mes expériences, mes conseils et mes astuces pour que vous puissiez vivre vous aussi des moments inoubliables. Suivez nous pour découvrir des endroits paradisiaques, rencontrer des gens fascinants et vivre des aventures inoubliables sous le soleil.

❤️ Aidez-nous, suivez-nous !

Indépendant et gratuit, St Martin Week a besoin de votre soutien : suivez-nous sur Google Actu, Facebook ou encore Twitter.

À lire aussi

Cancer pédiatrique en Guyane : cette association aide les familles isolées à ne plus traverser ça seules

Un diagnostic bouleverse immédiatement les habitudes, les ressources et les repères d’une...

Martinique la 1ère résume chaque semaine l’actualité de l’île en anglais : une initiative qui change tout pour les non-francophones

Comprendre l’actualité d’un territoire ne se résume pas à traduire quelques titres....

Réseau SudLib : toutes les lignes suspendues dès le 5 septembre — ce que ça change pour vos trajets

Pour les habitants du Sud, chaque déplacement risque de devenir une équation...