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Cancer pédiatrique en Guyane : cette association aide les familles isolées à ne plus traverser ça seules

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Un diagnostic bouleverse immédiatement les habitudes, les ressources et les repères d’une famille. En Guyane, ce choc peut aussi signifier quitter son domicile, interrompre son travail et organiser un départ loin de ses proches. Pour beaucoup de parents, le parcours ne se limite donc pas aux soins de leur enfant.

Au cœur de cette épreuve, une initiative locale cherche à faire reculer une autre douleur, plus silencieuse : celle de l’isolement. Son rôle commence souvent là où les familles ne savent tout simplement plus vers qui se tourner.

En Guyane, le cancer pédiatrique impose souvent un parcours loin de chez soi

Le mois de septembre est le Mois en or, consacré à la sensibilisation et à la lutte contre les cancers pédiatriques. Cette période rappelle la réalité vécue par les enfants malades et leurs proches, notamment dans les territoires où l’accès aux soins spécialisés reste complexe.

En Guyane, les chiffres rapportés font état de 15 à 20 enfants diagnostiqués chaque année. Une autre estimation évoque une fourchette comprise entre 8 et 20 diagnostics annuels. Derrière ces données, chaque situation entraîne des décisions urgentes, des démarches administratives et une organisation familiale souvent difficile.

Le CHU de Cayenne peut proposer une chimiothérapie. Mais l’ensemble de la filière de soins n’est pas disponible sur le territoire, en particulier la radiothérapie. Selon les besoins médicaux, les enfants et leur famille doivent alors partir vers les Antilles ou l’Hexagone.

Ce déplacement n’est pas toujours anticipé. Certains parents ignorent qu’un transfert peut être nécessaire. D’autres ne disposent pas des moyens matériels ou financiers pour envisager rapidement l’hébergement, le transport ou la réorganisation de la vie quotidienne. C’est précisément dans cet intervalle, entre l’annonce et la mise en place des solutions, que l’accompagnement prend toute son importance.

Espoir de Kelly veut devenir un relais concret pour les parents

L’association Espoir de Kelly a été créée le 27 mars 2025 par Ketty Destin. Sa fondatrice s’appuie sur son expérience personnelle, après la maladie de sa fille Kelly, ainsi que sur les témoignages de parents rencontrés durant ce parcours.

Son constat est direct : de nombreuses familles ne savent pas sur qui compter au moment où tout s’accélère. Lorsqu’un enfant doit être soigné hors de Guyane, l’un des parents peut devoir arrêter de travailler pour accompagner la famille dans l’Hexagone. Les démarches s’accumulent alors pendant que l’inquiétude liée à la maladie reste omniprésente.

Ketty Destin souligne que certaines aides arrivent tardivement. Des familles peuvent ainsi se retrouver pendant un an sans salaire. Cette fragilité financière ajoute une pression supplémentaire à celle provoquée par l’état de santé de l’enfant.

Depuis sa création, l’association a déjà accompagné cinq familles. Son ambition n’est pas de se substituer aux équipes médicales. Elle propose plutôt un appui humain et pratique, adapté aux besoins exprimés par les parents : trouver un interlocuteur, comprendre une démarche ou éviter de se sentir seul face à une décision urgente.

L’enjeu est d’autant plus important que le cancer d’un enfant chamboule une famille entière. Frères, sœurs, parents et proches doivent tous composer avec l’absence, les déplacements et l’incertitude. Mais encore faut-il que l’aide puisse être proposée assez tôt.

Comment l’association entre en contact avec les familles

Espoir de Kelly travaille avec le médecin référent du CHU de Cayenne. Avec l’accord des parents, ce professionnel peut transmettre les coordonnées de l’association à la famille, ou communiquer les coordonnées de la famille à l’association.

Ce premier échange permet d’identifier les besoins les plus urgents. Il ne s’agit pas d’appliquer une réponse identique à chaque foyer. Une famille peut avoir besoin d’informations sur un départ médical. Une autre peut chercher une solution d’hébergement. Une autre encore peut surtout avoir besoin d’être écoutée.

L’accompagnement peut notamment concerner :

  • les hébergements, lorsque les soins nécessitent un déplacement vers les Antilles ou l’Hexagone ;
  • les démarches administratives, souvent nombreuses après l’annonce de la maladie et pendant le parcours de soins ;
  • un appui psychologique, pour offrir une présence et un espace d’écoute aux parents ;
  • l’orientation vers les bons interlocuteurs, afin de limiter les retards et la désorganisation.

Cette méthode repose sur le consentement des parents et sur une prise de contact progressive. Le but est de comprendre ce qui peut être fait « dans la mesure du possible », sans ajouter de contraintes à une période déjà éprouvante.

Pour une famille, savoir à qui téléphoner peut changer la façon de traverser les premières semaines. La prochaine étape consiste toutefois à élargir ce soutien au-delà des seuls contacts déjà établis.

Un réseau local pour rendre l’aide plus rapide et plus solide

Ketty Destin souhaite désormais construire un réseau autour des familles et des entités présentes en Guyane. L’objectif est clair : permettre une aide plus large et surtout plus rapide, avant que les difficultés administratives ou financières ne deviennent insurmontables.

Cette logique de réseau est essentielle dans un territoire où certains soins obligent à quitter la Guyane. Un parcours médical peut mobiliser des professionnels de santé, des services administratifs, des structures d’hébergement et des soutiens associatifs. Lorsque ces acteurs se connaissent et coopèrent, les parents perdent moins de temps à chercher seuls les informations.

Le Lions Club de Macouria a conclu un partenariat avec Espoir de Kelly afin de collecter des dons. Cette mobilisation vise à soutenir l’action de l’association auprès des familles touchées par un cancer pédiatrique.

Des tirelires sont mises à disposition dans plusieurs communes : Kourou, Cayenne, Macouria, Matoury et Rémire-Montjoly. Le principe est simple, mais les besoins peuvent être très concrets lorsqu’une famille doit faire face à un départ, à une interruption d’activité ou à des frais liés à une longue période de soins.

La liste détaillée des lieux où se trouvent ces tirelires est communiquée dans le cadre de cette collecte. Ce soutien financier complète l’accompagnement administratif et humain, sans lequel certaines aides resteraient difficiles à mobiliser.

Ce que les familles ne devraient pas avoir à découvrir seules

Le principal écueil est souvent le manque d’information au début du parcours. Beaucoup de parents ne savent pas immédiatement que certains traitements, comme la radiothérapie, ne sont pas proposés en Guyane et peuvent exiger un départ vers les Antilles ou l’Hexagone.

Attendre d’être submergé avant de chercher un soutien peut compliquer les démarches. Dès qu’une orientation médicale est envisagée, il est utile de demander quels interlocuteurs peuvent accompagner la famille sur les volets sociaux, administratifs et logistiques.

Il faut aussi garder à l’esprit que l’aide financière ne résout pas tout. L’absence de salaire, l’éloignement des proches et la fatigue psychologique s’ajoutent aux contraintes médicales. Un accompagnement régulier peut donc compter autant qu’une solution ponctuelle.

En Guyane, Espoir de Kelly porte cette idée simple : aucune famille confrontée au cancer pédiatrique ne devrait avoir à organiser seule un parcours aussi lourd. Le soutien se construit dès le premier contact, puis dans la capacité collective à rester présent lorsque les soins imposent de partir loin.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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