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Sécheresse aux Antilles : 10 millions d’euros débloqués pour soutenir les agriculteurs touchés

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Les exploitations agricoles des Antilles subissent une pression croissante face au manque d’eau. Cultures fragilisées, bétail plus coûteux à entretenir, trésoreries tendues : pour certains producteurs, chaque semaine de sécheresse pèse lourdement sur la continuité de l’activité.

Une aide d’urgence vient toutefois d’être annoncée. Elle doit permettre de financer les besoins les plus immédiats, avant qu’une situation climatique difficile ne se transforme en abandon définitif des exploitations.

Pourquoi la sécheresse menace directement les exploitations antillaises

La sécheresse ne se limite pas à des sols plus secs. Dans une exploitation agricole, elle affecte simultanément les récoltes, l’alimentation animale, les travaux de remise en culture et les rentrées financières. Les maraîchers, les producteurs vivriers, les arboriculteurs et les éleveurs peuvent voir leurs charges augmenter alors que leur production diminue.

En Martinique, le directeur de la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, la DAAF, a réuni le jeudi 17 septembre un comité départemental exceptionnel consacré à la sécheresse. Cette réunion devait faire le point sur la situation météorologique ainsi que sur les solutions prévues pour accompagner les exploitants concernés.

L’enjeu est particulièrement concret pour les agriculteurs disposant de peu de marge financière. La remise en culture après un épisode sec demande des semences, du carburant, du matériel et parfois de nouveaux apports pour le sol. Pour les éleveurs, l’entretien du troupeau reste indispensable, même lorsque les pâturages et les ressources disponibles sont affaiblis.

Le plan annoncé par l’État vise donc à préserver l’activité agricole et à éviter que les difficultés liées au manque d’eau poussent certains professionnels à arrêter leur métier. Mais le soutien dépendra de critères précis et de barèmes adaptés aux productions.

Un fonds de 10 millions d’euros pour la Martinique, la Guadeloupe et les îles du Nord

Le dispositif repose sur le plan « Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendies », appelé CASI, annoncé par la ministre de l’Agriculture. Au cœur de ce plan se trouve un fonds de réarmement agricole, conçu pour apporter une aide directe de trésorerie aux exploitants touchés par la sécheresse.

Une enveloppe totale de 10 millions d’euros est prévue pour l’ensemble des Antilles. Elle couvre la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Les crédits doivent être mis à disposition des préfets, qui auront un rôle central dans le déploiement local du dispositif.

Les aides doivent servir, notamment, à financer la remise en culture des parcelles et l’entretien du bétail. Il ne s’agit donc pas uniquement d’une compensation abstraite : l’objectif est de redonner une capacité d’action immédiate aux exploitations confrontées à des dépenses urgentes.

Chaque exploitation éligible pourra percevoir une aide comprise entre 300 euros et 10 000 euros. Le montant ne sera pas identique pour tous. Il sera calculé selon la nature de la production, la surface cultivée ou le nombre d’animaux concernés.

Ce plafond de 10 000 euros peut représenter un appui décisif pour passer une période de tension. Reste à comprendre comment les montants seront déterminés selon chaque filière agricole.

Les montants prévus selon les productions agricoles

Un barème commun aux quatre territoires concernés a été établi. Il permet de donner un cadre identique aux demandes déposées en Martinique, en Guadeloupe, à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin.

Production ou situationMontant prévu
Bovin adulte150 euros par animal
Petit ruminant adulte15 euros par animal
Ruche d’apiculteur80 euros par ruche
Production maraîchère, vivrière ou fruitière1 000 euros par hectare
Banane et canne100 euros par hectare
Autres filièresExamen au cas par cas

Pour les éleveurs, le calcul repose donc sur les animaux adultes. Un exploitant possédant des bovins pourra bénéficier de 150 euros par bovin adulte, tandis que le soutien est fixé à 15 euros pour chaque petit ruminant adulte. Cette catégorie recouvre notamment les chèvres et les moutons.

Les apiculteurs sont également inclus dans le dispositif. L’aide atteint 80 euros par ruche, un montant destiné à soutenir les professionnels dont les colonies peuvent être affectées par la raréfaction des ressources florales et les contraintes liées aux conditions sèches.

Les cultures maraîchères, vivrières et fruitières bénéficient du niveau prévu le plus élevé à l’hectare, avec 1 000 euros. Les exploitations de bananes et de canne sont indemnisées sur une base de 100 euros par hectare. Les productions qui ne figurent pas dans cette grille ne sont pas exclues, mais leur situation devra être étudiée individuellement.

Ces repères donnent une première estimation, sans remplacer les conditions administratives qui encadreront le dépôt d’une demande.

Comment demander l’aide et vérifier son éligibilité

Les agriculteurs qui souhaitent bénéficier du fonds devront répondre à plusieurs exigences. Le demandeur devra avoir le statut d’actif agricole, disposer d’un numéro SIRET actif, cotiser à la Mutualité sociale agricole, ou MSA, et avoir effectué sa déclaration fiscale.

Ces critères permettent de confirmer que l’aide est versée à une exploitation agricole en activité et régulièrement identifiée. Avant le dépôt, il est donc utile de vérifier la validité des données administratives, notamment le SIRET et la situation auprès de la MSA.

  1. Vérifier son statut : l’exploitant doit être reconnu comme actif agricole.
  2. Contrôler son SIRET : le numéro d’identification de l’entreprise doit être actif.
  3. Confirmer sa situation MSA : les cotisations sociales doivent relever de la Mutualité sociale agricole.
  4. Préparer ses éléments fiscaux : la déclaration fiscale doit avoir été réalisée.
  5. Suivre les instructions de la DAAF : les modalités détaillées doivent être publiées prochainement.
  6. Déposer le dossier en ligne : les demandes pourront être effectuées sur la plateforme Mes Démarches Numériques.

La DAAF doit encore préciser la procédure de dépôt et les pièces attendues. Les exploitants ont donc intérêt à surveiller ses communications, car la rapidité de constitution d’un dossier complet peut compter lorsque la trésorerie est déjà sous tension.

Une partie des bénéficiaires pourra en outre recevoir une aide supérieure au barème initial. Cette majoration vise deux profils précis.

Une majoration de 20 % pour les jeunes exploitations et les agriculteurs fragilisés

Les montants attribués peuvent être majorés de 20 % dans certaines situations. Cette hausse concerne les jeunes exploitations créées après janvier 2022. Elle a vocation à tenir compte de la fragilité particulière d’une entreprise agricole encore récente, souvent moins équipée pour absorber un choc climatique prolongé.

La majoration s’applique également aux agriculteurs déjà suivis par la cellule de prévention du mal-être agricole. Cette prise en compte reconnaît que les difficultés économiques, climatiques et humaines peuvent se cumuler dans une exploitation.

Concrètement, cette hausse de 20 % s’ajoute au montant calculé selon le barème applicable, dans la limite des règles du dispositif. Un producteur concerné doit donc signaler sa situation et fournir les justificatifs demandés lors de la procédure qui sera publiée.

Le fonds de réarmement agricole n’est toutefois qu’un volet du plan CASI. D’autres mesures doivent alléger les charges qui pèsent sur les exploitants pendant la période de sécheresse.

Taxe foncière, cotisations MSA et carburant : les autres soutiens annoncés

Le plan d’urgence CASI prévoit un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties. Cette mesure concerne les terrains agricoles et peut réduire une charge fixe à un moment où la production ne couvre plus toujours les dépenses habituelles.

Le dispositif prévoit aussi un renforcement de la prise en charge des cotisations sociales MSA pour les exploitants qui rencontrent des difficultés. Cette aide vise à éviter que les charges sociales aggravent une situation financière déjà fragilisée par les conséquences du manque d’eau.

L’aide à l’achat de carburant agricole doit par ailleurs être prolongée en octobre. Elle est fixée à 15 centimes par litre de gazole non routier, aussi appelé GNR. Ce carburant est notamment utilisé par les tracteurs et certains engins agricoles.

Enfin, une nouvelle étape est attendue à la fin du mois. Les services de l’État et les représentants de la profession travaillent à finaliser une demande d’activation du dispositif de calamité agricole relevant du fonds de secours outre-mer.

Ce qu’il faut éviter avant le dépôt du dossier

La première erreur serait d’attendre la dernière publication sans réunir les documents de base. Un SIRET inactif, une situation fiscale non régularisée ou une absence de justificatif MSA peuvent retarder l’examen d’une demande.

Il faut aussi distinguer le fonds de réarmement agricole de l’éventuel dispositif de calamité agricole. Le premier apporte une aide de trésorerie pour relancer les cultures et entretenir le bétail. Le second, s’il est activé, pourrait prendre en charge une partie des pertes de récoltes directement causées par la sécheresse.

Les exploitants concernés ont donc intérêt à conserver les éléments permettant de documenter leur situation. La publication prochaine de la DAAF précisera le calendrier et les démarches applicables sur Mes Démarches Numériques.

Pour les agriculteurs antillais touchés, la priorité est désormais de vérifier leur éligibilité et de préparer leur dossier. L’aide peut atteindre 10 000 euros par exploitation, avec un soutien renforcé pour certains profils particulièrement exposés.

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Amandine
L’auteur

Amandine

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